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Guerre au Mali : La jeunesse mauritanienne et les groupes Jihadistes


Société
Dimanche 27 Janvier 2013 - 10:05

Alors que les combats au Mali entrent dans leur deuxième semaine, de jeunes Mauritaniens embrigadés par les thèses salafistes, cherchent à rejoindre les maquis du Nord, pour aider les groupes Jihadistes dans leur « guerre sainte ».


Guerre au Mali : La jeunesse mauritanienne et les groupes Jihadistes
Sept jeunes étudiants de l’Institut Islamique d’Aïoun viennent ainsi d’être appréhendés par les autorités sécuritaires de la région. Alors qu’officiellement, aucune explication n’a été fournie par rapport à cette action, des sources locales évoquent des contacts téléphoniques douteux avec des interlocuteurs dont l’identité n’a pas encore été divulguée. Certains sites d’information parlent de relations supposées avec des groupes jihadistes du Nord Mali. Ce qui relance les débats sur la présence de plus en plus importante des Mauritaniens au sein des nébuleuses islamistes aujourd’hui confrontés aux offensives des forces françaises et ouest-africaines.

Leur nombre exact dans les nébuleuses terroristes qui infectent le Nord Mali, en particulier au sein d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), est peu connu. Certains estiment à quelques dizaines, ces Mauritaniens qui ont choisi la voie armée, au sein de groupes qui prônent le Jihad pour imposer par la force des armes, le diktat d’un Islam radical sur l’ensemble de la région ouest-africaine.

Avec la guerre du Mali, ils sont encore plus nombreux à pouvoir être entraîner par les sirènes du « Jihad », embrigadés par des Fatwas tous azimuts qui qualifient ce qui se passe au Mali d’agression menée par les Croisés, relevant au rang de Sacré, l’obligation faite de combattre les Français. Les jeunes candidats à l’aventure jihadiste sortent en général des Instituts islamiques et autres Mahadras dont la philosophie est bien étrangère à l’Islam sunnite et Soufi qui a toujours été de rigueur dans ces contrées. Il n’est pas ainsi étonnant que le nombre de candidats cherchant à rejoindre les maquis du Nord n’augmente avec le conflit malien qui est entré dans sa deuxième semaine.

C’est dans ce cadre que s’inscrirait, selon les analyses, l’arrestation avant-hier d’un groupe de sept étudiants de l’Institut Islamique d’Aïoun (Hodh Gharbi).

Aucune information n’a jusque-là filtré sur les raisons réelles de ces arrestations. Des sources locales se sont contentées de déclarer que ces interpellations auraient des liens avec des coups de téléphone jugés suspects que les jeunes en question se seraient échangés avec des interlocuteurs que les services sécuritaires chercheraient à identifier. De là à lier cet évènement avec ce qui se passe dans le Nord Mali, il n’y a qu’un pas que certains observateurs ont vite fait de franchir.

L’occasion de revenir sur la présence mauritanienne au sein de ces organisations islamistes radicaux qui occupent depuis près d’un an, toute la partie Nord du Mali, asservissant les populations locales. Avec la guerre qui s’est déclenchée depuis le 10 janvier dernier, lorsque les Jidahistes ont tenté une percée à Konna, pour prendre Mopti et Bamako, l’intervention de l’armée française a été aussitôt assimilée à une Croisade contre l’Islam. Des Ulémas sont aussitôt montés au créneau pour mener une guerre idéologique, à travers des Fatwas condamnant ce qu’ils appellent « l’agression coloniale au Mali », rendant illicite toute participation à la guerre et sacralisant toute action contre les forces d’occupation. C’est assez pour titiller la fibre religieuse d’une jeunesse désoeuvrée, facilement embrigadable au côté de groupes terroristes assimilés à des défenseurs de l’Islam.

Il faut dire que les Mauritaniens viennent après les Algériens en termes de nombre de combattants au sein d’Aqmi. Ils y occupaient jusque-là des postes clés de porte-parole et prêcheurs. Aujourd’hui, ils occupent de plus en plus des postes de commandement dans la hiérarchie militaire, à l’image de Mohamed Lemine Ould Hassane alias « Abdella El Chinguitti » devenu depuis septembre 2012, le commandant de la Katiba des Fourghane, en remplacement de Yahya Abou Hammam, promu à la place de Nabir Maghloufi, tué dans un accident près de Gao. L’ascension de ce jeune Mauritanien dans une organisation jusque-là dominée par les Algériens constitue une gage de réussite pour la jeunesse. Un autre Mauritanien, Teyib Ould Sidi Ali, mort lui aussi dans un accident est une autre figure de cette présence mauritanienne dans la nébuleuse Aqmi. Dans une structure entièrement détenue par les Algériens et les Touarègues, les Mauritaniens tentent ainsi de se frayer un chemin, entretenant localement des cellules secrètes de recrutement et d’embrigadement.

Pendant des années, ces groupes avaient sévi en Mauritanie, via des éléments locaux qui y ont mené plusieurs attentats. En témoignent la fusillade de Tevragh-Zeine, l’attaque de la fourgonnette du Port, l’assassinant des touristes français près d’Aleg, la dernière tentative stoppée par l’armée à l’entrée Sud de Nouakchott, l’assassinat de l’Américain au Ksar. La Mauritanie est ainsi parvenue à maîtriser les branches locales terroristes, dont une grande partie est en prison, et une autre à l’extérieur du pays, réduisant considérablement leur capacité de nuisance.

Cheikh Aïdara
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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