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Grippe aviaire : le virus H7N9 inquiète les experts


International
Samedi 6 Avril 2013 - 14:34

Le virus H7N9 de la grippe aviaire, qui a fait un sixième mort en Chine, suscite l'inquiétude des experts, car il s'étend très largement et les animaux qui le véhiculent, sans doute poulets ou canards, ne montrent aucun signe apparent de la maladie.


"Ce n'est pas un virus mortel pour les poulets, ce qui veut dire qu'il pourrait se répandre parmi eux sans que personne s'en aperçoive. Et je pense qu'il est probablement plus étendu que nous ne l'imaginons."
"Ce n'est pas un virus mortel pour les poulets, ce qui veut dire qu'il pourrait se répandre parmi eux sans que personne s'en aperçoive. Et je pense qu'il est probablement plus étendu que nous ne l'imaginons."
"Je suis prudemment inquiet, dit le virologue John Oxford, de l'université de Londres Queen Mary. S'il s'agissait de quatre cas à Shanghaï, je serais beaucoup moins inquiet, mais vu l'étendue géographique des cas, je pense que cela signifie quelque chose. Ce n'est pas un virus mortel pour les poulets, ce qui veut dire qu'il pourrait se répandre parmi eux sans que personne s'en aperçoive. Et je pense qu'il est probablement plus étendu que nous ne l'imaginons."

En passant de l'animal à l'homme, ce qui implique une suite de mutations génétiques, le virus H7N9 a maintenant été identifié dans quatre provinces chinoises : Jiangsu, Zhejiang, Anhui et la capitale économique Shanghaï. Sur quatorze cas confirmés, six personnes sont mortes depuis février, après avoir souffert d'une forte pneumonie accompagnée de fièvre, toux et essoufflement. La précédente épidémie de grippe aviaire, celle du virus H5N1 qui a touché 622 personnes depuis 2003, en tuant 371, avait au moins l'avantage d'être plus facile à repérer puisqu'elle était aussi mortelle pour les volatiles.

QUATRE CENTS PERSONNES SOUS SURVEILLANCE

Pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ni l'origine de cette nouvelle source d'infection ni son mode de transmission ne sont pas clairement établis. "On n'en sait pas encore assez sur ces infections pour déterminer s'il existe un risque significatif qu'elles s'étendent dans la communauté humaine", explique l'agence de l'ONU dans son dernier point sur Internet.

A ce jour, on n'a constaté aucun cas de transmission d'homme à homme ni aucun cas hors de Chine. Mais "toute influenza qui passe de l'animal à l'homme est potentiellement pandémique, remarque Alan Hampson, président de l'Australian Influenza Specialist Group. Car, si elle finit par pouvoir passer d'homme à homme, il est fort probable qu'elle créera une pandémie."

Pour l'instant, les autorités chinoises surveillent quelque 400 personnes ayant été en contact avec des malades, et aucune d'entre elles n'a montré de symptômes. C'est une bonne nouvelle, car le risque d'épidémie sera d'autant plus fort que l'espèce humaine n'a encore développé aucune immunité contre cette nouvelle souche et qu'il n'existe aucun vaccin préventif. Cependant, selon l'OMS, des tests préliminaires ont montré que ce virus réagissait à des antiviraux existants comme le Tamiflu.

Pour l'instant, l'OMS n'est pas favorable aux examens dans les aéroports, comme du temps du H1N1, ni même à une restriction des déplacements en Chine. L'agence se contente de plaider pour une bonne hygiène, à commencer par le lavage régulier des mains. Elle recommande aussi de rester éloigné des animaux malades et de bien cuire les viandes.

Shanghaï a quand même décidé vendredi de fermer temporairement ses marchés aux volailles vivantes.

L'OMS travaille aussi au développement d'un vaccin spécifique au H7N9, mais les experts estiment qu'il sera au point trop tard pour éviter une potentielle pandémie. Difficile de prévoir le comportement de ce type de virus de l'influenza, qui peuvent tout aussi bien s'éteindre d'eux-mêmes que se répandre à toute allure, soulignent les experts. Les virus de la grippe mutent régulièrement, mais ce n'est qu'une fois tous les cinq ans qu'ils passent d'une espèce à l'autre, et rarement avec de grandes conséquences sur l'homme. "On devrait savoir dans quelques semaines si quelque chose de sérieux risque d'arriver", estime John Oxford.

Le Monde et AFP
Mamoudou Kane


              

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