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Grève des dockers du Port de Nouakchott : La tempête sociale gronde après la fin du préavis


Actu Mauritanie
Jeudi 7 Janvier 2016 - 21:10

C’est aujourd’hui, jeudi 7 janvier 2016, que les dockers du Port de Nouakchott dit Port de l’Amitié devraient en principe déclencher la grève illimitée qu’ils avaient annoncée, lors du dépôt de leur préavis de grève il y a plusieurs semaines. Ils exigent l’arrêt immédiat des sorties de containers, pratiques récentes qui prennent de l’ampleur et qu’ils jugent contraires aux us et aux normes internationales en matière de manutention portuaire.


Grève des dockers du Port de Nouakchott : La tempête sociale gronde après la fin du préavis

C’est en début décembre 2015 que les dockers du Port de l’Amitié avaient déposé auprès des services du Bureau de la main d’œuvre portuaire (BEMOP), un préavis de grève général. Ils ont invité les autorités concernées à la table des négociations sur la question épineuse des sorties de containers, pratiques de plus en plus usitées par les exportateurs qui préfèrent vider leurs charges en ville, privant ainsi les dockers en service au Port de Nouakchott de leur travail. Juste après le dépôt du préavis de grève qui est arrivé à expiration, les dockers avaient organisé un grand meeting au cours duquel ils ont exprimé leur mécontentement face à la recrudescence de la pratique qui consiste pour les exportateurs à transporter leurs containers pour les faire vider en dehors des services de manutention du port. Cette pratique serait selon eux contraire à tous les us et normes internationales en la matière.

Ainsi, ce jeudi 7 janvier 2016, devrait en principe connaitre le premier jour d’un mouvement de grève qui semble être devenue une mode au niveau du plus important port marchand du pays.

La dernière en date est la grève de juillet 2015 lorsqu’un arrêt de travail fut observé par les dockers du port de Nouakchott suite au non respect, de la part de la direction du Port, de l’accord signé par le Premier ministre actuel Yahya Ould Hademine, du temps où il dirigeait le département des Transports et de l’Equipement.

En janvier 2014, c’est le patronat qui s’exprimait sur les « problèmes du port » jugés « anciens et chroniques » suite à une augmentation soudaine et anachronique de plus de 80% des coûts de manutention, sans concertation avec les partenaires sociaux. Le patronat avait vivement dénoncé dans ce cadre les primes additionnelles illégales, le monopole de la main d’œuvre portuaire et les comportements anachroniques qui prévalent au sein du Port de Nouakchott.

Cette sortie du patronat faisait suite aux remous sociaux qui avaient eu lieu au port en mars 2014, et qui fut désamorcés en dernier lieu à la faveur d’un arrangement Etat-Patronat-Dockers, sous la supervision du ministre de la Fonction Publique, Sidina Aly Mohamed Khouna, de plusieurs hauts responsables et surtout de l’homme d’affaires Ould Ghadde par qui le mal était arrivé et arrive encore aujourd’hui.

Pourtant, en mai 2013, un accord avait été signé avec une autre catégorie de dockers, ceux opérant en centre-ville et dont le sort semble être lié à leurs collègues du Port. L’accord devrait définitivement satisfaire les dockers, si ses termes avaient été respectés, ce qui ne fut pas le cas.

En avril 2013 et après trois jours de grève et un sit-in devant les locaux du ministère de l’Equipement et des Transports, les dockers du Port de Nouakchott qui avaient entamé le mouvement le plus réprimé dans l’histoire du pays, refuseront de rompre leur mouvement sur de simples promesses. Ils exigèrent la signature d’un accord en pure forme qui satisferait leurs doléances. C’est dans la tension que les dockers parviendront à arracher un accord, accordant aux autorités un moratoire de deux jours pour le mettre en application sous peine d’un retour dans la rue. Mais les dockers n’obtiendront en définitive que peu de concessions, notamment l’augmentation de la tarification qui passait de 0,8 UM par kilo à 5 UM et la mise à leur disposition d’une ambulance. Ils n’obtinrent pas cependant la tête du gestionnaire du BEMOP. En signe de décrispation, les autorités avaient libéré les treize manifestants arrêtés par la gendarmerie et la police.

Ces mouvements sociaux qui avaient émaillé les relations litigieuses entre l’administration du Port et les dockers en 2015 et en 2014, ne seraient en définitive que le prolongement d’un ménage difficile qui perdure depuis des années. Déjà, 2013 avait aussi connu la sortie des « 7.000 dockers du Port » qui passèrent de la « revendication sociale à la désobéissance civile » comme le titra certains organes de presse à l’époque.

JOB
Source: L'Authentic

Noorinfo


              

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