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Gouvernement post législatives: Un accouchement difficile


Actu Mauritanie
Vendredi 14 Février 2014 - 15:30

Prés de deux semaines après la démission/reconduction (sans surprise) du premier Ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, les mauritaniens attendent toujours la formation d‘un nouveau gouvernement qui tarde vraiment à tomber. Objectivement, rien ne justifie ce retard. Surtout aucun problème politique n’est signalé pour former ce gouvernement ouvert à plusieurs partis de la majorité présidentielle…


Le premier ministre Moulay Ould Laghdaf
Le premier ministre Moulay Ould Laghdaf
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En place depuis le putsch du 6 août 2008, l‘ancien ambassadeur de Mauritanie à Bruxelles, désormais recordman de la longévité au poste, n‘arrive toujours pas à pondre l‘attelage gouvernemental post élections législatives et municipales 2013. Ou du moins à l’annoncer au public.
Une équipe  dont la principale mission serait d‘assurer la victoire d‘un candidat non encore déclaré, mais dont personne ne doute de la détermination,  à la prochaine élection présidentielle : le président sortant, Mohamed Ould Abdel Aziz.

Une gestation difficile, un accouchement par césarienne, qui trouve son origine dans une nouvelle donne, venue s‘ajouter aux dosages tribaux, régionaux et ethniques habituels.
Il s‘agit du nouvel écueil de «  la représentativité » politique dans un contexte post électoral marqué par la confirmation de l‘Union Pour la République (UPR), dans le rôle de locomotive incontestable de la majorité présidentielle.

Normal pour un parti qui  a envoyé à la chambre basse du parlement plus de 75 députés,  et dispose ainsi de la majorité absolue. Une réalité à laquelle il faut désormais ajouter  la poussée de nouveaux « champignons ». Une kyrielle de partis politiques satellisés par le géant de la
mouvance majoritaire, disposant d‘une trentaine de représentants à l‘Assemblée nationale, qui auront forcément  leur part du gâteau gouvernemental.
Un cœur ouvert  de la part d‘un pouvoir qui a décidé de ratisser large,  dans la perspective de la mère de toutes les batailles, attendue au mois de juin 2014. Autant dire que la démarche n‘est  pas exempte de calculs politiques, voire politiciens.

D‘un point de vue sémantique, on a également entendu le premier Ministre annoncer un gouvernement à bâtir également autour « de compétences ».
Ce qui serait tout même une véritable rupture par rapport à la démarche connue jusque là sous le magistère Aziz. Reste à savoir cependant la signification que Moulaye et son patron pourrait accorder au terme « compétences ».

A ces différents obstacles dans la répartition du beurre entre les différentes formations de la majorité, vient se greffer les ambitions personnelles démesurées au sein de chaque formation. Des responsables de partis qui se sont investis pour la députation et qui tiennent également à représenter leur parti au sein de l‘attelage gouvernemental. A défaut de leur propre personne, ces dirigeants proposent un individu de l‘entourage familial immédiat.
Histoire de tirer un profit maximal d‘une opportunité qui ne se renouvellera pas de sitôt, en prenant ainsi le ministère, la députation, la mairie, la présidence du parti ......quitte à trouver la formule adéquate dans les cas où la loi n‘admet pas le cumul.

Pas de nouveau

Le retard que prend la formation du futur gouvernement de la République n’est paradoxalement pas du tout du à une quelconque difficulté pour le choix de ses membres. Le président Aziz, qui ne fait qu’à sa tête, ne subit aucune pression d’une quelconque partie de sa troupe toujours obéissante et discipliné face à un homme qui n’a pas du tout l’habitude de consulter ses partenaires. Surtout que dans leur plus grande majorité, ils l’ont soutenu au long de tout un mandat présidentiel sans contre partie aucune de sa part. Ils seraient à continuer leur partenariat avec lui dans les mêmes termes et sans exiger de prix ou de contre partie. Il est donc exclu de croire que le retard de la constitution du puisse être attribué à un problème de dosage ou de représentativité des partis politiques appelés à l’intégrer. 

Cela est d’autant plus vrai que tout porte à croire que le leader haratine, Messaoud, opposant déclaré du régime et partenaire politique du président, ne fera pas partie du gouvernement. Ni lui, ni les gens de son parti.

Alors, il est difficile, le cas échéant, de croire à la thèse de divergences ou de difficulté pour le pouvoir à former son gouvernement. Particulièrement si l’on sait déjà que les ministères de souveraineté ne changent pas de main et que l’équipe économique (Affaires économiques, Finances, Pétrole) reste inchangée. Bien sûr, il y aura de nouveaux rentrants : une dizaine ou plus de ministres. La nomenclature du gouvernement pourrait, elle aussi, être revue. Circulez, donc, rien de nouveau…

Mohamed Mahmoud Ould Targui
Pour Biladi
Noorinfo


              

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