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Gouvernement : On ne change pas une équipe qui perd


Actualité
Jeudi 30 Août 2012 - 10:14

Le sort de l’actuel gouvernement semble bien lié à l’organisation des futures élections municipales et législatives. Ould Abdel Aziz l’avait dit, il y a presque un an, et il semble que, pour une fois, il ne soit pas prêt à "se renier" pour prendre au dépourvu une opinion publique nationale qui commence pourtant à désirer, ardemment, le "dégagement" d’un gouvernement qui passe pour l’un des plus nuls de l’histoire politique de la Mauritanie.


Gouvernement : On ne change pas une équipe qui perd
Out, l’appel du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, qui n’a eu de cesse de se battre ces derniers mois à la formation d’un gouvernement d’union nationale. Un combat qu’il a mené pour tenter de juguler la crise politique actuelle, dans ce qui ressemblera fort bien à une " session de rattrapage " pour la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), après avoir raté le dialogue entre la Majorité et les partis qui constituent aujourd’hui ce qu’on appelle la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP).

Le refus du président Aziz de bouter dehors le gouvernement du Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf relève non pas d’une satisfaction de la " mission accomplie " mais du simple fait que la conjoncture politique actuelle ne permet pas encore d’aller dans le sens d’une ouverture, sans lendemain.

L’incongruité de la situation tient au fait que le président Aziz ne peut pas composer, sans préparation aucune, avec une opposition qui lui demande de quitter le pouvoir ! Et qui lui prédit le sort de dictateurs chassés de la présidence de la plus honteuse des manières (Tunisie, Egypte, Yémen) ou ayant sacrifié leur vie pour y rester (Kadhafi). Certes, la CAP est un bon partenaire politique, " une opposition responsable ", comme dirait le président du parti Al Wiam, Boidiel Ould Houmeid, mais la crise actuelle est, avant tout, entre le pouvoir et la COD qui appelle à sa chute.

Si pour le président de la République, le changement de gouvernement est toujours lié au résultat des futures élections, ce n’est ainsi pas pour demain qu’Ould Mohamed Laghdaf et son équipe devront rendre leurs tabliers. L’organisation de ce scrutin étant entre les mains de ce gouvernement, il est de toute logique qu’il ne se presse pas pour que les suffrages soient organisés de sitôt. La politique des petits pas, quoi… : l’enrôlement qui a beaucoup traîné avant que le président Aziz ne donne l’ordre pour qu’on en accélère la cadence, la Commission électorale indépendante (CENI) qui se met lentement en place mais qui a encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’entrer, véritablement, dans son rôle.

En attendant, la crise est toujours là, comme en témoigne la reprise des hostilités. Attaques et contre-attaques entre la COD et la Majorité replongent les mauritaniens dans la morosité d’une crise politique qui commence à peser. Comme si ceux qui président à nos destinées se délectent de voir souffrir des hommes et femmes qui ne demandent qu’à profiter, autant que faire se peut, des immenses richesses d’un pays qui, paradoxalement, est maintenant à flot par une aide publique au développement (APD) provenant de plus en plus de pays arabes et de relations bilatérales avec des pays européens, mais surtout, de la dette que les générations futures seront amenées à payer.

Un " accord de Dakar " bis ?

D’aucuns considèrent, de plus en plus, que les mauritaniens auront du mal à sortir de leur crise par eux-mêmes. L’on pense que la communauté internationale celle de l’occident, l’Union africaine et l’UE en tête, doit encore penser à réinventer un " accord de Dakar " qui permettrait aux différents protagonistes de la crise de se retrouver pour discuter. Ce qui est, pour certains, un préalable nécessaire et pas encore possible parce qu’il n’y a pas de " facilitateurs ", comme ce fut le cas, en 2008, avec le président Wade venu sauver la situation après les dégâts causés par la médiation du défunt " Guide " libyen Kadhafi.

Cette perspective d’une médiation internationale a besoin sans doute d’une implication directe de la France qui ne pourra pas continuer à ignorer superbement, du moins en apparence, ce qui se passe à Nouakchott. On avait cru pourtant, il y a quelques mois, que le passage à Nouakchott de Said Jinnit, représentant spécial du secrétaire général de l’Onu à Nouakchott, était le prélude à une intervention directe et pressante de la communauté internationale. En vain !

Reste maintenant à savoir si, réellement, les différents protagonistes sont favorables à ce qui ressemble bien à un retour en arrière, par le simple fait que l’évocation de l’Accord de Dakar signifie qu’on n’a jamais quitté la crise politique. Même si une élection présidentielle gagnée haut la main par Mohamed Ould Abdel Aziz a fini par clore le chapitre du putsch d’août 2008 et ouvrir celui d’une nouvelle configuration politique où les lignes sont loin d’être figées. Car beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis. La COD a perdu les partis Adil, puis APP, Al Wiam et Sawab, qui ont fini par constituer une nouvelle coalition centriste, la Convergence pour une Alternance Pacifique (CAP). De son côté, la Majorité a laissé partir Hatem, de Saleh Ould Hannena et l’AJD/MR de Sarr Ibrahima ainsi que des députés qui ont atterri dans la formation de Boidiel Ould Houmeid. Ce qui fait qu’aujourd’hui, il est difficile de pouvoir apprécier un rapport de forces qui ne découle pas d’élections municipales et législatives dont la transparence serait reconnue par tous.

Aussi, on n’est pas sûr que le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz soit enclin à accepter de revenir à l’Accord de Dakar comme " référence " pour sortir de la crise actuelle, au moment où la COD ne demande rien d’autre que le départ du pouvoir, en brandissant son " Aziz dégage " et la constitution d’un gouvernement d’union nationale pour superviser les futures élections. Reste que tous ces calculs de haute voltige n’empêchent pas d’entrevoir la constitution d’un gouvernement d’union nationale comme l’unique solution pour sortir du bourbier actuel. Ce serait une solution de compromis - une de plus - qui donnerait alors raison à Messaoud Ould Boulkheir, et ramènerait le président Mohamed Ould Abdel Aziz à cette propension à agir toujours quand on l’attend le moins. Sinon on continuera à se poser des questions sur l’avenir du pays. La moins gênante pour le pouvoir sera celle-ci : entretenir la crise jusqu’à quand ?

Sneiba Mohamed
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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