Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Gavage des femmes : La mode n’est plus aux rondeurs


Société
Dimanche 18 Novembre 2012 - 09:20

La pratique du gavage, plutôt fréquente dans la société maure, 28% selon les chiffres d'une enquête, répondait à des critères à la fois esthétiques et sociaux. Cependant, les données actuelles dans un monde marqué par le conformisme à l’occidental, rendent cette pratique désuète.


Gavage des femmes : La mode n’est plus aux rondeurs
Malgré un net recul du phénomène en milieu urbain, la pratique continue de se poursuivre en zone rurale et nomade. Chez les maures, "la femme occupe dans le cœur des hommes, une place proportionnelle à son volume en graisse" dit-on. Cette obésité de la femme mauresque, entrevue comme hautement esthétique, fut longtemps la muse qui inspira tant de poètes. Notre almanach lyrique est riche de quatrains, où les hommes se sont des siècles durant, épanchés sur ces fissures de la peau causées par le gavage, qu’on appelle langoureusement "Tebtath", laides ailleurs, signes d’extrême beauté sous nos contrées.

Mieux, les bourrelets de graisse qui vont des flancs jusqu’à la chute des reins, appelés "Lekhwassar ", sont autant une honte pour l’homme, qu’objets de reliques, galvaudés au summum du lyrisme bédouin, chez la femme. D’autre part, la femme mauresque, ainsi alourdie par des montagnes de chaire et de graisse, avait cette latitude d’ébaucher une démarche chaloupée et altière qui lui conférait cette classe sublime, en parfait rapport avec son niveau social.

L’obésité chez la femme traduisait aussi bien l’opulence et la richesse de ses parents, et plus tard, de son époux. C’est pourquoi, l’homme s’évertuait à surveiller les rondeurs démesurées de son épouse, non pas par plaisir uniquement, mais surtout par amour-propre. On ne craignait nullement une fonte des graisses, comme on craigne aujourd’hui la fonte des glaciers, car la femme dans la société maure ne faisait strictement rien. Ingurgiter des calebasses de lait, se prélasser paresseusement au fond de sa tente, ou le soir, esquisser quelques pas dehors, juste le temps de dégager le trop plein emmagasiné, tels étaient les efforts qu’elle consentait. Pour les besoins du ménage, l’homme s’en chargeait bien, ainsi que les armées de serviteurs. Par ailleurs, toute une philosophique du comportement accompagnait ce statut de "Mbelha" que les jeunes filles acquéraient au terme d’un supplice qui commençait entre l’âge de six et onze ans.

Les filles de cette classe d’âge, vivant dans le campement, étaient regroupées et confiées à une matrone chargée de les gonfler à bloc, à coups de grande soupière de lait en bois qu’on appelle "Gatha " La société maure, égalitaire, se partageait généralement la richesse, les plus démunis, ceux qui ne possédaient la moindre bête, se voyaient souvent offrir une ou deux vache ou chamelle laitière, appelé " Emniha ", que les plus riches leur prêtaient pour jouir de leur lait. Cela leur permettait de disposer suffisamment de ce produit et gaver leurs filles. Au cours de cette période de gavage, sous l’œil vigilant de la matrone, les jeunes filles habillées de robes amples et sombres richement décorées, sans jupe ni dessous, étaient tenues d’ingurgiter leur bol de lait le matin et au coucher du soleil, avec des variantes, lait frais, lait caillé. Elles ne prenaient strictement rien d’autre, car le plus grand ennemi d’une "Mbelha" est la diarrhée que cause souvent le mélange d’aliments divers. Avant de s’endormir, elles devaient prendre une dernière cuvée, et gare à celles qui ne s’acquitteraient pas de ce rituel. Il arrivait qu’à force de boire, les fillettes rejettent involontairement.

Les récalcitrantes étaient battues, on leur piquait l’entrecuisse jusqu’à ce qu’elles terminent leur ration du jour. Parfois, elles devaient subir l’épreuve du "Zayar", deux bouts de bâtons habilement coincés entre deux orteils que la matrone pince de toutes ses forces ensuite jusqu’à étourdissement. Les cris et les pleurs n’y faisaient rien. C’est surtout au cours de cette réclusion "grossissante ", que leur vigile se muait en tendre éducatrice, leur inculquant le BA-ba de la coquetterie bédouine. Cela allait des cours magistraux de bonne conduite, telle la manière sociable de s’asseoir, en lotus de préférence, jamais en position accroupie, position d’hommes ou de femmes de basse classe. Il fallait aussi contrôler le volume de la voix, apprendre à parler, à tenir un cure-dent, à marcher ; on leur apprenait surtout comment une femme de bonne famille devait boire d’un verre, ou d’un ustensile, la manière de tenir ses deux objets étant particulièrement importants. Elles apprenaient aussi la théologie et la spiritualité, sans compter la Sunna du Prophète (PSL), surtout la vie de ses exemplaires épouses…

Cheikh Aïdara
Pour
l'authentique
Mamoudou Kane


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter