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France-Mauritanie : l'union du banc d'Arguin


Lu sur le web
Jeudi 29 Novembre 2012 - 15:00

Les représentants du Parc national du banc d'Arguin de Mauritanie ont rencontré leurs homologues français et échangé sur leurs pratiques écologiques.


France-Mauritanie : l'union du banc d'Arguin
Si l'on s'affranchit du mal français qui consiste à ne regarder qu'entre les frontières de l'Hexagone, le terme de banc d'Arguin se met à résonner au-delà des continents. Car si bien sûr, il y a celui du bassin d'Arcachon... Il y a aussi celui de Mauritanie.

Le premier est une réserve naturelle créée en 1972 sur le territoire de La Teste-de-Buch sur une superficie d'environ 2 500 hectares. Le second est un parc naturel créé en 1976 sur 12 000 kilomètres carrés devenu « Ramsar » en 1982 (1). Comprenant un tiers du littoral mauritanien, le site est depuis 1989 classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Une certaine longueur d'avance sur son homologue tricolore…

La semaine dernière, deux représentants du PNBA, Hadramy Ould Ahmed Deida, chargé de communication et Simon Nancy, photographe (1) sont venus à la rencontre des acteurs locaux du banc d'Arguin girondin. « Nous cherchons à promouvoir des territoires en relation avec notre parc et ce à travers le patrimoine maritime », explique Hadramy Ould Ahmed Deida.

Ainsi, des liens ont-ils déjà été tissés avec le Finistère. « Les langoustiniers de Douarnenez ont formé les Mauritaniens dans les années 60 et aujourd'hui les scientifiques du CNRS et de l'Université de Brest mènent des recherches avec leurs homologues mauritaniens sur les écosystèmes du golfe d'Arguin », poursuit Simon Nancy.

De la masse à l'écotourisme

En octobre dernier, l'exposition « D'un banc d'Arguin à l'autre », présentée à La Teste-de-Buch, a permis de mettre en avant toutes les similitudes des deux bandes de terre. Des sternes caugek qui passent le printemps et l'été sur l'Arguin du Bassin et l'hiver sur celui de Mauritanie. A ce passé d'estuaires avec des systèmes de marées, en passant par toute la biodiversité des sites sans oublier leur cadre de fond dunaire.

Du Sahara au Pilat.

« Nous sommes là pour parler du mode de gestion participative que nous avons mis en place, montrer que l'on peut fonctionner différemment et sortir du tourisme de masse pour privilégier un écotourisme », explique Hadramy Ould Ahmed Deida.

Et d'expliquer qu'un des leviers du changement en Mauritanie a été la voile traditionnelle. « À un moment, elle commençait à se perdre… Aujourd'hui, 12 000 personnes ont le droit de pêcher sur le banc et les bateaux à moteur sont interdits depuis 1976. »

Pour Simon Nancy, la voile traditionnelle est porteuse d'un message de savoir-faire et de savoir-vivre avec la nature qui est déjà relayé sur le banc d'Arguin français. « On assiste à un renouveau frappant de la voile traditionnelle depuis ces dernières années. Notre but n'est pas de dire : faites comme en Mauritanie, mais prenez conscience qu'il existe des hot spots de la biodiversité et qu'ils sont soumis à des pressions très fortes. » Pétrole, pêche, industrie, minerais et eau : la Mauritanie n'a pas été épargnée. Et pourtant, elle a su protéger son banc.

Une solidarité mondiale

Président du club de voile de Claouey, Pierre Decoudras est acquis à la cause. « La voile traditionnelle ne fait pas le poids à l'heure actuelle pour modifier totalement les comportements mais à force de nous montrer, nous pouvons faire passer un message… Celui d'une solidarité mondiale. Nous partageons la même passion. Le patrimoine est un mode de vie, une manière d'être. »

À l'instar des représentants de la réserve naturelle du banc d'Arguin, d'acteurs de l'environnement et de représentants de la voile traditionnelle, Pierre Decoudras a échangé avec le binôme du PNBA. Il s'envolera le mois prochain pour la Mauritanie.

La première pierre d'une collaboration est posée.

Quelle tournure prendra-t-elle ? Ses acteurs l'ignorent encore. Ils évoquent la possibilité de faire naviguer une lanche mauritanienne ici (3). « Rien n'est acquis, nous avons besoin d'être solidaires pour défendre nos patrimoines », résume Hadramy Ould Ahmed Deida.

(1) Convention relative aux zones humides d'importance internationale. (2) Notre édition du 22 août 2012. (3) La lanche est une embarcation de pêche non motorisée utilisée en Mauritanie.

Lu sur www.sudouest.fr
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