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France/Mauritanie : Un nouveau procès pour Ould Dadde


Actualité
Jeudi 16 Août 2012 - 12:44

" L’affaire Ould Dadde ", du nom du commissaire à l’action humanitaire et aux droits de l’homme, s’invite à nouveau sur la scène. Dans une note ministérielle adressée à la sénatrice française Corinne BOUCHOUX sur l’état de détention de Ould Dadde, le Quai d’Orsay a estimé la semaine dernière que de nombreuses zones d’ombre planent sur la condamnation de Ould Dadde. L’occasion pour la France officielle d’affirmer qu’elle réitérera en toutes occasions son appel à un (autre) procès juste et équitable pour cet ancien commissaire mauritanien, époux d’une femme, citoyenne française.


Mohamed Lemine Ould Dadde
Mohamed Lemine Ould Dadde
La France a affirmé qu’elle ne s’arrêtera jamais de demander la tenue d’un second procès dans l’affaire Ould Dadde. Un procès différent du premier, qu’elle voudrait plus " juste et équitable ". En effet, dans une réponse écrite à une sénatrice française Corinne BOUCHOUX, rendue publique le 9 courant, le Quai d’Orsay a de nouveau pris position dans cette affaire en soulignant que de " nombreuses zones d’ombre apparaissent dans la condamnation de Mohamed Lemine Ould Dadde ". La dite note ministérielle qui appelle le président AZIZ à respecter les règles de justice, notamment en matière de recours, lui rappelle ses devoirs de garantir l’indépendance de la Justice. Elle lui demande, à cette fin, de veiller au respect des règles, notamment en matière de recours. La note fait aussi état des démarches de l’ambassadeur de France en Mauritanie qui a effectué des démarches le 22 novembre auprès du ministre mauritanien de la justice pour que Ould Dadde bénéficie d’un procès juste et équitable (Voir Encadré).

En mai 2012, la France avait réagi autrement par la voie d’un groupe de députés et de sénateurs qui avaient signé une pétition demandant la libération de Ould Dadde. En vain ! Dans la foulée, trois journalistes travaillant pour le compte de TV5 et RFI, se sont rendus à Nouakchott avec pour mission d’interviewer le président Ould Abdel Aziz sur son bilan. Naturellement, la question de Ould Dadde fut posée. " Pourquoi vous intéressez-vous tant à Ould Dadde alors que de milliers de Mauritaniens sont dans les prisons du pays" leur avait répondu leur interlocuteur, qui du reste aurait toujours refusé de recevoir l’épouse de celui-ci, de nationalité française, qui passe plus de temps à Nouakchott qu’à Paris.

La question est aujourd’hui de savoir si Nouakchott va finir par se plier devant les divers appels, voire les injonctions en provenance de Paris. Rien n’est toutefois moins sûr. Et pour cause, on sait le président Aziz intransigeant sur la question et déterminé à faire rembourser l’Etat. On sait aussi que Ould Dadde continue de rejeter en bloc les accusations portées contre lui et conséquemment, refuse de payer une quelconque somme au Trésor public mauritanien.

encadré Réponse du Ministère des affaires étrangères Après un an de détention préventive, M. Ould Dadde a été détenu plus de huit mois supplémentaires, ce qui est illégal selon le droit mauritanien. L’ambassade de France en Mauritanie, qui est en contact permanent avec l’épouse de M. Ould Dadde, de nationalité française, s’est assuré que cette dernière pouvait bien exercer son droit de visite. À trois reprises, le porte-parole du ministère des affaires étrangères s’est exprimé au sujet de la détention de M. Ould Dadde : le 5 mai, le 5 octobre et le 9 novembre 2011. L’ancien ministre chargé de la coopération, M. Henri de Raincourt, a eu l’occasion de s’exprimer personnellement sur ce sujet devant l’Assemblée nationale. L’ambassadeur en Mauritanie a effectué une démarche à Nouakchott le 22 novembre auprès du ministre mauritanien de la justice. Le procès s’est finalement ouvert le 29 mai devant la cour criminelle de Nouakchott. Suite à la condamnation, le 10 juin dernier, de M. Ould Dadde, l’ambassadeur de France en Mauritanie a effectué une démarche le 19 juin auprès du président de la République lui-même, M. Ould Abdel Aziz, en mettant l’accent sur les nombreuses zones d’ombres que comporte la condamnation de M. Ould Dadde, en rappelant les devoirs du président de la République de garantir l’indépendance de la justice et lui demandant, à cette fin, de veiller au respect des règles, notamment en matière de recours. Les autorités françaises suivent de très près cette affaire et saisiront toute occasion de réitérer l’appel de la France à un procès équitable de M. Ould Dadde.

En procédant à l’arrestation de Ould Dadde qui fut un de ses premiers soutiens politiques, le président Aziz engageait une opération " mains propres " contre le détournement de deniers publics. Il se fera même le précurseur en la matière soutenant sous tous les cieux qu’il ne tolérera jamais la dilapidation des biens publics, fusse-t-elle celle-là ; commise par ses proches.

Libérer tantôt Ould Dadde, serait synonyme d’échec de toute la politique suivie, en apparence, par celui qui s’est fait appeler " le président des pauvres ". En plus qu’elle le conduirait à se dédire, une telle disposition l’amènerait à prêter le flanc à ses adversaires de l’opposition.

Pour rappel, arrêté en septembre 2010, Ould Dadde est accusé de détournement de fonds publics lors de l’exercice de ses fonctions de 2008 à 2010, pour un montant 271 millions d’ouguiyas, et condamné dimanche 10 juin à trois ans de prison. En plus il devra rembourser la somme de 76 millions d’ouguiyas (équivalent à 190 000 euros) et il écope d’une amende de 300 000 ouguiyas. La défense de Mohamed Lemine Ould Dadde avait dénoncé un procès politique et avait fait appel de cette décision.

MOMS
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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