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France: La rédaction de l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, incendiée.


Lu sur le web
Mercredi 2 Novembre 2011 - 16:27

Selon la police, un cocktail Molotov est à l'origine de l'incendie du siège de l'hebdo satirique, rebaptisé cette semaine « Charia Hebdo ». Son site web a aussi été piraté. Sur fond de liberté d'expression, les réactions de la rédaction du journal ou de la classe politique font ressurgir l'affaire des caricatures de Mahomet de 2006.


Devant le siège de Charlie Hebdo incendié, le 2 novembre 2011 (Sophie Verney-Caillat/Rue89)
Devant le siège de Charlie Hebdo incendié, le 2 novembre 2011 (Sophie Verney-Caillat/Rue89)
Source: www.rue89.com
article: Pierre Haski et Sophie Verne


Le siège de Charlie Hebdo à Paris a été détruit dans la nuit de mardi à mercredi par un incendie d'origine criminelle. Son site internet a aussi été piraté : la page d'accueil a été remplacée par une photo de La Mecque et des versets du Coran.

L'incendie s'est déclenché « aux alentours de 1 heure » après l'envoi d'un cocktail molotov contre les vitres, puis le feu a entièrement dévasté les locaux. Il n'y a pas eu de blessés.
« C'est la première fois à ma connaissance qu'un média est détruit », lance Riss, le directeur de la rédaction du journal satirique, rencontré devant les décombres du siège du journal, au 62, boulevard Davout (XXe arrondissement de Paris). « Une chose est sûre, le prochain numéro sortira quoi qu'il arrive », ajoute-t-il.
Plusieurs rédactions, dont Rue89, ont proposé d'héberger le journal. Finalement, la rédaction ira en « asile journalistique » dans les locaux du quotidien Libération.
Sur place, les journalistes de Charlie Hebdo avait l'air à la fois perdus et déterminés. Ils ont été prévenus très tôt le matin par Charb, le directeur de la publication. La conférence de rédaction hebdomadaire, qui se tient habituellement le mercredi matin à 10 heures était de facto annulée... elle s'est transformée en une conférence de presse improvisée.


« Que la télé tunisienne montre ces images »



Spontanément, des lecteurs, voisins, confrères, militants, affluent pour témoigner de leur soutien. Un homme d'origine tunisienne fait le vœu qu'il y aura une « manifestation » pour dénoncer cette agression, prévient que ses contacts à Tunis sont déjà au courant et veut que « cette image passe sur les télés tunisiennes ».
Sonnés par la violence de l'attaque, les journalistes se disent toutefois pressés de « reprendre une vie normale ».
Cette attaque est clairement une réaction à la sortie, ce mercredi, d'un numéro spécial de l'hebdomadaire satirique rebaptisé « Charia Hebdo », avec le prophète Mahomet comme rédacteur en chef, afin de « célébrer » la victoire du parti islamiste Ennahdha aux élections tunisiennes dimanche et aux premières déclarations des dirigeants libyens favorables à la Charia et à la polygamie.



Pour Charb, la une de cette semaine était pourtant « anodine ».

 

Voyant qu'elle provoquait dès sa diffusion sur Twitter la veille de sa sortie de vives réactions, il ne s'est pourtant pas inquiété outre mesure. Il se demande maintenant :
« Quel mode d'expression employer pour répondre à ces gens-là qui sont trois cons ? Les vrais musulmans n'incendient pas les journaux. Le pire c'est que ces trois cons vont faire passer tous les musulmans de France pour des intégristes. »
L'exemplaire de « Charia Hebdo » est devenu tellement demandé qu'il était en rupture de stock dans les kiosques.


En 2006, l'affaire des caricatures et le soutien de Sarkozy


Cette affaire n'est pas sans rappeler la controverse qui avait entouré la publication au Danemark, en 2006, des caricatures de Mahomet, que Charlie Hebdo avait été le premier, en France, à reproduire. Parmi elles, celle du prophète avec un turban en forme de bombe, qui avait suscité le plus de critiques.
Charlie Hebdo avait dû être protégé par la police, et avait été poursuivi en justice par plusieurs associations musulmanes, dont la Grande Mosquée de Paris, mais le journal avait été relaxé. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait témoigné en faveur de la liberté d'expression.
Sa une de l'époque : Mahomet déclarant « c'est dur d'être aimé par des cons ».
Paradoxalement, il y a eu attaque physique cette fois, alors que le numéro est beaucoup moins politique qu'à l'époque des caricatures danoises, devenues un symbole de la « guerre des civilisations », théorie en vogue à l'époque, et provoquant des manifestations violentes jusqu'en Afghanistan. Le numéro de ce mercredi est, de ce point de vue, plus « léger », mais pas moins explosif semble-t-il.
Il est résolument anti-curé toutes obédiences confondues, selon une grande tradition de la satire française, puisque le « bandeau » au dessus du titre porte sur l'« autre » affaire du moment, la campagne des intégristes catholiques contre la pièce de Romeo Castullecci au Théâtre de la Ville à Paris.


Un « attentat » selon Claude Guéant


Les  messages de soutien ont afflué de très nombreuses personnalités politiques, y compris de Christine Boutin et Marine Le Pen. Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, s'est même rendu sur place, et a parlé d'« attentat ». Le maire de Paris Bertrand Delanoë « s'est dit prêt à aider Charlie Hebdo à trouver des locaux ».



Suite de l'article et vidéos: cliquez ici

A voir aussi: Zapping Vidéo


rue89.com


              

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