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Flintlock 2013 : Manœuvres militaires sur fond de guerre


Actualité
Lundi 25 Février 2013 - 11:32

La Mauritanie accueille durant trois semaines 19 pays arabes, européens et africains prenant part à d’importantes manœuvres militaires dont le nom de code, Flintlock 2013, les lient directement à leur initiateur :


Flintlock 2013 : Manœuvres militaires sur fond de guerre
Les Etats unis d’Amérique. Le terrain de ces opérations à savoir trois régions de l’est mauritanien, contigües avec le Mali, toujours en Etat de guerre, pousse certains à établir une relation étroite entre ces exercices militaires et la crise malienne. Même si le coordinateur de ces opérations, le colonel Hamada Ould Boyda, a déclaré mardi dernier, au cours d’une conférence de presse à l’Etat-major de l’armée nationale, en compagnie du commandant d’Africom (Commandement des forces américaines en Afrique), que cette opération programmée depuis longtemps « n’a rien à voir avec ce qui se passe au Mali », les Mauritaniens ne peuvent s’empêcher d’établir un lien entre l’exercice militaire dans leur pays et la guerre chez leur voisin. Cet exercice militaire international est pourtant organisé annuellement par l’état-major des opérations spéciales de l’Africom, le commandement des Etats-Unis pour l’Afrique mais les Mauritaniens qui n’ont aucune idée de son utilité ou même des pays qui y prennent part, ne voient en lui qu’une sorte de « ramification » de la présence des armées de l’Occident décidées contrôler toutes les zones stratégiques du monde. A.O.B, qui a appris sur les ondes de Rfi que les militaires français mènent la chasse maintenant dans les montagnes des Ifogas, pas loin de la frontière avec l’Algérie, où des accrochages ont causé la mort d’un légionnaires et d’une vingtaine d’islamistes armés, croit dur comme fer que Flintlock 2013 est destiné tout simplement à couvrir la traque que des troupes d’élite engagées dans cet exercice vont livrer aux djihadistes à partir de la Mauritanie !

Annulé l’année dernière au Mali, Flintlock 2013 a pour objectif principal de renforcer les capacités des pays participants en matière de lutte contre le terrorisme. On comte parmi les participants des pays arabes, dont des pays voisins de la Mauritanie notamment, ainsi que des pays d’Europe (France, Espagne), d’Amérique (Canada, USA) et des pays d’Afrique (Burkina, Sénégal, Nigéria). L’an dernier, Flintlock, qui devait avoir lieu au Mali, avait été annulé (cliquer ici pour lire mon post d’alors). En 2011, il avait eu lieu au Sénégal. D’aucuns pensent, sérieusement, que n’est pas seulement la nature du terrain proche de celui du nord Mali où les groupes islamistes armés ont élu domicile qui explique le choix de la Mauritanie. Car entre ce pays et le Sénégal, ce sont pratiquement les mêmes conditions offrant un champ de bataille grandeur nature. Sauf si, comme cela a été souligné plus haut, Flintlock 2013 n’est pas tout simplement un exercice militaire. Au moment où la traque est engagée contre les groupes islamistes arm »d au nord-Mali, l’on a besoin de s’assurer, durant trois semaines, qu’ils ne vont pas passer entre les mailles des filets pour rejoindre la Mauritanie, l’Algérie ou le Niger. On voudrait donc, avant tout, pacifier cette vaste zone sahélo-saharienne en parvenant à en chasser, par un moyen ou un autre, les groupes terroristes (AQMI, MUJAO) et leurs alliés touaregs d’Ansar Eddine qui ont voulu en faire un nouveau Afghanistan.


Terrorisme et géostratégie

On en revient à la doctrine de l’Africom. Comment être présent sur le terrain en laissant le moins d’empreintes possibles. Flintlock est ainsi indissociable véritablement de la volonté des USA de pérenniser leur leadership sur le monde. C’est une question de géostratégie qui fait de la lutte contre le terrorisme une sorte de « cheval de Troie » pour bousculer la France sur ses « terres » africaines. Pour mieux comprendre la stratégie de l’Africom en Afrique, voici ce qu’on peut lire sur wikipedia.org :

« Le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (en anglais United States Africa Command ou AFRICOM) est un commandement unifié pour l’Afrique créé par le Département de la Défense des États-Unis en 2007 et entré en fonction en 2008. Il coordonne toutes les activités militaires et sécuritaires des États-Unis sur ce continent. Avant 2008, les activités militaires des États-Unis en Afrique étaient partagées entre l’USEUCOM, le USCENCOM et le USPACOM. En 1983, les planificateurs stratégiques des États-Unis ont placé la majeure partie du continent sous la responsabilité du Commandement européen parce que la majorité des pays africains étaient d’anciennes colonies européennes ayant conservé des liens politiques et culturels avec l’Europe.

Depuis le milieu des années 1990, les spécialistes régionaux du département de la Défense réclament la création d’un commandement africain. En gestation depuis plusieurs années, il fut décidé de créer un état-major spécifique pour ce continent durant l’été 2006. Sur la base de constat, un think tank israélo-américain, l’Institute for Advanced Strategic and Political Studies (IASPS), a préconisé la création de ce commandement unifié. Annoncé par l’administration Bush le 6 février 2007, il a commencé à fonctionner le 1er octobre 2008 et fut placé sous le commandement du général afro-américain William E. Ward, ancien coordinateur de la sécurité entre Israël et l’Autorité palestinienne. L’équipe de transition pour le futur commandement a pour le moment son quartier général à Stuttgart en Allemagne, siège du Commandement européen des forces armées américaines. Le département de la Défense souhaiterait cependant qu’il soit par la suite transféré dans un pays africain. À l’heure actuelle, les infrastructures militaires les plus développées sont situées à Djibouti, en accompagnement de la présence française sur place. » Tout est dit ou presque sur cette volonté de bousculer la France sur son pré carré africain et qui se transforme, en fonction des circonstances, comme une sorte de « sainte alliance » contre le terrorisme international. Flintlock en assure l’aspect le plus visible ; les autres convenances et accords relèvent du domaine du secret entre les puissances du monde.

Sneiba Mohamed
Pour L'Authentic


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