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Fin de l’alcool de l’ambassade de France : stupeur chez les français de Mauritanie après la décision radicale de l’ambassadeur pour lutter contre les trafics.


A.O.S.A
Dimanche 21 Juillet 2013 - 01:37


Fin de l’alcool de l’ambassade de France :  stupeur chez les français de Mauritanie après la décision radicale de l’ambassadeur pour lutter contre les trafics.
Comment une telle affaire n’a-t-elle pas été relatée dans la presse alors qu’il s’agit d’une véritable bombe dans le quotidien des français vivant en Mauritanie. Tout a semble-t-il commencé quand la police a fait des perquisitions dans quelques restaurants tranquilles où les étrangers pouvaient prendre un verre, comme on dit, en dînant et même des mauritaniens amis de longue date des responsables où l’on trouve de tout et même des hauts gradés mauritaniens qui se font livrer dans la voiture. Ces notables de la profession connus pour connaître leur métier sans faire de vague en filtrant les consommateurs se sont retrouvés devant le procureur de la république, d’autres sont même allés à l’ombre quelque temps pendant que d’autres ont échappé car ils auraient reçu à temps un coup de fil qui leur permit de mettre  à l’abri quelques bouteilles avant la « descente » des policiers.
 
Petit récapitulatif : avant Haidallah, l’alcool était en vente libre en Mauritanie. Il paraît qu’il y avait des épiceries où l’on vendait la boisson tranquillement. Tant qu’on ne vous trouvait pas soûl en train de divaguer sur la voie publique, vous ne risquiez rien sinon une nuit au commissariat me disait un artiste amateur de l’ivresse contrôlée. Rappelons que les arabes n’ont pas comme les indiens attendu l’homme blanc pour connaître l’alcool vu que l’alambic qui permet de distiller la boisson est une invention des arabes. Comment cela se passait-il dans le quotidien ? Il faut demander cela aux gens qui ont connu cette période mais beaucoup disent que les gens de la tribu de la bouteille consommaient sans vague.
 
Un jour, me dit-on, vint Haidallah alors président de la république qui interdit la boisson du jour au lendemain. On m’a raconté qu’un beau jour il y a eu saisie de toutes les quantités disponibles dans les épiceries pour aller briser les bouteilles et brûler le tout. Depuis, les amateurs de décompression ont commencé à galérer. En temps de prohibition, le marché noir s’installe et les prix commencent à flamber mais pas tant à cause de deux recours : d’abord il y a l’alcool de seconde qualité qui vient toujours du Sénégal via St-louis puis il y a l’approvisionnement via les chancelleries et les organisations internationales onusiennes sans compter l’arrivée des sociétés minières et autres qui ont ouvert d’autres vannes à plus grandes échelles mais loin de la capitale.
 
Pour l’essentiel, chaque ambassade permet à ses ressortissants d’avoir droit à un quota d’alcool par an ou tous les six mois.  Les français étant les plus nombreux et les contacts des nationaux étant culturellement plus prompts à se faire avec les français, l’alcool venant de l’ambassade de France devint la première source de boisson pour les binationaux ou les nationaux amis des français qui par amitié leur donnaient ici et là une bouteille ou deux ou même leur permettaient de commander via leur quota de quoi avoir une consommation normale pour un amateur car mauritanien ou chinois quand on aime prendre un verre, boire une bonne bouteille et quand on ne peut plus s’en passer sans tirer la gueule, ça devient un problème.
 
Quand les commandes de l’alcool venant de l’ambassade de France ont commencé à prendre certaines proportions, la France décida d’abord de limiter le quota quand d’autres nationalités ont encore aujourd’hui le droit de commander via leur ambassade autant d’alcool qu’ils le désirent dans certaines limites bien sûr. Ce fut le premier coup fait aux français habitant en Mauritanie. Leur quota leur suffisait juste à tenir six mois avant la prochaine commande. Fini le temps où l’on pouvait donner des bouteilles ou même les vendre sans se priver.
 
La commande à l’ambassade n’est pas d’une par famille mais d’une par personne ce qui fit qu’un marché c’est vite développé en fonction du nombre de personnes d’une même famille. Une bière qui peut coûter 350 un atterrit à 1200 sur le bar. Une bouteille de whisky à 4000 un peut aller jusqu’à 15, ou 20 quand les stocks se vident jusqu’à 40.000 aujourd’hui,  un verre d’alcool fort faiblement dosé se négociait jusqu’à 2000 etc. Une fortune pour ceux qui peuvent en vivre mais ceux qui trafiquent sont une minorité. La grande majorité utilisent leur quota pour leur consommation personnelle qui va assez vite quand il faut amener ici et là une bouteille en fonction des dîners chez les uns et les autres ou les sorties ici et là.
 
A part l’alcool frelaté soum-soum ou l’alcool sénégalais sous licence, les chinois sont aussi arrivés sur le marché avec des bières à 500 un appelées Happy et même du saké à 5000 le demi-litre dans une bouteille en plastique. Une gérante chinoise est même allée faire un tour à l’ombre quand les flics qui la protégeaient ont été remplacés par d’autres soit moins conciliant soit voulant de nouveaux tarifs car là encore la corruption existe comme partout au monde.
 
De nos jours, des conteneurs entiers d’alcool vont directement dans les mines pour changer l’esprit des expatriés américains canadiens et autres en quantité astronomique.
 
Voilà en gros la situation de l’alcool en Mauritanie.
 
Notre affaire que je n’apprends que ce soir a éclaté il y a environ 4 mois dans sa version définitive mais cela a commencé comme nous le disions au début avec la descente de police l’année dernière qui ont obligé plusieurs restaurants à fermer car sans alcool à table ce n’était plus intéressant.
 
Ainsi quand les policiers mauritaniens ont fait leurs enquêtes, ils ont convoqué me dit-on les policiers de l’ambassade de France en disant qu’il y a un problème avec l’alcool venant de l’ambassade qui se retrouve ensuite dans le circuit de la vente.
 
Ce fut un vrai problème non seulement pour l’ambassade mais aussi pour le responsable  des quotas qui gère les opérations et les commandes à savoir P.Vergnol. Un français établi en Mauritanie depuis la nuit des temps dont on connaît les enfants ayant été à l’école ensemble comme toute une génération. Des jeunes tranquilles sans histoire et vraiment amoureux de la Mauritanie.
 
Un mauritanien ayant la double nationalité m’a dit que suite à cette histoire, les responsables des commandes n’auraient pas trouvé comme autre moyen de limiter la casse que de viser les binationaux. Ainsi, au conditionnel, certains binationaux auraient découvert en décembre dernier que leur commande n’a pas été prise en compte.
 
De son côté, l’ambassade mijotait une autre mesure. Un bruit a commencé à courir que l’ambassade comptait prendre une mesure radicale à savoir n’autoriser le quota qu’aux français expatriés ayant donc un passeport diplomatique ou peut-être de service. Quand la chose a commencé à se confirmer une pétition a vu le jour signée paraît-il par tous les français concernés qui se sont sentis concernés par cette affaire soit 250 familles avec à leur tête comme délégués J.Pichot représentant des français à l’étranger et P.Vergnol.
 
Laurent Fabius en visite en Mauritanie aurait été interpellé par les délégués mais il aurait dit qu’ils n’ont qu’à voir avec l’ambassadeur qui a autorité pour gérer cette affaire. C’est là que tout aurait dégénéré. L’ambassadeur aurait reçu Pichot et Vergnol pour une dernière rencontre chacun donnant ses arguments. Pour l’ambassadeur il est temps de mettre un terme à cette singularité en terre mauritanienne alors qu’ailleurs seuls les diplomates français ont droit au quota. Pour P.Vergnol et J.Pichot la Mauritanie n’est pas comme ailleurs où l’alcool est autorisé de plus la grande majorité de français, consommant tranquillement sans trafic, n’a pas à faire les frais de quelques trafiquants qu’on pourrait d’ailleurs vite neutraliser par une enquête sérieuse vu que tout se sait. De plus pourquoi faire le coup aux français quand les espagnols, les allemands, les américains et tous les étrangers ayant une chancellerie en Mauritanie ont droit de commander un quota ?
 
L'échange n'a pas été tranquille du tout.

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chezvlane


              

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