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Festival sur l'unité nationale: Réunir les coeurs et les cultures


Culture
Dimanche 31 Juillet 2011 - 14:31

La Mauritanie vit du 28 au 30 juillet la deuxième édition du festival culturel pour l'unité nationale. À Nouakchott celui-ci est organisé au stade olympique, lieu de rendez-vous pour l'occasion des acteurs culturels, pour s'informer, échanger, débattre.


Le citoyen mauritanien, par un des artistes peintres invités au festival
Le citoyen mauritanien, par un des artistes peintres invités au festival
Durant trois jours, artistes, musiciens, peintres et artisans ont mis en évidence la variété et la richesse du patrimoine culturel mauritanien. Organisé par le conservatoire international de musique et des arts de Nouakchott (CIMAN) et le «dental orchestra», ce festival «a pour objectif de réunir les mauritaniens, les amener à parler de redécouvrir, communiquer» explique Ba Samba Hamadi, secrétaire général du festival. «Nous avons cette chance inouïe d'avoir un creuset culturel extrêmement riche, malheureusement qu'on ne met pas assez en avant. Ce festival est l'occasion de resserrer les liens culturel et social» affirme Ahmed Baba Ould Mahfoud, chargé de communication du festival. À travers des débats et des conférences sur les arts traditionnels mauritaniens sur le rôle unificateur des cultures. «L'identité de la Mauritanie ne peut être complète, ne peut être évoquée, sans l'une de ses composantes wolof, pulaar, maure, haratine, soninké. En aucune façon. Toutes ces cultures ayant leurs propres traditions, avec un puissant socle commun qui est l'Islam, doivent nous amener à construire ensemble, pas à nous diviser» dit Ba Samba Hamadi.

«Exactement. Prenez par exemple les boubous que nous les maures arborons avec fierté. Ces boubous sont d'origine africaine, tandis que les maures ont démocratisé le thé, et que la guitare traditionnelle, le khalame, se retrouve dans toutes les communautés. Il y a une interaction inter-communautaires, qui historiquement ne s'est jamais démentie. Chacun apportant quelque chose à l'autre. C'est cela la force d'un peuple multiculturel!» s'enthousiasme Ahmed Baba Ould Mahfoud.

«Tous les messages et symboliques autour de ce festival, nous les adressions aux citoyens mauritaniens, et à la société civile: nous devons pas laisser ces questions d'unité et de culture aux mains de l'état, des politiques, qui nécessairement en font un usage intéressé, biaisé» martèle en chœur les deux organisateurs.

Françoise Dexmier et ses enfants
Françoise Dexmier et ses enfants
Les artistes, pour l'exemple

Abderahmane Ahmed Salem, directeur de la maison des cinéastes estime pour sa part que l'âme d'un homme, d'un peuple est sa culture. Donc, «l'action est tout à fait légitime» selon lui. «C'est la culture qui a le plus de chances de nous réunir. Elle est donc la bienvenue. Mais au-delà de ces trois jours, ce combat de l'identité mauritanienne plurielle, et de leur unité, doit être un combat quotidien, surtout pour les artistes qui représentent leurs réalités» développe-t-il.
Un point de vue entièrement partagé par Françoise Dexmier, photographe, peintre et cinéaste française, participante au festival, et qui durant ces trois jours a été la responsable d'un atelier de dessin pour les enfants. «La démarche culturelle est toujours la plus adéquate. Elle montre le métissage du pays» concède-t-elle. Sa démarche a elle porte sur dix ans à travers un projet, «mur-mur d'Afrique», convaincue qu'on change les choses d'abord avec les enfants, qui ont un regard vierge, naïf sur les choses. «Si les enfants n'ont pas une réflexion très profonde, ils compensent largement cela par une imagination débordante et une saine curiosité. Et ces éléments de leur imagination, bien mis à profit dans un cadre artistique, peut participer à dessiner, faire émerger cette vision d'une Mauritanie unie» explique passionnée, Françoise Dexmier. Son groupe d'enfants de toutes les communautés, amènera «un souffle de métissage culturel et de partage de valeurs communes dans une société mauritanienne encore en construction» espère-t-elle.

La chanteuse Aïda Diaw partage entièrement cette vision des choses. «Cette initiative m'a inspiré pour une chanson célébrant l'unité nationale, qui pourrait être l'hymne du prochain festival en 2012. il est déjà intitulé «m'bolo nek béne»» (unité nationale en wolof- ndlr) confie-t-elle.
Coumba Sala, une des figures de proue du festival, veut réunir à travers ses invités artistiques et ses chansons, la Mauritanie, «en musique déjà». «Des artistes comme Cheikh Ould Biel, Halemiya Mint Sidi, Hamat Ka, Alassane Ndaw m'ont tous autant inspiré aussi. Et ce genre d'échanges mutuels doit se répercuter dans nos sociétés. Nous artistes ne pouvons qu'exhorter, montrer, faire éventuellement prendre conscience. Nous comptons jouer pleinement notre rôle à travers ce genre d'initiative» affirme la chanteuse soninké, qui jouait peu avant sur scène avec le groupe Dental Orchestra.

Un festival unanimement salué par les organisateurs et les acteurs culturels invités, qui espèrent que leur «bruit passera dans le champ politique pour éviter les écueils, tel que le recensement» selon un des organisateurs, qui peuvent brider, minimiser ce genre d'événement pourtant important, et appelé peut-être à devenir majeur.

Ami Fofana
Mamoudou Kane


              

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