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Fermeture de la mine d’Akjoujt en Mauritanie : à quoi joue la MCM ?


Actu Mauritanie
Mercredi 24 Septembre 2014 - 22:35

La compagnie minière MCM”, une filiale de First Quantum qui opère en Mauritanie depuis 2004, connait ces dernières années des troubles sociaux répétitifs qui ont conduit à la mort d’un employé et aux blessures de plusieurs autres en 2012 ainsi qu’au licenciement massif de quelques 150 employés en 2013.


Fermeture de la mine d’Akjoujt en Mauritanie :    à quoi joue la  MCM ?
First Quantum avait alors racheté les 80% des parts de la mine d’Akjoujt à ses propriétaires initiaux à savoir Wadi Al-Rawda Industrial Investments et Arab Mining Company. Ce n’est qu’en 2007 que la compagnie a officiellement démarré l’exploitation de la mine d’Akjoujt. La compagnie va profiter de la période d’instabilité politique pour obtenir une période d’exonération de 5 ans au lieu de 3 ans conformément aux dispositions du code minier.

La MCM qui s’est constituée société de droit mauritanien a construit une usine qui traite 3,8 millions de tonnes de minerai par an pour produire environ 35000 tonnes de Cuivre métal et produit 80000 onces par an (Environ 2,4 tonnes) En 2008, sous la pression des réclamations de la société civile au niveau de la ville d’Akjoujt, le Président Mohamed Ould Abdel Aziz arrache aux responsables de la compagnie quelques concessions. C’est alors que le taux de royalties passe de 2.2% pour le Cuivre et l’Or à 3% pour le Cuivre et 4% pour l’Or. D’après les derniers rapports produits par le CNITIE, jusqu’en 2012, la MCM n’a payé que la redevance superficiaire et la redevance minière.

Cela veut tout simplement dire que pour au moins 5 ans d’intense exploitation de notre gisement d’or et de cuivre la Mauritanie n’a récolté que des miettes qui représentent moins de 5% du chiffre d’affaire. La valeur de ce taux est d’autant plus illusoire si l’on sait qu’elle est laissée à l’appréciation des compagnies qui gonflent démesurément les coûts d’implantation et d’opération. Cette fraude est d’ailleurs valable tout le long de la vie du projet. Les compagnies utilisent tous les subterfuges pour éviter de payer le plus longtemps possible l’impôt sur le bénéfice Industriel et commercial qui représente au moins 25% et qui est l’apport le plus important pour les détenteurs des ressources.

Malgré ces nombreux avantages fiscaux ajoutées aux conditions d’exploitations particulièrement avantageuses, (mine à ciel ouvert reliée au port par une route bitumée de 250 KM seulement) la compagnie MCM connait ces dernières années des troubles sociaux répétitifs qui ont conduit à la mort d’un employé et aux blessures de plusieurs autres en 2012 ainsi qu’au licenciement massif de quelques 150 employés en 2013. Après ces pénibles épreuves, les responsables de la compagnie se seraient engagés à accorder plusieurs avantages légitimes aux travailleurs restant, notamment une augmentation de 10% de salaire, et une gratification de 4 mois de salaire.

Les travailleurs croyaient alors avoir atteint le bout du tunnel, mais c’était sans compter avec les indéchiffrables calculs des opérateurs miniers. « Depuis le début de l’année 2014 nous n’avons jamais cessé de rappeler aux responsables de la compagnie les engagements qu’ils avaient pris à notre endroit, mais hélas nous a confié ce représentant syndical, le Directeur est revenu sur ses promesses, c’est pourquoi nous avons décidé de lancer un préavis de grève à partir du 19 Août 2014 » a t –il ajouté.

Pourquoi le management est revenu sur sa décision ? Et surtout, comment une compagnie minière peut- elle rester de marbre pour une si longue période de grève ? La MCM aurait-t-elle un agenda caché ? En réalité, le paiement de ces avantages sociaux contribue à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs ce qui profite doublement à la compagnie qui , du coup, met ses travailleurs dans des conditions optimales pour produire et répond à une exigence fondamentale de la fameuse Responsabilité Sociale des Entreprises.

Ce long arrêt de travail ne semble pas beaucoup déranger les responsables de la MCM. Pour simple preuve : jusqu’au jeudi 18 sept 2014 aucun site d’information de First quantum n’a fait cas de cette grève. Et pire, les quelques rapports relatifs aux droits des travailleurs publiés dans le site de la compagnie ne font même pas référence à l’existence de MCM en Mauritanie. Les compagnies minières sont engagées dans une course contre la montre, elles acceptent rarement de perdre du temps à moins que cela ne les arrange.

Si l’on considère le manque d’empressement du management on serait tenté de croire que cet arrêt ait été savamment planifié. L’idée d’un rachat de MCM par les géants miniers comme Glencore ou Xstrata qui circulent depuis un certain moment au sein des investisseurs ne semble pas étrangère à cette situation. En attendant, plus de 1200 travailleurs de MCM attendent avec inquiétude le dénouement de cette affaire qui commence déjà à sentir le roussi. Pour la petite histoire First Quantum est une compagnie qui a été créée en Zambie dans les années 80 et qui est devenue aujourd’hui l’un des géants de l’exploitation du cuivre dans le monde. Cela nous donne une idée sur la possibilité pour notre pays de mettre en place une politique conséquente qui permettra une exploitation plus rentable et durable de nos nombreuses ressources naturelles.

Baliou Coulibaly
Coordinateur PWYP Mauritanie
Spécialiste du management des ressources extractives


Source:FinancialAfrik
Noorinfo


              

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