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Extrait des Mauritanides: "AH Les femmes..."


Société
Vendredi 8 Mars 2013 - 20:45

Au tout début, le Sahara était encore vert drapeau, il y avait beaucoup d’éléphants et quelques hominiens errant d’Inchiri en Tiris en Tagant, faisant quelque fois un crochet par Nouakchott pour s’acheter des rasoirs Bic parce que le grand problème de ces temps-là c’était les poils qui poussaient encore partout et dans toutes les directions. Les hominidés mâles, qui avaient une peur bleue des éléphants, prétextaient toujours une affaire urgente à expédier au bureau quand les pachydermes s’approchaient du village et envoyaient les femelles, qui avaient moins de poils et étaient donc moins occupées à se raser, les affronter. Il faut dire qu’en ce temps là les éléphants n’étaient pas tout à fait les éléphants de ce temps-ci et du village on entendait les cris des femelles que les bêtes furieuses piétinaient à mort.


Extrait des Mauritanides: "AH Les femmes..."
Les mâles, dans leurs bureaux climatisés, se calaient dans leurs sièges et faisaient ceux qui n’avaient rien entendu. A leur décharge il faudrait préciser que l’on était aux alentours de 40.000 avant Jésus et qu’on n’était pas encore obligé de savoir ce qui se passait à la lisière de la forêt. L’heure n’était pas encore au cliché macluhanien du “village planétaire”. On n’avait pas encore inventé le fax mais on se téléphonait quand même le soir pour prendre les noms des “glabres” (c’est ainsi qu’on appelait probablement les femmes entre 40 et 30.000 avant JC) tombées sur le champ d’honneur.

Les veufs noyaient généralement leur chagrin dans l’alcool de piririhihapout, mangeaient leurs enfants et se remariaient- sept à huit heures après le décès de leur “glabre”. Au bout d’un certain temps les “poilus” remarquèrent que lors des batailles homériques (ils avaient déjà lu l’Iliade) qui opposaient les femmes et les éléphants il y avait de moins en moins de “couché à jamais” (ça voulait dire “mort”). Le fait est que “glabres” et pachydermes se sont aperçus qu’il y avait mieux à faire au coin du bois que s’étriper les uns les autres.

Comme les éléphants vont à l’amour comme ils vont à la guerre, la situation redevint bientôt à peu près “normale” et il y eut autant de glabres à jamais couchées qu’auparavant.
Les éléphants, désormais conscients de leur inguérissable balourdise, la supportèrent de plus en plus difficilement et, les uns après les autres, moururent de honte. Les femmes, affligées par la tragique fin de leur première aventure amoureuse, se turent pendant quelques millénaires, au grand soulagement de leurs maris. C’était la fin de la préhistoire. L’histoire venait de commencer. Mais on reparlera des éléphants. Et des glabres. Des poilus aussi d’ailleurs.

Pendant longtemps, les femmes gardant toujours le silence, il n’y eut rien à dire. Un chroniqueur arabe du quatorzième siècle (après J.C) très faux cul, nous décrit “les mœurs très libres” des femmes de Oualata. En fait, pas grand chose, l’hôtesse d’Ibn Batouta discutant simplement avec ‘un homme étranger à la maisonnée” pendant que le chroniqueur racontait des bobards au maître de maison dans un coin, probablement pour le convaincre de son importance.

Peu après un autre Tartufe, Mohamed Mahmoud Al Lamtuni (155) , écrivit une très longue lettre au très prolifique écrivain cairote Al Suyuti pour lui narrer l’inénarrable conduite des “femmes du Tekrour” et le suppliant de faire quelque chose pour qu’elles cachassent ces seins que le Lamtuni ne saurait voir. Le pauvre Al Suyuti, une sorte de mélange de Barbara Cartland et de Georges Bernanos du quinzième siècle, ne put évidemment rien faire. Il était d’ailleurs très mal vu de toucher aux femmes depuis ce que les journaux de l’époque, s’ils avaient existé, auraient appelé “l’Affaire du Ouagadou-Bida”. Ils auraient relevé, ces journaux, que les gens de Ghana sacrifiaient chaque année la plus belle de leurs vierges à un dieu- serpent à sept têtes. Ce qui fit éclater “l’affaire” c’est un jeune homme qui n’entendait pas laisser sa dulcinée, qui répondait au beau nom de Sya Yatabéré (156) , se faire bouffer par un serpent. Il s’avéra finalement que les sept têtes du reptile n’étaient que les sept membres (sans jeu de mots) du conseil des vieux sages qui s’offraient un plaisir annuel, ce qui eût été anodin s’ils ne tuaient la jeune vierge à la fin de la partouze. La mort de l’ophidien heptacéphale marqua, dit-on, la fin de Ghana. Bien fait pour ses gueules en tout cas... Je parle du serpent...

Ghana mort des couleuvres qu’on lui faisait avaler, l’idée s’ancra que qui maltraite les femmes verra son empire détruit. Les contemporains du Lamtuni n’avaient pas d’empire mais ils s’abstinrent de toucher à leurs femmes. On ne peut que souligner ici la muflerie des Almoravides qui, partis conquérir le Maroc et l’Espagne, laissèrent ici leurs femmes. Nous revenant quatre siècles plus tard, ils constatèrent que leurs “bourgeoises” s’étaient maquées avec des mecs moins prétentieux et plus stables.

Au début du quinzième siècle, les Hassanes (157) envahirent le pays.
Ce fut le coup le plus dur infligé à “la condition féminine”
Jusque-là ces dames, quand elles n’étaient plus vierges et quand il n’y avait pas de serpent polycéphale, menaient plutôt bonne vie, respectées, considérées, véritables chef de famille dans une société matriarcale plutôt “mémère”.

Le train de vie mémère de cette société berbère où tout partait de et revenait à la femme fut sérieusement et durablement secoué par les hordes arabes hassanes qui, dans leur chevauchée, classaient ces dames avec les impedimenta et autres ralentisseurs de marches forcées.

La femme pour les berbères était la clé de voûte de l’édifice communautaire, le centre d’une architecture généalogique compliquée de laquelle dépendaient les alliances tribales, politiques, les guerres et les paix. Pour les Hassanes, l’homme seul était à prendre en compte dans les liens parentaux. Ce fut ce qu’A.W Ould Cheikh appelle «Le meurtre de la mère», l’un des mythes fondateurs de la nouvelle société maure (nous y reviendrons la semaine prochaine). La mère clamsa d’autant plus facilement qu’elle ne parlait pas un mot de la nouvelle langue imposée par les désormais maîtres du pays, cet arabe dialectal que l’on eût vite fait d’appeler Hassania.

Il n’y avait plus d’éléphants au Sahara et les femmes, après avoir retrouvé un moment la parole, la perdirent au XVè siècle. Deux ou trois siècles plus tard, fatigués de faire la guerre et la paix et la paix et la guerre, les hommes se souvinrent qu’il y avait des femmes et que, oui, quelquefois elles étaient nettement plus intéressantes que le reste du maigre ameublement des tentes. On se mit à les chanter d’abord sur le type: «objets inanimés avez-vous donc une âme qui s’attache à note âme et la force d’aimer».
Ce fut le début du reflux de la culture sexiste des Béni Hassane, un reflux relatif mais qui va stabiliser la société maure à un certain niveau où patriarcat et matriarcat ont chacun droit de cité.

Les éléphants n’ont cependant toujours pas réapparu et les femmes faisaient ce qu’elles pouvaient en attendant le retour des beaux jours d’antan. Bien sûr elles ne pouvaient pas, au XlXè siècle, s’offrir un billet aller -retour Nouakhott-Nyaragongo au Kenya pour retrouver les chers disparus mais elles écrivaient de temps à autres des lettres sans se faire d’illusion sur le sort que leur réserveront les hommes de la poste. Et elles ne pouvaient pas encore savoir, les pauvres qu’un éléphant, ça trompe énormément.
Vers 1820, René Caillé dans sa relation de voyage au Brakna, rapporte l’étrange conduite de bandes de femmes que les gens appelaient à l’époque les «Laouadâtt», ce qui veut dire à peu près, “celles qui cherchent...” Qui cherchent quoi? Ah, là, nul ne sait même si Caillé croit savoir que c’est quelque chose à manger.

Ces bandes étaient composées, nous dit Ould Caigé (158), de femmes divorcées, de vieilles filles, de laiderons en général. Elles se déplaçaient en groupe, pillant les tentes, dévastant les champs, volant, criant, tirant la langue aux hommes de loin, les pinçant affreusement s’ils osaient approcher. Bien. Tout le monde est laid, pourtant tout le monde ne se conduit pas comme ça. La majorité du genre humain est divorcée mais se tient de façon raisonnable. A mon humble avis, ces dames cherchaient des éléphants.
Et ils sont loin les éléphants. Ils se sont jurés de ne plus remettre les pattes en Mauritanie après ce qui s’est passé en 40.000 avant le Christ. Ce n’est pas rien, une mémoire d’éléphant...

.A ce 8 Mars 1996 les femmes ne sont pas encore parvenues à convaincre les pachydermes de revenir chez nous. Et ce n’est pas faute de n’avoir pas essayé.
 


Après avoir investi la poésie comme sujet, pas comme poètes, les femmes, jusque-là recouvrant leurs charmes d’un épais voile de coton indigo, passèrent une jupe en-dessous. Un débat théologique s’ensuivit: est-il normal qu’une femme porte une jupe, qui n’est après tout qu’un serouel ouvert à la base?

La tradition religieuse veut en effet que chaque sexe se contente de porter ce qui lui est destiné et évite d’imiter l’autre. Un homme évitera ainsi de porter un bracelet, une bague, une boucle d’oreille, voire tout bijou d’or ou d’argent, parce que ce sont des objets féminins. La femme, elle, ne pourra pas porter le serouel, le turban ou les babouches, attributs (oh) masculins.

Au terme du débat, à la fin des années 50, on arriva à un modus vivendi: les femmes porteront les jupes, soit, mais elles les porteront ou les enlèveront par le haut, par la tête, pour ne pas faire le même geste que les hommes qui ôtent ou mettent leur serouel par le bas. Évidemment, aujourd’hui la jupe se met aussi par le bas, mais elle n’a plus rien à voir avec son ancêtre à élastique. Le dernier “débat” en date a porté, au milieu des années 80, sur la licité ou non du port du pantalon par les femmes. Là aussi on arriva à tolérer le pantalon auquel on trouva des vertus “couvrantes” évidentes, mais pourvu qu’il soit porté sous une robe, par exemple, étant jugé quand même assez suggestif. Le slip ne suscita pas de grands remous, étant sans doute trop petit, ou trop “reculé”, Il faut dire que l’émoi suscité par les minijupes au début des années 70 avait épuisé pour un moment le capital d’indignation de nos bien pensants. On oublia du même coup de trancher dans “l’affaire des voiles de couleur”, la couleur étant considérée comme “inconvenante” parce que “provocatrice” car elle attire les regards. La mini-jupe fit trois petits tours et puis s’envola seyant mal aux tailles fortes de nos charmantes concitoyennes et aux vents de sable rasants.

Parallèlement au “débat vestimentaire” s’était développé “un débat capillaire” tout aussi passionné. Les cheveux de nos femmes sont une longue histoire.
Pour bien situer le problème il faudrait que l’on refasse ici l’histoire du poil en société islamique, tâche fastidieuse s’il en est et hors de notre propos.

Quoi qu’il en soit le combat contre le poil a toujours occupé une place prépondérante dans l’histoire de la femme.
Les Mauritaniens, c’est l’axiome de départ, n’aiment pas la femme poilue. Toujours cette “spécialisation” qui remonte peut-être à l’âge des éléphants sahariens: les hommes ont le droit de concurrencer leurs cousins singes, les femmes se doivent d’être lisses comme un galet. On remarquera en passant qu’il est beaucoup plus facile d’être poilu - il suffit de se laisser aller- que de garder sa peau de bébé. Les travaux forcés ont commencé pour les femmes dès que l’homme est descendu de son arbre. Et comme il en descend toujours six jours sur sept (on a remplacé l’arbre par le bureau), le problème demeure intact. Dans la tradition musulmane poil ou pas poil c’est un problème. Et, “spécialisation” oblige, un homme sans poil est très mal vu parce qu’il donne à penser qu’il est efféminé donc source de toutes les tentations.

La femme “mauritanienne” a eu à souffrir comme toutes les femmes, du regard vétilleux de ces hommes qui ont toujours le rôle facile et exigent des autres ce qu’ils ne demandent pas à eux-mêmes.
La manifestation la plus récente de ce que l’on me permettra d’appeler, par paresse, la “politique”, a été le débat sur “l’orthodoxie” ou non de la “hilwa”, opération d’épilation de parties apparentes (je suppose) du corps féminin.

La hilwa a défrayé la chronique au début de années 80 et comme toujours il y avait les pour et les contre. Les pour arguaient que tout ce qui contribuait à “embellir”, à “enjoliver était permis, voire conseillé par l’Islam. Tandis que les contre s’emmêlaient un peu dans leur raisonnement, faisant du poil une valeur universelle à respecter par les hommes et par les femmes, et avançaient l’argument que l’or doit rester tel que Dieu nous a fait, argument repris par les muftis d’Al-Azhar pour déclarer illicite la chirurgie esthétique.

Les pourfendeurs du poil féminin ont eu apparemment le dessus puisque nos femmes continuent à s’épiler à quatre ou six mains et les “salons” poilicides ont pignon sur rue, tout comme ceux réservés au henné.
Avant la Hilwa le débat concernait non pas le poil qu’on enlève mais celui qu’on ajoute. En clair, des “cheveux” artificiels étaient apparus sur le marché à la fin des années 60. Il y eut d’abord “le pouf ». De format poufoïdal comme son nom le laisse supposer, cette chose a été conçue à l’origine pour on ne sait trop quoi. Nos femmes s’en servirent pour une coiffure à la mode à l’époque, une sorte d’anti-chignon, ou de chignon côté front, assez rigolo d’ailleurs, ou pour affermir une autre coiffure biscornue (au sens littéral), “âgâva”, dont les deux sommets conféraient cette étrange beauté allongée vers le haut à nos aïeules.

En même temps que le pouf, une autre “entité capillaire” faisait jaser. C’était des mèches de laine soyeuse dont on se sentait pour élonguer les nattes de cheveux finement tressées qui retombaient sur les nuques des femmes. Les puristes étaient catégoriques: cette laine n’était rien d’autre que “les chevelures des chrétiennes mortes” que l’on revendait aux musulmanes pour les “rendre impures”. Toute prière faite alors qu’on portait cette laine “soustraite à un vivant” (un vivant mort tout de même selon cette... logique), mâ ubîna min hayyin (159) , en langage théologique, est considérée comme nulle et doit être refaite.

Ces problèmes poilus ne connurent jamais de solution sauf peut-être en se dissolvant dans la contestation politique très chevelue dont, l’année 68 marqua le point de départ. On oublia pour un temps les pauvres femmes pour attaquer ces “yé-yé” hirsutes et certains “soldats de la morale” se promenaient avec des ciseaux pour couper ici et là quelques touffes un peu trop basses sur le front. Front qui se devait d’être dégagé pour être bien en contact avec le sol lorsqu’on se prosterne devant Dieu. Mais là, il est vrai, n’était pas la préoccupation centrale de nos maoïstes qui rêvaient de révolution culturelle, de Grand soir et de dictature du prolétariat.


Les femmes du parti unique se démenaient pendant ce temps, vendaient quelques petits chameaux en bois le 8 Mars, tissaient des tapis en laine de chameaux... Les chameaux ont-ils remplacé les éléphants d’antan? Ou ne seraient-ils que des éléphants déguisés? En Hassania, de quelqu’un qui ment, on dit qu’une bosse lui a poussé. Serait-ce trop s’avancer si l’on affirme que les chameaux sont des éléphants menteurs? Et la trompe alors, diriez-vous, elle serait où? Facile, vous répondra-t-on, c’est ce petit truc qui ressemble à une patte de secours entre les pattes antérieures du chameau.

Ok. On a beau dire les femmes du parti unique avaient de la suite dans les idées et de petit chameau en grand chameau, un ensemble de textes sur l’amélioration de la condition féminine” furent proposés à messieurs les hommes alors que la guerre du Sahara faisait rage. Cette fois-ci les hommes’ n’ont pas envoyé les femmes défendre le territoire. Ils se rappelaient encore l’étrange histoire des éléphants. Ils ont su tirer des leçons du passé. D’autres hommes prirent la place de ces hommes. Les nouveaux maîtres du pays étaient ceux-là même qui faisaient la guerre. Ils ont pris le pouvoir pour faire la paix. Le syndrome de la guerre des éléphants. En 40.000 avant JC on a commencé par faire la guerre pour finir en faisant l’amour.

On fait la guerre en 1975 pour faire la paix en78.
N’envoyez jamais quelqu’un faire la guerre. Il vous fera un enfant dans le dos. C’est un conseil d’ami. Envoyez vos amis et surtout vos ennemis faire la paix, ils vous la ficheront avant de mourir d’ennui.

De 1978 à nos jours, la femme a fait beaucoup de chemin. On la trouva successivement au marché, sur les trottoirs à côté du marché, derrière le marché, en route pour le marché, revenant du marché, au nord du marché, marchant dans le marché, marchandant dans le marché, marchande dans le marché, marchandise dans le marché.

Énième avatar du “débat capillaire”, on en est aujourd’hui à se demander s’il est permis ou non pour les femmes, du point de vue religieux, de se couper les cheveux ou de se les teindre.
Personne n’a encore songé, heureusement, à réglementer les poils au nez. Mais il y a urgence. Ça pousse, ces choses-là, partout.

Habib Ould Mahfoudh
Extrait des MAURITANIDES






[155] Mohamed ibn Mohamed ibn Ali al-Lamtouni interrogeait au 15ème siècle, l’érudit egyptien al-Souyouti sur des pratiques de ses compatriotes du Tekrour qu’il juge peu orthodoxes.
[156] Légende de la fin de l’empire deu Ghana.
[157] Tribus arabes issues de ma’qil qui sont la principale composantre arabe de la population mauritanienne.
[158] Les maures auraient attribué ce nom à René Caillé de passage chez eux sur le chemin de Toumbouctou.
[159] « Ce qui provient d’un vivant.. »  



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