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Exploitation minière en Mauritanie : Des odeurs de souffre, d’argent et de mort


Actualité
Lundi 23 Juillet 2012 - 15:06

Le développement des mines, fouetté ces dernières années par l’arrivée sur le marché mauritanien de grandes multinationales venant du Canada, d’Australie, d’Angleterre, et même de l’Inde et du Pakistan, pour ne citer que ceux-là, avait ouvert des horizons inespérés pour l’économie mauritanienne jusque-là dépendante du fer de la Snim, de la pêche ou des ressources animales. Mais au lieu de créer des Eldorado d’opulence pour ses 3 Millions d’habitants, les richesses minières mauritaniennes sont en train de devenir une malédiction où dominent des odeurs de souffre, de cupidité et de mort.


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Le boom dans le secteur des mines et des hydrocarbures, notamment au début de la décennie 2000, augurait d’un avenir radieux pour les Mauritaniens, bien que cinquante ans d’exploitation des mines de fer du Tiris Zemmour et des richesses halieutiques incommensurables ne soient jamais parvenu à hisser la Mauritanie un cran au dessus de pays moins dépourvus par Dame nature, comme le Sénégal et le Mali, à titre d’exemple, ou encore la Guinée ou le Burkina Faso. Pire, Nouakchott s’enfonce d’année en année dans la pauvreté, la misère et le sous-équipement urbain, au moment où des capitales comme Bamako ou Ouaga, qu’elle damait pourtant dans les années 70, la dépassent aujourd’hui de plusieurs coudées.

En 2000, l’exploitation du pétrole, ponctuée par l’arrivée des Australiens de Woodside et du ballet endiablé à Nouakchott des puissances de l’or noir, comme Dana Petrolum, Petronas, BGP, Total, Mobil entre autres, et tous ces pétrodollars tout frais, constituaient autant d’espérance pour les 3 Millions de Mauritaniens. Même sans une grande équité dans la distribution des richesses, ils espéraient au moins, avec la retombée de toutes ces mannes, améliorer leurs conditions de vie. Mais malgré toutes ces richesses ouvertes sur terre et sur mer, la situation des citoyens ne s’améliora guère. Il devient pire, avec des revenus en baisse et des prix des produits de première nécessité de jour en jour hors de leur portée. Le chômage s’accentua et la pauvreté connut des bonds exceptionnels.

Pourtant, le boom dans le secteur minier ouvrait des opportunités nouvelles. Des dizaines de Mauritaniens furent certes recrutés, mais la plupart dans des emplois de seconde main, ou par l’intermédiaire de bataillons de tâcherons qui inaugurèrent l’ère de la sous-traitance des travailleurs. Un deal chapeauté par l’Etat et qui arrangeait aussi bien les multinationales étrangères qui ne devaient plus s’occuper de la "racaille" que des intermédiaires nationaux, véritables négriers des temps modernes qui, en contrepartie d’un salaire normal de 600.000 UM mensuel par ouvrier, n’en versait en réalité que le dixième. Résultat, à travail égal, les travailleurs de l’informel recevaient des miettes par rapport aux détenteurs de contrat direct avec les sociétés exploitantes. D’où les frustrations nées de traitements inégaux et de situations différentes pour le même boulot.

Plusieurs organisations syndicales et même professionnelles n’ont jamais cessé de réclamer la fin du système des tâcherons. Ainsi, selon la Coalition mauritanienne "Publiez ce que vous payez " sur les 475 travailleurs de la société des Mines de cuivre de Mauritanie (MCM), la moitié est recrutée à travers des officines de traite humaine, appartenant pour la plupart à des apparatchiks de l’appareil d’Etat ou à des cadres travaillant au sein de l’entreprise.

Le développement des industries extractives en Mauritanie s’est ainsi accompagné très tôt de l’irrespect des droits des travailleurs et de ceux des communautés locales. Contre la garantie d’être épargnées de la gestion des ressources humaines, celle notamment des armées d’ouvrier, les multinationales se sont plus à ce transfert de compétence à des intermédiaires. Ces derniers, forts de leurs influences au niveau de l’appareil d’Etat, qu’ils arrosent au passage dans le cadre d’un conglomérat d’intérêt, avaient ainsi la possibilité de mater les grèves par puissance publique interposée.

Cheikh Aïdara
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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