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Etat / Secteur privé : La Grogne des Patrons


Actu Mauritanie
Lundi 7 Décembre 2015 - 13:34

Le jeudi 03 décembre 2015, s’est tenue, au siège de l’UNPM, une session du Comité exécutif de cette Institution ; session ordinaire dans sa forme juridique, mais exceptionnelle dans son déroulement. Une session qui diffère donc des précédentes, tant par sa durée (cette réunion fut expéditive), par son ordre du jour(consacré, essentiellement, à l’examen de la validation de la candidature du Général à la retraite, DIA Adama Oumar à la présidence de la Fédération Mauritanienne de l’Agriculture) que par son contexte (cette réunion entre dans la préparation de la tenue de l’Assemblée générale de cette Fédération qui fut reportée du 10 novembre 2015 au 10 décembre 2015 pour, peut-être, permettre, comme l’indiqueraient plusieurs indices, au Général DIA de devenir éligible à la tête de la Fédération Mauritanienne de l’Agriculture).


Ahmed Baba Azizi, Président de l'UNPM (au centre sur la photo de gauche) et le Général Dia (Photo de droite).
Ahmed Baba Azizi, Président de l'UNPM (au centre sur la photo de gauche) et le Général Dia (Photo de droite).

Cette réunion du Comité exécutif de l’UNPM eut, aussi, un autre aspect exceptionnel : elle aurait débouché, contre toute attente, sur le rejet en bloc par la totalité des membres présents (exception faite de trois membres) de la candidature du Général DIA à la présidence de la Fédération Mauritanienne de l’Agriculture. En effet, cette candidature, cooptée, sans doute, par les Pouvoirs publics, n’aurait bénéficié que du seul soutien actif de Isselmou OULD TAJEDDINE (PDG de la banque BCI et potentiel candidat à la présidence de l’UNPM), appuyé, en cela, par deux autres membres du Comité exécutif de l’UNPM : le Colonel à la retraite Wellad OULD HAÏMDOUNE ( président de la Fédération Nauionale de l’Elevage) et Lemrabott OULD TANGI( député de la Moughata’a de Chami et président de la Fédération des Bâtiments et Travaux publics). Aussi, convient-il de mentionner que le PDG de la BCI, dérogeant à son manque d’assiduité aux réunions de l’UNPM, avait-il tenu à participer à cette réunion du Comité exécutif pour, dit-on, « jouer les bons offices » et faire avaliser la candidature du Général DIA à la présidence de la Fédération nationale d’Agriculture ; une Fédération, fait surprenant, dont celui-ci ne serait pas encore adhérent.
 

Aussi, autre aspect non moins marquant de cette session du Comité exécutif de l’UNPM, le fait que les discussions aient continué, après leur clôture en salle, dans les couloirs, donnant lieu, à un grand brouhaha et à d’interminables commentaires et laissant présager que cette réunion ayant débouché sur le rejet avec véhémence de la candidature du Général DIA avait été houleuse, témoignant ainsi d’une volonté du Patronat national de tenir ses affaires en main et de refuser toute ingérence extérieure dans son fonctionnement.
 

Mais, pourquoi cet appui inconditionnel des deux pontes du Pouvoir ci-dessus nommés à la position du PDG de la BCI concernant la candidature du Général DIA, dans cette situation particulière ? La réponse à cette interrogation serait toute évidente et cela pour deux raisons principales.
 

D’abord, le Colonel à la retraite OULD HAÏMDOUNE et le député OULD TANGI seraient, tous deux, proches du Pouvoir auquel ils devraient leur cooptation à la présidence de leur Fédération respective ; Pouvoir auquel ils voudraient, par cet appui à la candidature du Général DIA, renvoyer l’ascenseur. Aussi, si le Colonel OULD HAÏMDOUNE est compagnon d’armes du candidat DIA, OULD TANGI serait, selon certaines sources, un obligé du banquier OULD TAJEDDINE (allez savoir pourquoi).

Avec cette candidature du Général DIA et une autre probable cooptation ( déjà en l’air) d’un officier supérieur à la retraite (après celle déjà traduite en fait accompli du Colonel HAÏMDOUNE et celle en perspective du Général DIA) à la tête d’une 3è Fédération professionnelle, en l’occurrence, celle des Boulangeries, l’on se demanderait s’il ne s’agissait pas, là, du début d’un réel « processus de militarisation » du patronat mauritanien et , peut-être, du Secteur privé national, dans sa globalité. En effet, l’on parlerait, déjà, de la possible cooptation d’un officier supérieur à la retraite à la présidence de la Fédération des Boulangeries (la seconde Fédération professionnelle, après celle de l’Agriculture, qui tarde à renouveler ses instances dirigeantes, retardant, toutes les deux, la tenue du nouveau congrès de l’UNPM qui, pourquoi pas, verrait, un général à la retraite devenir « Patron des Patrons »).
 

Un processus de militarisation qui, s’il se confirmait, soulèverait certaines remarques appelant, en même temps, des suggestions appropriées. En effet, s’il est vrai que chaque officier supérieur militaire mis à la retraite et nanti, pouvait, en toute légitimité et s’il le désirait, ambitionner de jouer un rôle marquant dans le développement du pays, en s’investissant dans le secteur privé ; il n’en demeure pas mois que l’intéressé, pour arriver à bon port, devrait passer par une période de mise à niveau et d’assimilation de la Philosophie et du Comportement adéquats de tout opérateur économique qui voudrait réussir dans ses projets. Il devrait ainsi, pour réussir, « faire, à nouveau , ses classes » pour s’initier aux techniques et méthodes modernes de gestion des affaires, dans l’esprit d’équipe et de gestion d’une entreprise civile et non de celui d’une caserne où les ordres sont reçus de la Hiérarchie et exécutés « sans relâche ni murmure » donc, de façon automatique et sans réflexion. Ces futurs opérateurs économiques, notamment, ceux qui postulent à des responsabilités à la tête des Fédérations professionnelles ou même à la tête du Patronat, devraient donc substituer à leurs mentalités militaires des mentalités civiles et modernistes, évitant ainsi de transposer au secteur privé leurs comportements militaires d’antan.
 

Toujours, dans ce même ordre d’idées, il est nécessaire de laisser aux opérateurs privés du pays toute la latitude de s’organiser comme ils le voudraient et comme le dicteraient leurs intérêts et de choisir, dans ce cadre, les dirigeants de leurs instances professionnelles (fédérations professionnelles et UNPM) parmi les plus méritants et ceux qui acceptent d’être au service du développement et de l’essor de la Nation. Il ne devrait donc plus y avoir de place pour les cooptations.
 

En attendant l’éventuelle réaction du Pouvoir (qui semblerait vouloir, coûte que coûte, imposer la candidature du Général DIA à la présidence de la Fédération de l’agriculture) à ce refus catégorique du Comité exécutif de l’UNPM d’avaliser cette candidature, beaucoup d’encre pourrait couler et beaucoup de scénarios à rebondissement pourraient advenir.
 

Cependant et quoi qu’il en advienne, les acteurs des Secteurs public et privé, se déclarant au service du citoyen mauritanien, devraient, tous, se soumettre à la devise du père fondateur de la Nation mauritanienne, feu Président Moktar OULD DADDAH lorsqu’il disait : « Construisons ensemble la patrie mauritanienne. » Wait end see !
 

Hamoud ELY
Source: L'Authentic

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