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Esclavagisme : Selma et Maimouna, premiers pas dans la liberté


Société
Mardi 13 Mars 2012 - 10:24

Sos-Esclaves est monté au créneau dimanche dernier à Nouakchott, pour dénoncer les pratiques esclavagistes dont les soeurs Selama Mint Mbarek et Maimouna Mint Mbarek ont été victimes jusqu'à tout récemment. Les deux filles âgées entre 14 et 10 ans ont fui leur maitre pour se rendre vers Bassiknou puis à Nema. Aujourd’hui elles réclament la libération de leur tante et leur cousins encore sous la main-mise de leur maître.


Selama Mint Mbarek (d) et Maimouna Mint Mbarek
Selama Mint Mbarek (d) et Maimouna Mint Mbarek
Selama Mint Mbarek a 14 ans. Elle est déjà maman d’un petit garçon sans avoir été mariée. Avec Maimouna Mint Mbarek, 10 ans sa petite sœur, toutes deux esclaves et orphelines, elle a pris le chemin de liberté il y a de cela seulement quatre mois après que la plus petite ait été battue par son employeur. En fait elle avait été donnée en location à ce dernier.

Les deux sœurs ont été recueillies dans la localité d’Ezammad située dans la moughataa de Nbeiket Lahwach dans le Hodh el Chargui. Dans un témoignage à la presse dimanche les deux fillettes ont déclaré que leur tante M’Barka Mint Salka, et ses enfants Souélick et M’Bareck, sont encore loués par le maitre Cheikh Ahmed Ould Essyam. Elles se sont libérées de la main-mise de leurs maitres il y a de cela seulement quatre mois après que la plus petite ait été battue par son employeur.

Elles souhaitent que leurs deux frères Lagdav âgé de 8 ans, et Hamid de 6, encore esclaves de leur maitre, soient libérés. Et la sœur de celui-ci. Elles ont identifié Cheikh Ahmed Ould Essyam des Oulad Sidi de Laglal comme celui qui les a loués à Inejih Ould Sitty de la tribu Ehel Bourrada dans le Dhar.

Grace à une intervention du représentant régional de SOS-Esclaves, une enquête a été menée par la gendarmerie, à la suite d’une instruction du Wali et du procureur, les filles sont envoyées à Nema. A la suite de cela, l’affaire est instruite par le juge.

Selama et Maimouna dont l’affaire a été portée au niveau du Premier Ministre ont bénéficié d’une subvention de soixante cinq mille UM du Programme pour l’éradication des Séquelles de l’esclavage (PESE) pour assurer leurs besoins. Sos-Esclave note dans sa déclaration ignorer «les mesures entreprises pour retrouver et libérer Lagdav, Hamid, M’Barka Mint Salka et ses enfants».

L’ONG qui a rappelé des cas d’esclavage sur des mineurs, manifeste sa crainte de voir cette affaire classée sans suite. «L’environnement politique et social est encore rétif à une quelconque condamnation définitive pour pratique esclavagiste» estime Boubacar Ould Messaoud, président de SOS-Esclaves. Comme dans le cas de Moulemine Mint Boubacar Vall, acquitté par la Cour Suprême en Janvier 2011. SOS-Esclaves qui rappelle que la lutte contre les pratiques esclavagistes doit «se poursuivre» interpelle «les autorités pour qu’elles s’acquittent de leur devoir par rapport aux victimes de l’esclavage».

Awa Seydou Traoré
Mamoudou Kane


              

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