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Erdogan sur les attentats de Belgique : «Qui sème le vent, récolte la tempête»


International
Lundi 28 Mars 2016 - 15:57

Le chef de l'Etat turc Tayyip Erdogan a estimé que la Belgique, où une tente dressée par des sympathisants du PKK deux jours avant les attaques avait créé la polémique, payait le prix de sa négligence en matière de terrorisme.


Le chef de l'Etat turc Tayyip Erdogan
Le chef de l'Etat turc Tayyip Erdogan
A l'occasion d'un rassemblement public à Yozgat en Anatolie centrale, le président de la République Tayyip Erdogan a tenu des propos pour le moins polémiques sur les attentats en Belgique et la lutte contre le groupe terroriste du PKK (parti des travailleurs du Kurdistan) en Turquie.
 
«Qui sème le vent, récolte la tempête»
 
Erdogan avait déclaré, mercredi 23 mars, que l'un des kamikazes des attentats perpétrés à Bruxelles, Ibrahim el Bakraoui, avait été appréhendé à Gaziantep en Turquie et renvoyé aux Pays-Bas. Ankara avait également prévenu les Belges.

Quelques jours auparavant, le chef de l'Etat avait tancé les autorités belges qui avaient autorisé des sympathisants du PKK à dresser une tente arborée de drapeaux du groupe terroriste et de portraits de militants alors que le Premier ministre turc se trouvait dans la capitale belge pour discuter du plan des réfugiés avec les responsables européens.
 
«Nous, nous connaissons cela, nous avons payé le prix. Eux, ils ont laissé les membres d'une organisation terroriste dresser une tente où ils ont brandi leurs chiffons. Et vous avez vu ce qui s'est passé deux jours après ? Qui sème le vent, récolte la tempête. C'est dommage pour les victimes. Nous l'avons arrêté et envoyé, et ces messieurs ont remis le terroriste en liberté.

Et voilà, maintenant, rendez des comptes. Le terrorisme est un problème pour le monde entier. Inchallah, ils vont le comprendre», a-t-il lancé lors d'un meeting organisé à Yozgat, l'une des provinces qui compte le plus d'enfants du pays tombés en martyrs.
 
Le lendemain des attaques, deux journaux pro-gouvernementaux, Star et Yeni Akit, avaient déjà lancé en Une : "Le scorpion qu'ils ont nourri a fini par les piquer".
  
«Nous déplorons 300 martyrs, ils comptent dix fois plus de pertes»
 
«Nous déplorons 300 martyrs tombés lors des opérations dans toute la Turquie. Les terroristes comptent au moins 10 fois plus de pertes que nous», a constaté Erdogan avant d'ajouter : «J'embrasse la main de toutes les mères qui, face à la menace qui pèse sur notre peuple, notre drapeau, notre patrie, notre Etat, envoient leurs enfants en disant 'allez mon fils, soit deviens gazi [combattant blessé, vétéran] soit tombe en martyr».
 
La rupture du cessez-le-feu entre le PKK et l'Etat en juillet dernier a en effet entraîné la résurgence des attaques terroristes qui n'épargnent plus aucune région du pays. Les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), de la mouvance terroriste kurde, ont perpétré deux attaques-suicides à Ankara en février et en mars alors que le PKK continue sa «guerre urbaine» dans le sud-est du pays.
 
Demirtas accuse le gouvernement de «crime de guerre»
 
Selahattin Demirtas, le co-président du HDP (parti démocratique des peuples, gauche pro-kurde, vitrine politique du PKK) s'est rendu à Cizre dans la province de Sirnak pour constater les dégâts causés par les affrontements entre le PKK et les forces de l'ordre. «Mener des opérations avec des chars, des canons et des armes lourdes de l'armée contre des zones résidentielles où vivent des civils est un crime de guerre. C'est ce qui se passe à Cizre depuis des mois comme à Idil, Silopi, Sirnak, Gever et Nusaybin», a-t-il dénoncé.
 
 «Tout le monde doit bien savoir que notre peuple ne va pas mettre genou à terre face à la barbarie fasciste (…). Davutoglu doit le savoir, nous allons tout faire pour que tu sois jugé un jour devant la justice nationale ou internationale comme a été jugé et puni le boucher de la Bosnie», a-t-il lancé en direction du Premier ministre turc en rappelant le sort de Radovan Karadzic, le chef des Serbes de Bosnie, qui vient d'être condamné à 40 ans de prison pour le génocide de Srebrenica en 1995.
 
Erdogan accuse encore la «structure parallèle»
 
D'après le journal Hürriyet, Erdogan aurait confié à ses proches lors d'une réunion avec les cadres de l'AKP au palais présidentiel que ce qu'il appelle la «structure parallèle» serait à l'origine de l'amplification du nombre des soldats tués.
 
«Les policiers et gendarmes de la structure parallèle posent des problèmes dans le partage des renseignements, ils nous trompent», aurait-il dit. Un réflexe qui s'est transformé en tic chez le chef de l'Etat, qui avait axé sa campagne en faveur du système présidentiel sur la stabilité et la paix et qui se trouve gravement pris en défaut. 

zamanfrance.fr
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