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Environnement : Un jour, l’eau coulera à nouveau dans le désert du Sahara ...


Actu Mauritanie
Lundi 16 Novembre 2015 - 08:23

Ouest-France - À partir des images satellitaires d'un radar, des scientifiques ont découvert les traces d’un réseau de rivières en Mauritanie, dans les entrailles sahariennes. Sous les dunes du Sahara, se cache un réseau de rivières fossiles.


Environnement : Un jour, l’eau coulera à nouveau dans le désert du Sahara ...
Environnement : Un jour, l’eau coulera à nouveau dans le désert du Sahara ...
Après quatre années de recherches et d’interprétations, la collaboration d’une quinzaine de scientifiques de l’université de Bordeaux et de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) a découlé sur une découverte rafraîchissante : le Sahara n’est pas si désertique qu’on ne le pense.

En 2011, Francis Grousset, l’un des coauteurs de l’étude et directeur émérite de l’Observatoire aquitain des sciences de l’univers (Oasu), détecte des canyons sous-marins au large de la Mauritanie...

De son côté, Philippe Paillou, professeur à l’université de Bordeaux et chercheur au Laboratoire d’astrophysique de Bordeaux (Lab) travaille sur l’utilisation d’imagerie satellite pour détecter des anciens lits de rivières dans les déserts.

« On a donc décidé d’utiliser ces données pour faire un lien entre les canyons sous-marins et d’éventuelles rivières en Afrique de l’Ouest qui pourraient aboutir à ces canyons », raconte Philippe Paillou, qui signe, avec treize autres scientifiques, une étude sur le sujet publiée dans la revue « Nature communications », le 10 novembre dernier.

Une image radar du satellite ALOS de l’agence spatiale japonaise qui montre en contraste les anciens chenaux (traits brillants) des rivières qui rejoignaient la côte africaine pour se connecter au canyon sous-marin. Celles que l’on voit sur cette photo font environ 100 km de long. (Photo : AOS)
Deux mètres sous le sable
 
Grâce à un satellite doté de caméras à très haute résolution et de capteurs très efficaces, lancé en 2006 par l’agence spatiale japonaise (AOS), l’ensemble du Sahara a pu être cartographié. « J’ai fait l’acquisition de ces données auprès de l’agence spatiale japonaise. Ils ont des satellites radars en orbite autour de la Terre, révèle Philippe Paillou. Ces systèmes fonctionnent avec de grandes longueurs d’onde et permettent de sonder des zones très arides à deux mètres sous le sable. »

Aujourd’hui, dans le Sahara, ces zones souterraines sont difficilement visibles car elles sont recouvertes par « des sédiments et des couches de sable ». Les satellites de l’AOS sont extrêmement puissants. « Rien à voir avec les vues satellitaires de Google Earth qui sont du domaine du visible, précise l’astrophysicien. Les anciennes rivières que l’on a découvertes existaient quand le Sahara n’était pas un désert. »

Et la rivière fut !

Dans « le passé récent » du Sahara, il y a eu plusieurs périodes humides. « Dans le langage scientifique, on utilise l’abréviation AHP pour « African humid period ». Elles correspondent à des variations climatiques tout à fait naturelles dans l’histoire de la Terre. »

Dans les 200 000 dernières années, « il y a eu quatre ou cinq périodes plus humides au Sahara », détaille le scientifique. Durant ces périodes humides, il y avait de la végétation, des animaux… « On a même retrouvé des peintures rupestres dans des grottes, représentant des gens en train de nager dans des lacs et des rivières, à des endroits qui sont actuellement déserts », dévoile Philippe Paillou.

Le passé de la Terre est divisé en différentes périodes géologiques auxquelles les scientifiques ont donné des noms. Actuellement, la Terre est dans le quaternaire. L’époque précédente s’appelait l’holocène. « La dernière période humide dans le Sahara remonte à l’holocène, il y a 6 500 ans, précise le chercheur.

Ce n’était pas forcément une forêt tropicale mais suffisamment humide pour que les anciens systèmes hydrographiques aient été réactivés. Dans ces anciennes rivières, il y avait de l’eau qui coulait. Le Sahara n’a pas toujours été un désert. C’est en fait un désert relativement jeune. »
 
Des variations climatiques naturelles
 

Imaginer des lacs et des rivières dans le Sahara relève aujourd’hui du mirage. Pourtant, selon Philippe Paillou, « la dernière phase humide a duré quelques milliers d’années ». Et il n’y a rien d’exceptionnel à cela. « Ce sont des variations climatiques naturelles liées à une légère modification de l’orbite de la Terre autour du Soleil », souligne le scientifique.

Depuis des millénaires, le Sahel délimite la zone sèche et la zone plus humide de l’Afrique. Au nord du Sahel, le désert est roi et au sud, la savane reprend ses droits. « Si cette limite, qui fait la transition entre la forêt tropicale d’Afrique équatoriale et le désert, remonte plus au nord, les zones désertiques ne le seront plus », analyse le chercheur.

Ces variations climatiques sont périodiques. « Tous les 15 000 ou 20 000 ans, nous avons des changements climatiques, assure Philippe Paillou. De façon naturelle, sans intervention de l’homme, c’est possible, l’eau recoulera au Sahara dans le futur. »

Seul bémol à ces prédictions purement scientifiques : l’homme. « De nos jours, il y a ce facteur supplémentaire… L’activité humaine risque de perturber ce changement naturel et cyclique. » Et, potentiellement, d’empêcher que l’eau recoule un jour au Sahara.
 
 
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