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Environnement: Côtes rongées, mer qui monte


Société
Jeudi 26 Mai 2011 - 17:08

Les changements climatiques sévères dus à l'activité humaine, selon la majorité des scientifiques ne peut plus être considéré par nos autorités comme un débat lointain concernant les pays dits développés. Ses conséquences se présentent déjà aux côtes nouakchottoises par exemple.


Environnement: Côtes rongées, mer qui monte
S’il est encore difficile d’évaluer avec précision l’amplitude des impacts de ce changement climatique, le danger est en revanche déjà certain, particulièrement pour les pays en bord de côtes, comme la Mauritanie. Écosystèmes ravagés, variabilité climatique extrême, hausse du niveau des océans, etc.. Les premières victimes de ces catastrophes en chaîne sont les populations déjà vulnérables en Afrique sub-saharienne, en Asie centrale, du Sud Est ou dans de nombreux pays insulaires. La sécurité alimentaire, l’accès à l’eau ou à la terre sont gravement menacés et des centaines de millions de personnes risquent d’être poussées à l’exode, grossissant les rangs de ceux que l’on nomme les «réfugiés climatiques». Pour une ville comme Nouakchott, le principal risque résulte de la montée inexorable des eaux, qui fait craindre la disparition de quartier entier de la capitale.

Nouakchott directement menacé

Demba Marico, coordonnateur national du Projet Adaptation aux changements climatiques du littoral, avait déclaré, en novembre dernier, en marge d’une journée de communication sur les changements climatiques, que même sans les changements climatiques, il y a déjà un risque d’inondations de la ville de Nouakchott. «Une bonne partie de la ville s’est développée dans une zone de dépression qui est l’Aftout. Et quand les gens y construisent, il faut s’attendre a être inondé» déclarait-il déjà.
Les dernières précipitations survenues en août et septembre 2009 auront confirmé les craintes des spécialistes au sujet de sérieux risques de catastrophes naturelles dans les années à venir, sous formes d’élévations du niveau de la mer, d’érosion accrue des zones côtières, de destruction de la mangrove et d’inondations aux conséquences désastreuses.
La modification des courants côtiers marins due en grande partie à la construction du port, entraine une déstabilisation rapide du cordon dunaire côtier. Alors que paradoxalement s'intensifie l'urbanisation derrière ce cordon, dans une zone légèrement plus basse que le niveau de l'océan.


Le cadet des soucis de nos populations, et pourtant...

Pour beaucoup, les priorités sont ailleurs; on a déjà assez à faire avec la pauvreté et tous ses corollaires, les luttes politiques intestines, qui captent toute l'attention nationale, et tellement d'autres déboires. En ce sens, percevoir la crise climatique comme un problème abstrait, ne peut pas être vraiment reproché, au citoyen lambda, qui ne sait pas en ces temps de crise, si il arrivera à boucler sa fin de mois. Alors réfléchir à dans cinquante ans...
Pourtant, de ce côté du monde, nous sommes ceux qui paieront le prix le plus élevé de cette catastrophe que nous n'avons pas provoqué, et à laquelle, avec nos faibles économies sous-industrialisées nous ne participons même pas. Mais pourtant, ironie (encore) du sort, nous devons être de ceux qui doivent le plus y penser, car les effets les plus crus seront sur nos épaules. Le niveau des eaux prévus à la hausse, il n'est improbable, loin de là, de voir d'ici quarante ans, la côte nouakchottoise grignotée jusqu'à la Socogim plage. «Un scénario envisageable», selon un urbaniste de la direction de l'habitat.
Mamoudou Kane


              

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