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Entretien avec Nina Walet Intallou, chargée de l'éducation et de la formation dans le bureau politique du MNLA : "Quoi qu'il arrive, nous ne comptons pas dévier de la ligne indépendantiste"


Actualité
Mardi 1 Mai 2012 - 16:23

Anciennement 1ere adjointe au maire de la commune d'Essouk a Kidal, dans le Nord-Mali, Nina Walet Intalou, aujourd'hui réfugiée à Nouakchott, est l'une des figures de proue du mouvement politique du MNLA, créé en 2010, qui a récemment déclaré l'indépendance de l'Azawad. Une indépendance unanimement rejetée par la communauté internationale. Malgré tout, Walet Intalou ne désespère pas de voir un état indépendant de l'Azawad. Entretien.


Entretien avec Nina Walet Intallou, chargée de l'éducation et de la formation dans le bureau politique du MNLA : "Quoi qu'il arrive, nous ne comptons pas dévier de la ligne indépendantiste"
L'indépendance de l'Azawad est-elle définitivement acquise à vos yeux? D’autant plus qu’elle a été rejetée par les communautés africaine et internationale.

On se battra pour qu’elle soit acquise. Rien n’est définitif en ce bas monde, même un rejet de la communauté internationale. Ça peut prendre un mois, un an, une décennie, mais c’est le but.

Vous êtes en négociations avec les autorités maliennes, par rapport à la crise au Nord ; négociations qui ont en partie lieu à Nouakchott…

Là les autorités maliennes ont pris contact avec nous à travers Tiéblé dramé, le chef de cabinet de Dioucounda Traoré (président par intérim du Mali- ndlr). A ce stade, les deux parties ont en commun de trouver une issue à la crise ; mais quelle qu’elle soit, elle ne se fera pas au détriment de cette indépendance proclamée.

Beaucoup évoquent une sortie de crise plus réaliste avec une autonomie renforcée, éventuellement un système fédéral…

Comme je vous l’ai dit déjà, nous ne comptons pas dévier de la ligne indépendantiste.

La junte d'Amadou Sanogo vient de rejeter les conclusions des négociations avec la CEDEAO, et refuse une transition de douze mois. Les soubresauts politiques à Bamako peuvent-ils influer sur les négociations ?

On veut la paix et le bien-être pour le Mali qu’on considère aujourd’hui comme un voisin. Et comme tout voisin on ne peut lui souhaiter que du bien. En ce sens, un gouvernement stable et une Constitution appliquée ne pourra aller que dans cette direction. C’est donc important pour nous aussi, et ça nous touche forcément. Mais ça reste une affaire interne malienne, qu’eux seuls peuvent régler. Ceci dit, cela n’influera donc pas sur les négociations en cours. L’essentiel étant que l’on respecte et applique le droit des azawadis à disposer d’eux-mêmes.

Comment percevez-vous la présence de groupes armés terroristes dans le nord, notamment à Tombouctou, qui y appliquent la Charia?

L’Azawad a toujours été un territoire de tolérance, particulièrement Tombouctou, dont il est inutile de rappeler le rôle historique, culturel et commercial en Afrique de l’Ouest, et qui est reconnu comme patrimoine mondial de l’humanité. Nous n’apprécions pas l’intrusion des terroristes en Azawad, et en temps voulu nous les ferons quitter le territoire.

Après le MNLA, le FNLA, Ansar Edin, des tentacules d'AQMI... Qui contrôle le nord finalement?

Jusqu’à preuve du contraire c’est le MNLA qui contrôle l’essentiel du territoire. Et dans notre récente déclaration faite à Gao (13 avril- ndlr) , nous avons appelé tous ceux qui n’étaient pas membres de l’armée, et qui ne font pas partie de l’Azawad, de sortir du territoire. Pour ceux qui rejetteraient cette injonction, leur désarmement par tous les moyens sera engagé. C’est un avertissement déjà émis par le chef des armées du MNLA, Mohamed Ag Najim et toute la classe politique azawadie.

Entretien avec Nina Walet Intallou, chargée de l'éducation et de la formation dans le bureau politique du MNLA : "Quoi qu'il arrive, nous ne comptons pas dévier de la ligne indépendantiste"
Quelle est la position des autres ethnies composant le nord également, à savoir les Songhai, les arabes et les Peulhs entre autres par rapport à vos revendications?

99% de toute la population de l’Azawad est derrière les revendications du MNLA, qui en fin de compte réclame les moyens de développer ce territoire laissé à son propre sort. C’est leur territoire aussi. Les déclarations de soutien de grands chefs et notables de Hombori vont dans ce sens. Et l’assassinat aussi du chef de ce village, par l’armée malienne, Moussa Balogo Maiga* : Son fils par la suite a déclaré son accord pour la quête d’indépendance de l’Azawad. Quant aux peulhs, la plupart de leurs cadres étaient à la réunion du Congrès du mouvement à Gao en avril. Tous les enfants de l’Azawad tendent vers le même objectif de l’indépendance totale de leur territoire, sans distinction de couleurs ou de cultures. L’Azawad n’est pas qu’une terre des touaregs, mais aussi des songhais, des peulhs, des arabes.

Les réfugiés continuent d'affluer dans les pays frontaliers du Mali, notamment en Mauritanie. Quelle est leur situation aujourd'hui?

Les pays voisins, notamment la Mauritanie, ont beaucoup aidé, à travers notamment des appels de fonds, qui ont été entendus. Aujourd’hui, sur le terrain, les réfugiés sont aidés, mais les efforts doivent être multipliés ; et éviter les tiraillements notamment entre le PAM et le HCR, qui freinent l’efficacité de l’aide sur le terrain. Trois millions d’euros d’aide ont été débloqué par le HCR pour ces réfugiés, mais l’aide peine à être concrète et régulière. Un enfant meurt chaque jour dans ces camps ; ces institutions doivent se rappeler pourquoi elles existent.

Propos recueillis par MLK

* Samedi 18 février 2012, Des combattants du MNLA ont attaqué deux localités situés dans la région de Mopti. A Hombori, ils ont attaqué la gendarmerie. Moussa Balogo Maiga, chef du village aurait été tué, peut-être par méprise, les rebelles cherchant en réalité le chef de la gendarmerie. Le MNLA avait réfuté à l’époque cet assassinat en déclarant dans un communiqué que “le chef de village de Hombori a été assassiné par les services de la gendarmerie malienne pour renforcer sa campagne de désinformation et d’intoxication”.
Mamoudou Kane


              

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