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Noorinfo

Entretien (à peine imaginaire) avec Mohamed Ould Abdel Aziz : « Parler est bien plus criminel que tuer ! »


Lu sur le web
Mercredi 7 Octobre 2015 - 00:00

C’est dans un discret complet violet clair, en demi-saison, que le président de la République arrive à l’entretien. Alors que la Mauritanie est à Genève pour promouvoir les droits humains en Mauritanie, et à Milan pour attirer les investisseurs, qu’une crise sanitaire sévit à Nouakchott, et que les écoles privées sont fermées toutes, le chef de l’état réagit aux grognements civiques de plus en plus perceptibles en Mauritanie. Entretien exclusif avec le Président de la République Islamique de Mauritanie !


Mohamed Ould Abdel Aziz. Crédit : DR
Mohamed Ould Abdel Aziz. Crédit : DR

Monsieur le Président, vous venez de gracier des criminels que la justice avait reconnus coupables de leurs crimes, dont deux violeurs ; parallèlement, Birame Ould Abeid, et son adjoint à l’IRA, n’ont pas bénéficié d’une telle grâce alors que leur seul « crime » est d’avoir manifesté, qui plus est pacifiquement. Vous n’y voyez rien d’incohérent ?

(Rictus) Quelle incohérence y-a-t-il à punir les ennemis de l’unité nationale ? Les violeurs au moins ne causent du mal qu’à quelques victimes, et ne mettent pas en danger les fondations de mes maisons… euh pardon ! De ma mission de chef de l’état ! Dans cette circonstance, parler est bien plus criminel que tuer ou violer.

Vous concédez l’absence de certains droits humains alors ?

Je ne concède rien du tout.

Vous parlez d’unité nationale. On n’a pas l’impression que c’est une volonté de votre action politique quand on observe votre garde militaire, administrative, intellectuelle et culturelle… Vos nominations également.

Toutes celles et tous ceux qui travaillent pour le pays à mes côtés sont les plus qualifiés c’est tout ! Il n’a jamais été question de leur appartenance communautaire ou tribale. Qu’y puis-je s’il s’avère a posteriori qu’ils sont tous maures !

Mais vous avez démis Sidi Ould Raïs de ses fonctions de gouverneur de la BCM, pour faute grave, avec l’éviction de l’agrément bancaire octroyé à Mogueya ! Juste après vous le nommez au MAED… Est-il si compétent et honnête ? Il n’y avait personne d’autre à part lui ?

Sidi Ould Raïs est un commis de l’Etat. Il a une dernière commission à faire au MAED. N’oubliez que nous sommes dans une année particulièrement difficile où beaucoup d’argent va entrer pour le pays. Cet argent doit aller où il doit aller… (CQFD – ndlr). Sa présence garantit que les choses se dérouleront comme je l’entends.

Le dialogue politique semble encore, comme à chaque tentative, être déjà au point mort. Que peut-on en espérer ?

C’est une question que vous devriez poser à l’opposition ! Ce sont eux qui boycottent le dialogue, les élections, et mes appels consensuels et fraternels à enterrer la hache de guerre.

Mais quand vous décidez unilatéralement de fixer la date et les conditions du dialogue, on peut comprendre leur scepticisme sur votre volonté d’être consensuel…

(Enervé) Ecoutez, que veulent ces gens de l’opposition ? Déstabiliser le pays. Quand on refuse systématiquement le dialogue, c’est qu’on a quelque chose à se reprocher. Ma porte leur est toujours grande ouverte, quand ils souhaiteront vraiment le dialogue.

Vous avez acquis des terres près de Thiambène, après Rosso, largement aménagé par des agronomes hollandais. Vous vous êtes découvert une fibre d’agriculteur ?

Je suis un agriculteur dans l’âme. Et en tant que citoyen j’ai le droit d’investir également.

Avec votre argent propre ?

(Menaçant) Vous frisez l’insolence jeune homme…

Sur les terres arables justement : Quels commentaires faites-vous sur ces surfaces arrachées aux communautés autochtones, notamment à Dar El Barka et Thiambène, au profit de puissants hommes d’affaires locaux, ou de pays du Golfe Arabe ? Vous ne craignez pas d’accentuer l’incompréhension de ces communautés vis-à-vis de cette unité nationale que vous clamez si fort ?

On ne peut pas éternellement se prévaloir de la terre de ses ancêtres, sans pour autant le cultiver, et sans acquérir de documents officiels le justifiant !

On peut leur accorder un moratoire, et rendre à l’UNCACEM toutes ses prérogatives, de financer les coopératives agricoles, communautaires et familiales…

L’UNCACEM a vécu, et l’état n’est pas là pour subventionner les agriculteurs.

Euh… Si justement ; c’est ce que la plupart des pays font…

Ecoutez nous sommes dans une économie libérale ; il faut croire en l’individu et sa volonté de s’en sortir.

Vous étiez sensé présenter votre patrimoine à votre entrée à la Présidence. On ne sait toujours pas l’étendue de vos avoirs à ce moment. Pourriez-vous brièvement évoquer ici ….

(Il coupe d’un revers de main) Les mauritaniens ne sont pas curieux de cela ! Ce sont des détails ! Ce qui importe aux mauritaniens c’est l’économie, l’emploi, la santé, et l’éducation de leurs enfants. Elevons le débat !

Parlons de santé : une psychose a pris les habitants de Nouakchott ; on évoque tout à la fois la Dengue, la fièvre du Rift, et même Ebola. Face à cela, les autorités au minimum nient la crise, au maximum sont dépassées. De quoi s’agit-il en réalité ?

Hem ! (il se racle la gorge). Ne soyons pas alarmistes : il s’agit de quelques cas de fièvres et…

… Mais il y a eu des morts tout de même !

Laissez-moi finir ! Il s’agit de quelques cas de fièvres ; certains hémorragiques. C’est la fièvre du Rift ; nous avons connu quelques cas ces dernières années. Les autorités compétentes communiqueront dessus dans les jours à venir.

Sur l’éducation : les informations sont contradictoires, même du ministère de l’éducation, sur les raisons de la fermeture des écoles privées en Mauritanie. On parle de dérogation nécessaire à l’enfant, à d’autres écoles on prétexte l’épidémie de fièvre, et encore à d’autres on parle de politique structure liée au calendrier national… On s’y perd ; on vous accuse même de vouloir créer vos propres écoles !

Il s’agit juste de mesures préventives liées à l’éruption d’une épidémie de fièvre…

… Vous reconnaissez ainsi l’existence d’une épidémie ?

Non ; je me suis mal exprimé. Tout au plus quelques cas, mais on n’est jamais trop prudent n’est-ce pas ?

Mais s’il s’agit de cela, et même si le cas de la dérogation se présentait, les écoles française et américaine doivent être fermées également, ou au moins les enfants mauritaniens, pour la plupart enfant d’une certaine « élite » mauritanienne… Je crois savoir qu’un de vos enfants se trouve au lycée français…

Ces écoles sont sur sols diplomatiques ; nous n’y avons pas autorité.

N’estimez-vous pas que la politique d’état pour l’éducation nationale est un échec, d’où le succès de ces écoles ?

Cette année est l’année de l’éducation. On va redresser la situation.

Comment ?

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Source: Mozaikrim

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