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Entreprises de sécurité: ça bouge dans le secteur


Economie
Mardi 21 Juin 2011 - 16:11

Spynet racheté par MSS, G4S qui développe son offre de services, un amendement controversé sur le port d'armes... Quatre ans après l'arrivée du leader mondial de la sécurité en Mauritanie, les choses bougent, la concurrence fait rage dans un secteur de plus en plus en effervescence, même si la désorganisation du secteur est décriée.


Un garde de G4S, l'an passé à Akjoujt
Un garde de G4S, l'an passé à Akjoujt
Une concurrence féroce- A son arrivée en Mauritanie il y a 4 ans, le leader mondial de la sécurité, G4S a raflé quelques gros contrats, dont le plus important, en Mauritanie, la surveillance des sites d'extraction de la mauritanian cooper mines (MCM). Elle a forcé certaines sociétés du secteur à repenser leur stratégie d'expansion, comme l'ancienne Mauritano suisse de sécurité (MSS) devenue la mauritanienne de services de sécurité, qui a racheté l'an passé Spynet, l'autre grosse société de surveillance mauritanienne. Quelques semaines après cette fusion qui fait de MSS la première société de gardiennage mauritanienne, elle acquérait le contrat de la MCM, après avoir récupéré la plupart des points de garde qu'occupait Spynet. «La perte du contrat de sécurité avec MCM (compagnie d'extraction minière canadienne- ndlr) a été un coup dur pour nous, mais ça nous a mené à repenser notre stratégie locale, et le développement de nouveaux services. Avant la fin de cette année, nous proposerons nos services de transport et traitement (tri des billets, comptage, programme qualité- ndlr) de fonds.» explique Danny Troch manager général de G4S Mauritanie. Des coûts importants d'investissement en perspectives, au vu de la formation du personnel, d'un centre de tri nécessaire, et des fourgons de transport. «Mais le jeu en vaut la chandelle, car nous comptons mener une féroce concurrence sur la qualité, et pas sur les prix.» assure, optimiste, le manager de G4S.

«Éviter la spirale de la violence»- Ces changements annoncés au niveau des services, particulièrement le transport de fonds, a mené le législateur à proposer le port d'armes pour les sociétés de gardiennage, «conformément à la réglementation en vigueur». Mais cette réglementation est inexistante dans le cadre des sociétés de sécurité. Ces amendements, selon certains acteurs du secteur, vont bouleverser beaucoup de choses, et pas forcément dans le bon sens. «Je suis résolument contre le port d'armes. Même si on peut faire état de situations spécifiques où cela peut s'avérer nécessaire.» argue Danny Troch.
«Depuis que je suis en service à G4S, six fois seulement mes hommes ont fait usage de leurs armes à feu, et ce fut à chaque fois pour se suicider. Et les politiques doivent garder en tête que les armes à feu font entrer dans une spirale dangereuse et incontrôlable de violence» continue-t-il. Surtout qu'un vide juridique existe quant aux critères de sélection des gardes à armer. «La formation, l'édition de règles strictes, de critères de sélection, d'évaluations psychologiques, préalables au port d'armes devraient être clarifiées, or on n'a rien de tout cela dans la loi proposant ces nouveaux amendements.» insiste-t-il.
Des chancelleries occidentales ont déjà fait savoir, qu'elles n'accepteraient pas d'être gardées par des éléments armés de sociétés privées.

Agent de sécurité de la Mauritanienne de services de sécurité (MSS)
Agent de sécurité de la Mauritanienne de services de sécurité (MSS)
Civils ou militaires?- Quant à l'embauche obligatoire d'anciens de l'armée ou des forces de sécurité stipulé par l'article 9, et amendé dans la loi régissant le secteur, le manager de G4S évoque la valeur intrinsèque de chaque employé lié à toute société de gardiennage. «Le débat devrait être axé sur la qualité des services proposés par les sociétés de sécurité. Et non pas exclusivement sur le port d'armes ou le recrutement d'ex-militaires, qui ne sont pas forcément toujours compétents d'ailleurs. C'est en ce sens que nous sommes plutôt favorable au niveau de G4S pour un mixage entre jeunes dynamiques, avec un potentiel, et d'anciens militaires confirmés.» dit-il.

Mais la plupart des sociétés de surveillance sont favorables à leur gestion par des anciens de l'armée ou de la sécurité. Mohamed Ould Ahmed, directeur général de EAV Services, ancien patron de Spynet: «Jusqu'à présent, la plupart des sociétés étaient gérées par des civils. Une coordination dont nous sommes membres, a réussi par un intense lobbyisme, à maintenir l'amendement qui stipule que la gestion des sociétés de sécurité devait être le fait d'anciens de l'armée ou de la sécurité.»

Le terrorisme régional a mené à réfléchir sur l'augmentation et la préférence de mesures physiques et électroniques, telles que les bio-scanners, les portiques de sécurité, la biométrie
Le terrorisme régional a mené à réfléchir sur l'augmentation et la préférence de mesures physiques et électroniques, telles que les bio-scanners, les portiques de sécurité, la biométrie
Un secteur sans réelle réglementation- Onze sociétés de gardiennage sont membres de l'union des sociétés de gardiennage (USGA). Parmi ces onze sociétés, quatre sont réellement visibles dans la nature. Le reste, comme pour les associations, ou certains partis politiques, sont assimilés par certaines de ces sociétés, à des «sociétés-cartables».
La qualité au niveau des sociétés de gardiennage et de sécurité manquerait donc, du fait de l'ouverture de ce secteur à n'importe qui. «Sans assurance, sans formation, on voit des sociétés se monter, sans charte professionnelle.» explique un conseiller désabusé sur la question, au ministère de l'intérieur, qui n'est plus le tuteur de ce secteur, au profit de la direction générale de la sureté nationale (DGSN).
Cette carence professionnelle est prolongée en Mauritanie par le défaut de formation agréée par l'État, comme il est d'usage partout dans le monde. «Le secteur doit être régulé et contrôlé» assène le conseiller, d'autant plus si des autorisations de port d'armes doivent être distribuées.

Les rapports avec la police, garant de la sécurité publique, ne sont toujours pas explicités par les textes. Ce qui pose régulièrement au quotidien des problèmes pratiques. «Prenez l'exemple de la devanture d'une banque de la place, que nous gardons. Nous expulsons régulièrement les vendeurs qui la squattent mais la police les autorise ensuite à y revenir et y rester. Ils disent souvent de ne pas marcher sur leurs plates-bandes.» s'amuse Mohamed Ould Ahmed.

Mamoudou Lamine Kane
MLK


              

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