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Énergie: 2012 pour relancer la SOMELEC?


Economie
Dimanche 16 Octobre 2011 - 16:21

L'année 2011 a montré les limites de la production énergétique de la SOMELEC avec les coupures régulières de courant dans les quartiers périphériques, et le matériel de plus en plus vétuste. Des raisons de plus en plus évidentes pour prendre le train des énergies renouvelables, dont le pays ne manque pas, selon la plupart des spécialistes.


Montage d'un panneau solaire
Montage d'un panneau solaire

Bien que le soleil y soit beaucoup plus généreux en surface que le pétrole récemment découvert en haute mer, la Mauritanie tarde à se mettre aux énergies renouvelables, en particulier le solaire, déplorent de jeunes chefs d'entreprises mauritaniens, dans la branche de l'énergie. «Nous pouvons produire toute l'énergie dont nous avons besoin dans la journée avec le solaire» assure un jeune cadre de la SOMELEC, pressé que les choses changent. Mais à part des initiatives familiales individuelles, notamment en milieu rural, l'introduction de l'énergie solaire dans le pays reste extrêmement négligeable.

Même au niveau domestique, on ne voit quasiment pas de chauffe-eau (un des plus gros «mangeurs» d'énergie) solaires alors qu'ils sont nombreux dans les pays méditerranéens. «Le marché ouest africain en général, bouge très lentement. Ils vont dans la bonne direction mais c'est un processus très lent», déclare John Owen, de la compagnie grecque SOLEUAE and MIDLAND Trading, venu en exploration à Nouakchott, et dans la sous-région vanter les mérites de deux types de chauffe-eau solaires. Selon lui, si ces équipements, dont l'achat est rentabilisé en quatre ans, ne sont pas plus utilisés dans la région, c'est parce que les autorités locales ne les ont pas rendus obligatoires, comme c'est le cas en Grèce depuis 1972. Le coût du chauffage de l'eau peut sembler marginal dans la facture énergétique d'un pays. Mais un chauffe-eau électrique de 200 litres consomme environ trois kilowatts. Avec le solaire, on «économise à large échelle une énorme quantité d'énergie» ajoute-t-il.


Eolienne à Hayré Law
Eolienne à Hayré Law

Sortir de la dépendance à l'énergie thermique

La barre du prix du baril de Brent à 114,68 depuis quelques jours, le yo-yo des prix du pétrole a montré qu'on devait sortir d'une trop forte dépendance à l'énergie thermique. Et le palliatif du barrage de Manantali n'est pas la panacée. «Indéniablement la structure de la production de la SOMELEC pèse lourd dans le bilan quand, comme l'an passé, le barrage de Manantali a produit à peu près 75% de ce qu'il devrait produire en raison d'une pluviométrie régulièrement déficitaire. Cela se ressent sur les résultats de fourniture d'énergie électrique» explique Mamadou Kane, Directeur de l'électricité au ministère de l'hydraulique et de l'énergie.

Dans le cadre de la réforme des secteurs de l'eau, de l'assainissement, et de l'énergie initiée par la déclaration de politique sectorielle de 1998, la SOMELEC devait être privatisée après que les activités de fourniture d'eau et d'assainissement d'une part, et d'électricité d'autre part, aient été séparées. Durant toute cette phase de privatisation, qui n'a jamais abouti, les investissements ont été gelés, notamment certains d'entre eux portaient sur la réalisation de chantiers expérimentaux solaires et éoliens. Et face à ses propres difficultés financières, liées entre autres à des difficultés de recouvrement de factures, les perspectives d'évolution de la société sont restées en friche.

La privation échouée de 2002 qui aurait pu lui permettre de s'agrandir n'est plus perçue comme l'ultime solution aux difficultés de l'institution. Sans y avoir renoncé formellement, l'État ne semble plus en faire un objectif. Il est probable que les bailleurs de fonds qui l'imposaient comme conditionnalité ont été échaudés par les expériences sénégalaise et malienne, et sont revenus à des positions plus réalistes. Il est toutefois envisagé, dans le cadre de la restructuration de l'entreprise publique entamée par l'État, que de nouvelles pistes testées dans d'autres pays soient explorées, pour introduire plus d'efficacité dans le comptage, la relève et le recouvrement des factures d'électricité.

«Entre la privatisation, dont les résultats des expériences dans les pays voisins démontrent que ce n'est pas la panacée, et le tout-public, il y a des chemins intermédiaires qu'il convient d'étudier sérieusement» conclut M. Kane.

Mamoudou Lamine Kane

Mamoudou Kane


              

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