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En Chine, un groupe armé attaque la foule dans une gare : 29 morts


Lu sur le web
Dimanche 2 Mars 2014 - 15:40

C’est un événement sans précédent en Chine : un groupe d’individus vêtus de noir et munis d’armes blanches a attaqué samedi soir la foule dans la gare de Kunming, capitale du Yunnan, dans le sud-ouest du pays, faisant 29 morts et plus de 130 blessés. Les autorités chinoises ont accusé des éléments de la minorité ethnique Ouïgour d’être responsables de la tuerie non revendiquée.


Les corps des victimes dans la gare de Kunming samedi 1er mars (via Weibo)
Les corps des victimes dans la gare de Kunming samedi 1er mars (via Weibo)

Les images de la tuerie qui ont été diffusées sur le réseau social Weibo sont atroces : des corps mutilés et des flaques de sang sur le sol de la gare, des bagages jetés en vrac, signe de la panique qui s’est emparée d’une foule de passagers. La tuerie a duré 12 minutes, selon les autorités.


Les corps des victimes dans la gare de Kunming samedi 1er mars (via Weibo)

Selon les témoins, les agresseurs, qui auraient été au nombre de huit, dont six ont été tués et un -une femme- a été capturé, étaient tous vêtus de noir, et portaient des couteaux dont certains étaient longs comme des machettes. Ils ont poursuivi des passagers dans les couloirs de la gare.

Attentat venu du Xinjiang ?

Quelques heures après l’attaque, les autorités ont annoncé qu’il s’agissait d’un « acte terroriste », et ont mis en cause des Ouïgour, la minorité ethnique musulmane du Xinjiang, la région ouest de la Chine, en résistance contre Pékin. Sur Weibo, les internautes ont accusé ouvertement les Ouïgours dès que l’attaque a été connue.

Si cette piste était confirmée, ça serait la première opération de Ouïgours en dehors du Xinjiang ou de la capitale chinoise Pékin, déjà le théâtre d’attaques, comme la voiture pleine de bidons d’essence qui s’est jetée sur l’entrée de la Cité interdite, place Tiananmen à Pékin, en novembre dernier.

Kunming est situé à des milliers de kilomètres du Xinjiang et aucun lien particulier n’unit ces deux provinces chinoises. Les raisons du choix de la cible ne sont donc pas claires.


Les secours dans la gare de Kunming, au milieu des corps des victimes (via Weibo)

Sur les réseaux sociaux, des scènes de détresse comme la photo de cette femme, dont le mari est mort dans l’attaque, et qui recherche son fils. Son appel a été retweeté plus de 10 000 fois.


En Chine, un groupe armé attaque la foule dans une gare : 29 morts
LE XINJIANG

Grand comme trois fois la France, riche en pétrole et en gaz, le Xinjiang est situé, comme le Tibet, aux marches de l’empire chinois, et a un peuplement différent de la majorité Han qui constitue le socle de la Chine.

Située aux confins de l’Asie centrale, cette province, aussi appelée Turkestan oriental à certains moments de son histoire, est au coeur de la route de la soie, la grande voie de commerce et de circulation du premier millénaire, et, à ce titre, objet de convoitises.

Reconquis par les troupes de Mao dès son arrivée au pouvoir en 1949, le Xinjiang a fait l’objet d’une politique de peuplement à partir du reste de la Chine qui est au centre du ressentiment des Ouïgours. Ceux-ci sont devenus mioritaires au sein des quelque 20 millions d’habitants de la province et se sentent dépossédés de leur terre et de leur culture.

Une partie de la résistance Ouïgour à la politique chinoise a choisi une voie violente, liée à l’islam radical. Une autre tendance est restée politique et non violente, mais se heurte à l’indifférence du reste du monde, à l’opposé du Tibet qui bénéficie de l’aura du dalai lama.

 
Source : Rue89
Mamoudou Kane


              

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