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En Centrafrique, à Bossangoa, la peur s’est emparée de la population


International
Mardi 17 Septembre 2013 - 09:52

Depuis plus d'une semaine, le nord de la République centrafricaine s'est embrasé. Des dizaines de villages ont été brûlés, soit par les soldats de la Seleka, la coalition au pouvoir, soit par des groupes d'auto-défense qui les harcèlent.


Habitants de Bossangoa, République centrafricaine (archive). AFP PHOTO/LIONEL HEALING
Habitants de Bossangoa, République centrafricaine (archive). AFP PHOTO/LIONEL HEALING
Selon les premiers bilans, les violences ont fait au moins cent morts dans la région de l'Ouham. Les groupes armés qui opèrent dans la région n'hésitent plus à s'attaquer à la population civile. La ville de Bossangoa, coupée du monde, est sous haute tension. Le conflit, politique au départ, attise les tensions entre les chrétiens et la minorité musulmane. Chaque communauté vit désormais regroupée dans un coin de la ville et compte ses morts.
 
Machettes et fusils en mains et gri-gri sur le torse, ils sont quelques dizaines à s’approcher de la route au passage du convoi humanitaire. Des combattants en guenilles qui n’hésitent pas à demander au personnel des Nations unies et à leur escorte, armes et munitions. Encadrés par des mercenaires, proches de François Bozizé, ces paysans ne cachent pas leur admiration pour le président déchu : « Bozizé oui, oui, oui. Ca, c’est les rebelles de Bozizé. La Seleka ça ne marche pas ».
 
Depuis une dizaine de jours, ces miliciens multiplient les embuscades contre les troupes fidèles au pouvoir de Bangui et n’hésitent plus à cibler les villages musulmans des environs. A une dizaine de kilomètres, le convoi s’arrête alors dans un hameau aux maisons calcinées et encore fumantes.
 
Les soldats et les humanitaires sous le choc
 
Des rues désertes dans un premier temps, puis des dizaines de femmes et d’enfants sortent de la brousse en pleurs. Le village a été ciblé trois heures plus tôt par un groupe armé. Les humanitaires et les soldats de l’escorte sont sous le choc en découvrant la tuerie : « Six corps au total. Il y a un blessé sur place. C’est trop horrible », racontent-ils.
 
Sur les cinquante derniers kilomètres jusqu’à Bossangoa, le moindre bruit de moteur suffit à faire fuir les habitants : « On a peur. Est-ce que vous avez vu beaucoup de personnes dans le village ? Ils sont au bord du champ dans un endroit bien caché ». Des villageois terrés, démunis et abandonnés, également pris pour cible. La plupart des travailleurs humanitaires qui leur venaient en aide ont préféré quitter la zone.

Source : RFI
Mamoudou Kane


              

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