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Ely Ould Mohamed Vall sur RFI: «Nous souhaitons pour notre pays un changement en douceur»


Actualité
Mercredi 28 Novembre 2012 - 20:00

En Mauritanie, le président Mohamed Ould Abdelaziz est de retour après 40 jours de traitement médical en France. Il est rentré samedi dernier à Nouakchott avec la ferme volonté de reprendre les commandes. Mais pendant son absence, l'opposition a dénoncé un vide politique. Ely Ould Mohamed Vall est l'une des figures de cette opposition. De 2005 à 2007, il a gouverné le pays.


Ely Ould Mohamed Vall sur RFI: «Nous souhaitons pour notre pays un changement en douceur»
RFI : Ely Ould Mohamed Vall, depuis plusieurs semaines, vous réclamez la mise en place d’un régime de transition à Nouakchott. Mais avec le retour du président, est-ce que votre demande n’est pas devenue caduque ?
 
Ely Ould Mohamed Vall : D’abord, je voudrais rectifier votre question. Ce n’est pas depuis quelques jours. Je pense que depuis le coup d’Etat en 2008, je n’ai cessé de dire que ce coup d’Etat ne mènera nulle part la Mauritanie. Et ce que nous vivons aujourd’hui, c’est la continuité de ce coup d’Etat. Et par conséquent, la situation d’aujourd’hui ne change rien à cette situation. Elle l’aggrave certainement. C’est un élément d’aggravation, mais elle ne change fondamentalement rien au problème fondamental du pays.
 
Donc, pour vous, la situation est encore plus grave depuis l’accident du 13 octobre. Mais le président est resté à l’extérieur du pays pendant quarante jours sur un lit d’hôpital et l’armée n’a pas bougé !  N'est-ce pas la preuve que le régime est solide ?
 
Je ne pense absolument pas du tout, et personnellement, je ne souhaite absolument pas du tout un changement dans la violence. Ce que nous souhaitons pour notre pays, c’est un changement en douceur. C’est un changement politique, consenti mutuellement par toutes les forces politiques, une solution consensuelle.
 
Et je pense que ne pas aller vers cette direction aujourd’hui, c’est ça qui risque, demain ou après-demain, de créer une autre situation qui est une situation de violence à la libérienne, ou à la malienne, ou à la somalienne. Et si on ne trouve pas une solution politique à notre pays, les risques – de jour en jour – s’amplifient dans cette perspective-là.
 
Donc, ce que vous dites c’est que s’il n’y a pas de gouvernement d’union nationale, il y a un risque putschiste ?
 
J’ai dit qu’il faut une solution consensuelle, dans une période de transition, jusqu’à l’aboutissement d'élections crédibles, justes.
 
Quand vous comparez avec le Liberia ou le Mali, vous voulez dire qu’un putsch est toujours possible, aujourd’hui à Nouakchott ?
 
S’il n’y a pas une solution politique, il y aura une solution. Et cette solution ne pourra venir que par la violence.
 
Mais nécessairement, depuis que le président est rentré à Nouakchott, il peut plus facilement reprendre la main. Est-ce que ce risque putschiste ne s’éloigne pas ?
 
Mais la personne dont vous parlez était à Nouakchott avant ! La crise était là ! Et il n’y a rien de changé ! Sauf qu’aujourd’hui, le pays est plus fragilisé par cette situation d’après le 13.
 
D’après l’accident du 13 octobre ?...
 
Après l’accident du 13 octobre, le pays est encore plus fragilisé. C’est tout. Mais la crise était là. Le retour de la personne ne change absolument rien à la situation du pays !
 
Ely Ould Mohamed Vall, vous avez un passé prestigieux. Vous êtes l’homme par qui la démocratie et la liberté de la presse sont arrivées en Mauritanie en 2005. Mais vous n’avez pas de parti. Est-ce que vous n’êtes pas un homme seul ?
 
Absolument pas, du tout ! Et, jusqu’à présent, j’ai préféré garder mon indépendance totale par rapport, à la fois au parti, par rapport à toute forme organisée, parce que je pense que c’est la meilleure façon de maîtriser mes idées, ce que je pense pour le pays. Créer un parti pour s’associer avec d’autres partis, ça c’est la chose la plus facile et elle peut être faite à tout instant.
 
La semaine dernière, lors d’un meeting de l’opposition à Nouakchott, vous avez dit que le régime vivait ses derniers jours d’agonie. Vous avez eu des mots durs contre l’homme avec qui vous avez pris le pouvoir en 2005 ! Est-ce parce que vous avez le sentiment qu’il vous a trahi en 2008 ?
 
Non ! Je pense que ce qui s’est passé en 2008, ce n’est pas moi qui ai été trahi. C’est la Mauritanie qui a été trahie. Moi, j’ai quitté le pouvoir de façon volontaire, comme vous le savez, en avril 2007, et 2008, ça a été la trahison pour tous les Mauritaniens ! Et moi, je ne suis qu’un Mauritanien parmi tant d’autres, qui se sont sentis, effectivement trahis, et ce n’est pas une affaire personnelle.
 
Est-ce que vous avez parlé avec Mohamed Ould Abdelaziz depuis son accident du 13 octobre ?
 
Je n’ai jamais parlé avec ce monsieur depuis le changement de 2008. Une seule fois, je crois, le lendemain du putsch.
 
Avez-vous rendu visite à sa famille, depuis le 13 octobre ?
 
Non ! Je n’ai absolument pas eu de contact à titre personnel, ni avec sa famille, ni avec lui, parce que toute autre attitude aurait été interprétée comme étant une main tendue. Or, pour moi, toute main tendue doit être dans la perspective d’une solution politique, qui est demandée aujourd’hui par tous les Mauritaniens.
 
Alors il n’empêche, vous êtes cousin, vous avez été très proches, vous avez risqué votre vie ensemble, cette nuit du putsch du mois d’août 2005. Ça ne crée pas des liens ça ?
 
Ecoutez… J’ai risqué ma vie en 1978 !J’ai risqué ma vie le 12 décembre 1984 ! J’ai risqué ma vie entre 2005 et 2007 ! Mais à chaque fois pour une cause que j’estimais juste, et à partir du momentoù elle devie de sa justesse, je ne suis pas prêt à aller avec ceux qui l’ont déviée de ses objectifs. Et la question est là ! Elle n’est pas ailleurs !
 
Le 20 octobre dernier, Mohamed Ould Abdelaziz a été reçu à l’Elysée par François Hollande. Est-ce que ce n’est pas la preuve, qu’en cette période de lutte anti-terroriste dans le nord du Mali et au Sahel, ce régime mauritanien que vous dénoncez est soutenu par la communauté internationale ?
 
Je pense que la communauté internationale, aujourd’hui, devrait regarder à deux fois avant de réfléchir de cette manière. Ce qui est extrêmement dangereux aujourd’hui, c’est que l’on crée une situation de vide politique dans notre pays, à la malienne, ou à la somalienne, ou à la nigérienne. Alors la vraie lutte contre le terrorisme c’est de prévenir qu’il y ait un vide politique dans notre pays.
 
La communauté internationale ferait mieux de réfléchir, parce que, s’il n’y a pas une solution politique dans notre pays, mais seulement sécuritaire, alors que le pays est en train de voler en éclats. Eh bien, à ce moment-là, je promets de bouger pour le terrorisme dans notre pays. Et faisons attention pendant qu’il est encore temps !

Par RFI
 

inv_afr_27_11_ely_ould_mohamed_vall_mauritanie.mp3 INV_AFR_27_11_ELY_OULD_MOHAMED_VALL_MAURITANIE.mp3  (2.54 Mo)


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