Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Elevage: Entre potentiel et gâchis!


Société
Mardi 24 Mai 2011 - 08:15

L'élevage mauritanien reste actif mais crée peu de valeur ajoutée. La faute à une gestion hasardeuse, et non concertée entre les producteurs et les instances publiques concernées. Pourtant les perspectives sont grandes.


Un berger et son petit troupeau de mouton dans le Trarza
Un berger et son petit troupeau de mouton dans le Trarza
Autres articles
*Mise à jour : Article publié le 24 mai 2011 pour la première fois. Le développement de l'élevage au cours de ces dernières années a contribué à la diminution des quantités de lait et de produits laitiers importés. Et c'est là l'un des hics de cette filière: absence de contrôle officiel sur l’hygiène et la qualité du lait et dérivés, absence de crédit alloué aux éleveurs pour le développement de la filière, secteur faiblement (sinon pas) fiscalisé, faiblesse d’organisation des filières et des professionnels du secteur.
«Tous les régimes qui se sont succédés ont marginalisé le secteur et l'ont privé des financements, ignorant qu'il disponibilise les besoins du pays en viandes et exporte 35 000 tonnes de celles-ci vers l'étranger.» soutient le président du bureau de la fédération des éleveurs de Mauritanie El Hacen Ould Taleb. Ce qu'a confirmé la Banque Mondiale selon une de ses études récentes. En ce sens, il est incohérent de constater aussi que le pays importe des produits laitiers pour l'équivalent de 15 milliards d'ouguiyas en devises. «Les éleveurs sont capables de disponibiliser les besoins du marché en ces produits et d'exporter l'excédent.» continue El Hacen Ould Taleb.

Un contrôle de l'hygiène peu crédible

Une épidémie non identifiée affecte actuellement plusieurs bovins du département de Male (région du Brakna, vallée du fleuve Sénégal). L’annonce de la maladie a été faite il y a quelques jours, suite à la mort simultanée de 11 bovins dans une localité non loin de Male, suscitant la panique chez les éleveurs. Et c'est un des bats qui blesse ce secteur de production: l'hygiène, voire les contrôles vétérinaires quasi inexistants, même si des campagnes de prophylaxie animale sont organisées annuellement par les pouvoirs publics pour immuniser des centaines de milliers de bovins contre la pneumonie, botulisme et la pasteurellose, tandis que les petits ruminants sont vaccinés contre la peste et les parasitoses.

Un formidable potentiel de croissance

La contribution du secteur de l’élevage à la croissance de l’économie nationale est évaluée à 15%. Par ailleurs, selon les estimations effectuées au cours de l’étude FAO/BM/DEA de 2008, la contribution officielle du secteur de l’élevage à la valeur ajoutée nationale apparaît sous-estimée. Selon la modélisation établie par cette étude, elle a été ainsi estimée, pour l’année 2OO8, aux alentours de 68 milliards um, chiffre nettement supérieur aux 27 milliards estimés par la comptabilité nationale.
En complément de sa contribution importante à la formation de la valeur ajoutée nationale, le secteur de l’élevage apparaît également comme étant largement «redistributeur». La valeur ajoutée est en effet générée par, et bénéficie à, une grande partie de la population. Les revenus des producteurs représenteraient ainsi près de 80% de la valeur ajoutée du secteur au stade producteur et les activités rémunératrices en amont ou en aval de la production génèreraient quant à elles 12% de la valeur ajoutée du secteur. Le secteur de l’élevage est également pourvoyeur d’emplois (dont les salaires représentent environ 20 % de la valeur ajoutée stade producteur) qui, malgré leur côté peu rémunérateur, bénéficient aux pauvres et tout en contribuant à limiter l’exode rural.
Mamoudou Kane


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter