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Elections en Tunisie : quelle lecture ?


Actualité
Mardi 25 Octobre 2011 - 12:54

Pour la première fois de leur histoire, les Tunisiens ont, ce dimanche 23 octobre 2011, pu voter pour des élections libres. Forts de cette avancée acquise lors de ce « Printemps arabe » qui a conduit en janvier dernier à la chute de Zine el Abidine Ben Ali, qui régnait en maître depuis 23 ans sur le pays, les Tunisiens se sont déplacés en masse pour décider enfin de leur destin. Sophie Bessis, chercheure associée à l’IRIS et spécialiste de la Tunisie, répond à nos questions.


Elections en Tunisie : quelle lecture ?

Quelles sont les leçons à retenir de ce scrutin ?

La première leçon à retenir de ce scrutin est que les Tunisiens se sont déplacés en masse pour aller voter pour les premières élections libres de leur histoire. 90% des électeurs inscrits sont allés voter, et puisque les non-inscrits pouvaient également aller voter avec leur carte d’identité, il faut compter que 70% à 80% du corps électoral s’est déplacé. C’est une leçon extrêmement importante qui nous est donnée par les Tunisiens, qui ont démontré leur volonté de choisir.
Néanmoins, aucun résultat officiel n’a pour l’heure été donné. La seule chose que l’on peut affirmer, puisque les tendances le démontrent, c’est que le parti islamique Ennahda est incontestablement devenu le premier parti de Tunisie. A partir du moment où l’assemblée constituante sera mise en place, des coalitions vont se former dont la principale s’organisera très probablement autour du parti Ennahda.
 

Comme vous le disiez, le parti Ennahda est annoncé comme le grand gagnant de ces élections. A quel type de politique faut-il s’attendre de sa part ?

Il y a une chose importante à savoir, que ni les instituts français ni les médias n’ont très bien comprise : il s’agit d’une assemblée constituante, dont la durée de vie est en principe fixée à un an. Cette assemblée n’a donc pas pour vocation d’élaborer une politique à long terme pour la Tunisie. Elle va nommer un exécutif de transition pour sa durée de vie après quoi, une fois que la nouvelle constitution sera proclamée, il y aura des élections, selon les modalités fixées par celle-ci. Ennahda a publié un programme politique qu’il essaiera bien sûr de mettre en œuvre. Mais on ne peut parler d’une politique à long terme.
 

Des critiques se sont levées vis-à-vis des partis se présentant aux élections disant qu’à l’exception de la liberté d’expression, peu de choses devraient changer notamment en matière d’économie, jusque-là libérale. Est-ce une réalité ? De réels changements sont-ils possibles ?

Ces critiques ne sont pas fondées. Si l’on regarde les programmes politiques des différents partis, on constate que ce n’est pas le cas. Certes, le programme économique d’Ennahda est un programme libéral, mais ce n’est pas une surprise puisque les partis islamistes dans l’ensemble du monde musulman sont généralement dans cette tendance.
En revanche, plusieurs partis politiques, à l’image du Forum pour le travail et les libertés ou du Pôle démocratique et moderniste, défendent des programmes de politiques sociales-démocrates, que l’on pourrait rapprocher de celles que pourrait mettre en œuvre le parti socialiste français. Certains programmes préconisent ainsi de profondes réformes fiscales, avec un équilibre entre les régions, une diminution de la dépendance vis-à-vis des marchés européens et un recentrage de l’économie sur le marché national et sur d’autres niches exportatrices. Ainsi donc, il existe aujourd’hui en Tunisie des programmes économiques tout à fait intéressants.

IRIS

Institut de Relations Internationales et Stratégiques
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