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Égypte - Procès Moubarak : le président du tribunal se récuse


International
Samedi 13 Avril 2013 - 11:54

Hassan Abdallah a renvoyé le dossier devant une cour d'appel. En 2012, Hosni Moubarak avait été condamné à la réclusion à perpétuité avant l'annulation du jugement.


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Égypte - Procès Moubarak : le président du tribunal se récuse
Le président du tribunal chargé de juger à nouveau l'ex-président égyptien Hosni Moubarak s'est récusé à l'ouverture de la première audience samedi au Caire, faisant tourner court le début de ce procès. Le juge Moustafa Hassan Abdallah a renvoyé le dossier devant une cour d'appel, qui devra choisir un nouveau tribunal. Le nouveau procès du président égyptien déchu Hosni Moubarak pour complicité dans le meurtre de manifestants et corruption devait s'ouvrir sous haute sécurité samedi au Caire. Hosni Moubarak, qui aura 85 ans en mai et est malade, a été transporté en hélicoptère d'un hôpital militaire en banlieue du Caire vers le site de l'école de police où la cour criminelle est installée, a indiqué l'agence officielle Mena. Il a ensuite été emmené à bord d'une ambulance. Selon des images de la télévision d'État, l'ancien homme fort d'Égypte est sorti de l'ambulance allongé sur une civière, vêtu de blanc et le regard masqué par des lunettes de soleil, comme lors de ses comparutions lors de son premier procès où il avait été condamné à la réclusion à perpétuité.

La santé de Hosni Moubarak, renversé en février 2011 par une révolte populaire après trente ans de pouvoir sans partage et détenu quelques mois plus tard, a fait l'objet de nombreuses spéculations, et il a même été donné pour "cliniquement mort" en 2012 par l'agence officielle Mena. Ses coaccusés - ses deux fils Alaa et Gamal, l'ancien ministre de l'Intérieur Habib el-Adly et six anciens hauts responsables des services de police - sont également arrivés au tribunal. Les membres des forces de l'ordre étaient déployés en grand nombre devant l'école de police, qui un jour porta le nom de Hosni Moubarak. Son premier procès, débuté en août 2011, avait captivé l'Égypte et le monde arabe. L'image de l'ancien chef d'État autrefois intouchable et tout-puissant, couché sur une civière dans le box des accusés, avait marqué les esprits.

C'était la première fois qu'un dirigeant arabe renversé par son peuple comparaissait en personne devant un tribunal. Le président tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali a été jugé par contumace, et l'ex-dirigeant irakien Saddam Hussein a comparu devant un juge, mais après une invasion étrangère. Néanmoins, ce nouveau procès est éclipsé par l'instabilité, une grande partie des Égyptiens étant plus préoccupée par la crise politique, sécuritaire et économique sévissant dans le pays dirigé pour la première fois par un islamiste issu des Frères musulmans, la bête noire de Hosni Moubarak.

Colère et frustration

Mais si beaucoup se disent indifférents au sort de Hosni Moubarak, le fait que personne n'ait encore rendu de comptes pour la mort de près de 850 personnes en 18 jours de soulèvement (25 janvier-11 février 2011) continue à susciter la colère et la frustration. Hosni Moubarak a été condamné lors du premier procès à la perpétuité pour sa responsabilité dans la mort d'une partie des 850 personnes. Il a fait appel contre sa condamnation, de même que le parquet qui a réclamé la peine de mort. Des ONG et défenseurs des droits de l'homme ont dénoncé un processus entaché d'irrégularités n'ayant pas réussi à identifier les responsables. La Cour de cassation a annoncé en janvier 2013 qu'elle annulait "tous les verdicts prononcés par le tribunal criminel du Caire en juin 2012", ordonnant un nouveau procès pour Hosni Moubarak et ses coaccusés.

Habib el-Adly avait aussi été condamné à la prison à vie. En revanche, six anciens responsables de la sécurité avaient été acquittés, provoquant la fureur de nombreux Égyptiens, pour qui ce verdict équivalait à absoudre une police honnie et accusée de violations systématiques des droits de l'homme. Hosni Moubarak et Habib el-Adly ainsi que les six responsables vont être rejugés pour complicité dans le meurtre et tentative de meurtre des près de 850 manifestants. Alaa et Gamal Moubarak, autrefois symboles de richesse et de pouvoir, vont comparaître pour corruption, tout comme leur père. L'homme d'affaires Hussein Salem est lui jugé par contumace, ayant fui vers l'Espagne. Un groupe de partisans de l'ex-président a affirmé sur les réseaux sociaux qu'il serait là pour le soutenir.

Source:Lepoint
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