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Egypte : Le président égyptien Mohammed Morsi restructure-t-il l’armée pour prévenir un coup d’Etat ?


International
Dimanche 12 Août 2012 - 14:21

Le chef des services secrets égyptiens et d’importants généraux de l’armée ont été limogés dans la journée d’hier par le président au pouvoir, Mohammed Morsi, issu de la confrérie des Frères musulmans. Cette initiative ferait suite à l’attaque du poste frontière de dimanche entre l’Egypte et Israël de Karam Abou-Salem, dans le Sinaï, par de prétendus « islamistes ».


Caricature du Conseil Supérieur des Forces Armées égyptienne, en mai 2012. © Pierre Puchot
Caricature du Conseil Supérieur des Forces Armées égyptienne, en mai 2012. © Pierre Puchot
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Nous écrivons de prétendus « islamistes », car selon les informations qui nous parviennent ce matin, de sources fiables, cette opération « terroriste » aurait été conduite par l’armée égyptienne, dans le but de discréditer le président récemment élu par le peuple.

Pour comprendre cette affaire, il faut garder en mémoire que les généraux égyptiens, qui détiennent tous les leviers économiques du pays, ont toujours eu le plus grand mépris pour les Frères Musulmans. Ainsi, l’accession au pouvoir de Mohammed Morsi, et plus encore sa décision d’annuler la dissolution du parlement égyptien, qui avait été décidée par l’armée, n’auront fait qu’accroitre les tensions entre le pouvoir militaire et le pouvoir législatif.

Il faut aussi se souvenir que, lors des « attentats terroristes » perpétrés dans le Sinaï ces dernières années, l’armée a toujours été soupçonnée, au moins de les avoir facilité, si ce n’est provoqué. En 2006, lors de l’explosion d’un supermarché à Dahab, revendiqué par une mystérieuse organisation jusqu’ici inconnue, et qui n’a plus jamais fait parler d’elle, nommée « Al-Tawhid wal Jihad », le directeur local de la chaine d’information qatarie Al-Jazzera avait été emprisonné par les autorités égyptiennes parce qu’il avait remis en cause la version officielle de l’armée.

Ainsi il est tout vraisemblable, comme l’indique nos interlocuteurs sur place et à l’étranger ce matin, que l’opération de dimanche dans le Sinaï ait été organisée par les services secrets de militaires, ceci dans le but de faire pression sur le président Mohammed Morsi en lui envoyant un message pour lui imposer ce choix : terrorisme ou protection de l’armée.

La plupart des médias occidentaux tentent d’expliquer depuis quelques jours que le Sinaï serait une zone démilitarisée et que de nombreux groupes islamistes radicaux s’y cacheraient. Il ne faut vraiment rien connaître du Sinaï pour prétendre à de tels commentaires car, premièrement, personne ne se cache dans le désert, ni en Egypte ni ailleurs, et, deuxièmement, la zone étant touristique par excellence, les forces de polices et de l’armée égyptienne y effectuent des contrôles comme nulle part ailleurs. Le Sinaï est assurément le pire lieu de l’Egypte pour organiser une action terroriste.

Bien évidemment, les services du président Mohammed Morsi, qui savent trop bien de quoi les généraux de leur pays son capables, ont d’autres sources d’informations. Ainsi, ils auraient été informés du complot dimanche matin, par des sources proche d’Israël et de l’Iran – deux pays qui tiennent à une coopération et une stabilisation de la situation en Egypte.

C’est sans doute la raison qui a poussé le président à remanier complètement les services de l’armée et des renseignements hier, et dont nous dressons la liste ci-après :

Mohamed Abdel-Wahed Raafat Shehata a été temporairement nommé au poste de Directeur des renseignements généraux.

Le président Morsi a également chargé le Conseil suprême des Forces armées (SCAF) par l’intermédiaire de son président et ministre de la Défense, le maréchal Hussein Tantaoui, de la nomination d’un nouveau chef de la police militaire pour remplacer le major-général Hamdi Badeen.

Egalement, Mohammed Mors a fait plusieurs autres nominations clés : Le major-général Mohamed Ahmed Zaki est désormais le nouveau commandant de la Garde républicaine, tandis que le ministre de l’Intérieur, Ahmed Gamal El-Din, a été contraint d’embaucher Maged Mostafa Kamel Nouh en tant que ministre adjoint de l’Intérieur pour les forces de sécurité centrale du secteur et Oussama Mohamed Al-Saghir en tant que ministre adjoint de l’Intérieur pour le secteur de la sécurité du Caire.

L’ancien commandant de la Garde républicaine, le major-général Samy Dyab, a lui aussi été remplacé.

Cette restructuration de l’appareil militaire n’est pas sans rappeler celle de l’ancien président Anouar El-Sadate et de la « révolution corrective » du 15 mai 1971, où il avait alors purgé les éléments subversifs du gouvernement militaire de son prédécesseur, Gamal Abdel Nasser, afin de prévenir un coup d’Etat de l’armée.

Spencer Delane
Pour Mecanopolis.org
Mamoudou Kane


              

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