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Edition : La librairie 15/21, nouveau fer de lance de la culture


Culture
Jeudi 27 Septembre 2012 - 09:45

La Mauritanie compte trois éditeurs littéraires mais un seul – les éditions de la Librairie 15/21 – s’est lancé dans l’édition francophone. Après trois essais prometteurs, son patron, Sellami Abdelaziz Ould Ahmed El Meky, fait paraître, en cette fin de mois de septembre, cinq nouveaux ouvrages. Un coup d’éclat, dans l’édition francophone africaine.


Edition : La librairie 15/21, nouveau fer de lance de la culture
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C’est un soninké, monsieur Sylli Gandega, ministre du Développement rural durant la Transition 2005/2007, qui a ouvert le bal de l’édition francophone mauritanienne, en 2010, avec la parution, aux éditions de la Librairie 15/21, de son ouvrage «Regard d’un homme de la Transition » qui raconte, sans fard et très lucidement, son expérience ministérielle. Suivent, l’année suivante, « Le muezzin de Sarandogou », d’Isselmou Ould Abdel Kader, une œuvre romanesque sur les années de braise, dont le moindre mérite est de prouver la capacité de certains maures à participer au devoir de mémoire des malheureux évènements ; et « La couleur du vent »,d’Aïchétou Mint Ahmedou qui conte, elle aussi d’une manière romanesque, les mille et un visage de la Mauritanie plus spécifiquement nouakchottoise des années 80. 2012 restera l’année du coup d’éclat, avec la parution, quasiment simultanée, de cinq ouvrages. « Mémoires d’un enseignant », de Sneïba El Kory Brahim, de la communauté haratine, «L’obsession du retour », d’Amadou Demba Ba, de la communauté peule, et trois œuvres du français immigré en Mauritanie, Ian Mansour de Grange : «Petite chronique d’autre regard », « Le waqf, outil de développement durable ; la Mauritanie, fécondité d’une différence manifeste » et « Gens du Livre », ce dernier livre devant paraître au mois de novembre ou décembre.

Sneiba, journaliste et écrivain

« Mémoires d’un enseignant » conte les heurs et malheurs de Sneïba El Kory, en sa fonction initiale d’instituteur mauritanien, depuis 1988 et durant plus de vingt ans, via mille portraits savoureux, croqués dans le vif d’autant de situations vécues, aux quatre coins du pays. Une plongée saisissante, et instructive, dans la réalité contemporaine de la Mauritanie. «L’obsession du retour » est également une autobiographie. Que faire, lorsqu’on apprend, soudain, en pleines études supérieures au Maroc, la déportation de toute sa famille au Sénégal ? Amadou Demba Ba nous raconte, avec une humanité dépourvue de toute rancœur, son périple de jeune peul indéfectiblement lié à son pays. Moins attaché à la description événementielle de sa propre aventure, Ian Mansour de Grange évoque, dans sa « Petite chronique d’autre regard », l’évolution de sa pensée, douze années après sa conversion à l’islam et son hégire en Mauritanie.

L’écrivain français, collaborateur au Calame, à l’instar de Sneïba El Kory et même, coïncidence, d’Amadou Ba qui fut un temps, pigiste à notre journal, s’intéresse beaucoup au waqf. L’ouvrage qu’il lui consacre entend mettre en évidence la qualité d’outil de développement durable de cette antique institution et la capacité, remarquable, de la Mauritanie à en écrire une version très actualisée, susceptible d'adaptation universelle. On attendait, également, la parution de son œuvre majeure, primée, en 2006, par le Prix Chinguitt, « Gens du Livre, en Eurasie occidentale, Afrique du Nord et Sahel, des premiers siècles de l’ère chrétienne à l’aube de la révolution thermodynamique », une rétrospective historique globale des évènements, des apports et des relations, liant, bon gré, mal gré, les trois religions occidentales du Livre – judaïsme, christianisme et islam – dans les fondations de la modernité. Ce sera chose faite, incha Allahou, avant la fin de l’année 2012, grâce au dynamisme des éditions de la Librairie 15/21.

La volonté d’amplitude, dans l’offre proposée aux lecteurs, est évidente. C’est bien toute la réalité francophone mauritanienne, dans la riche diversité des réalités sociologiques du pays, que l’éditeur espère faire appréhender. Et l’ouverture à des étrangers – la publication du travail de monsieur de Grange en est la preuve éclatante – signale la dimension internationale du projet de Sellami Abdelaziz Ould Ahmed El Meky. On la connaissait, dans sa composante arabophone, avec des contrats d’édition et de diffusion, aux quatre coins du monde arabe. Elle entend s’affirmer, à présent, dans le réseau de la Francophonie. Souhaitons que cet effort soit remarqué et puissamment soutenu par les instances décisionnelles de cette dernière.
L’initiative de Sellami Abdelaziz est courageuse et mérite cette attention. A cet égard, il serait très souhaitable que les contacts en cours, avec les chaînes de télévision mauritanienne, pour organiser, prochainement, des émissions littéraires regroupant les six auteurs et leur éditeur, sur les perspectives de l’édition francophone en Mauritanie, soient poursuivis avec les organes médiatiques de l’institution internationale francophone.

Ben Abdallah
Lu sur lecalame.info
Mamoudou Kane


              

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