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Economie : Quand le Raïs se lance dans la "pure gabegie"


Economie
Vendredi 22 Juin 2012 - 17:30

Un groupe se présentant comme le " Groupe des indépendants pour le sauvetage de la Mauritanie " n’y est pas allé avec le dos de la cuillère dans sa critique du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz. Tout y est : élans dictatoriaux du Raïs, gestion calamiteuse des ressources du pays, gabegie à grande échelle, clientélisme, choix de la médiocrité aux dépens de l’élite, crise politique entretenue à dessein. Ce groupe qui revendique une certaine " indépendance " n’hésite pas à épouser le " Aziz dégage " de la Coordination de l’opposition démocratique (COD).


Mohamed Ould Abdel Aziz
Mohamed Ould Abdel Aziz
Depuis le début de semaine, les intellectuels du pays ont en main un document d’analyse de la situation proposé par un groupe d’intellectuels. Cette analyse très critique est essentiellement économique. Elle commence par des comparaisons entre la période d’avant l’arrivée du président Aziz pour aboutir à la situation d’aujourd’hui.

Parlant de la croissance et du PIB, le document souligne d’emblée que ce dernier était de 4,11% en 2006 et qu’il est descendu à -1,2% en 2009, avec une perte de 300 millions de dollars US (75 milliards d’UM), ce qui est une première dans l’histoire du pays qui n’a jamais enregistré une croissance négative, selon ce rapport. Concernant, le développement de la corruption dans le pays, le Groupe donne la série suivante : 3,1/10 (2007), 2.6/10 (2008), 2.8/10 (2009) et 2.3/10 (2010).

On remarque au passage que c’est la période de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qui a connu un net recul de la corruption par rapport à 2007, où les enjeux de la Transition étaient liés à un rapport de force au sein des groupes politico-militaires et à 2009, année de l’élection d’Aziz où tout aurait été mis en œuvre pour " assurer " le maintien du président de la " Rectification " en tant que président " démocratiquement élu ". Comparant l’indice de développement humain (plus signifiant selon le Pnud que le PIB), le rapport note qu’il est descendu de 0.520, en 2006, à 0.453, en 2011.

Mais c’est sur les dépenses militaires que le pouvoir du président Aziz a le plus agi pour, dit le groupe, détourner considérablement les ressources nationales au motif d’équiper l’armée et pouvoir faire face à la menace terroriste. Ainsi, ces dépenses sont passées de 1,7% du PIB (en 2006) à 5,5%% (en 2012), faisant grimper la Mauritanie du 117ème rang mondial à la 13ème, ce qui est considérable pour un pays pauvre de près de 3 millions d’habitants seulement.

Mais concernant les dépenses dans le secteur de l’éducation, le rapport est allé très loin (1978) pour comparer la faillite du système actuel par rapport à ce qui était considéré comme son " âge d’or ", soit 6% du PIB contre 2,2%. Enfin, le rapport compare les salaires des présidents François Hollande (qui a consenti à une révision à la baisse) et Mohamed Ould Abdel Aziz, soulignant que celui du premier fait 14 fois le Smig et le second 250 fois (respectivement 4 fois le PIB et 150 fois le PIB). Une " révélation " qui reste tout de même insignifiante en valeur absolue, la comparaison entre la Mauritanie et la France, dans le domaine économique n’ayant aucun sens.

Sur les pas des régimes militaires

Et le rapport de revenir sur les trois décennies de régime militaire vécu par la Mauritanie " à l’instar de la plupart des pays africains et arabes qui ont connu les affres de la dictature, de la pauvreté et de l’ignorance. Et le groupe de souligner que si la plupart de ces dictateurs sont aujourd’hui partis, mis " hors-jeu " par les révoltes populaires qui se sont déclenchées en Tunisie, en Egypte, en Libye, au Yémen, les autres ne manqueront pas de suivre.

Revenant au cas de la Mauritanie, le groupe balaie d’un revers de la main le slogan de campagne du camp Aziz, à savoir " le président des pauvres ", soulignant qu’il s’est plutôt servi d’eux pour réaliser ses projets de domination et d’enrichissement à très grande échelle. Il s’en prend violemment au groupe de " cadres ", aux parlementaires et hommes d’affaires qui entourent le président Aziz et font tout pour donner une image reluisante d’un pouvoir qui ne fait, selon cette analyse très critique, qu’enfoncer encore plus le pays dans la descente aux enfers. Un tel choix dans la gestion du pouvoir est mis sur le dos, toujours selon ce groupe d’intellectuels, des choix du président Aziz, qui avait comme idole et " guide " un certain Kadhafi !

Ce que le rapport considère comme une fuite en avant de la part du régime viendrait du fait que ce dernier est conscient qu’il est acculé de toutes parts : l’opposition met la pression depuis plusieurs mois pour le faire partir, des groupes de travailleurs et d’étudiants revendiquent chaque jour, des tensions sociales sont liées aux manifestations d’IRA (Initiative pour la Résurgence d’un mouvement Abolitionniste en Mauritanie) et de Touche pas à ma nationalité (TPMN). Même les populations censées avoir voté massivement pour Ould Abdel Aziz commence à découvrir " le dessous des cartes " et à ne plus croire aux slogans creux de lutte contre la pauvreté et la gabegie ainsi que de mise en œuvre de réformes d’avant-garde visant à développer le pays.

Pour ce Groupe, Aziz doit comprendre que les pratiques qu’il a mises en œuvres sont d’un autre temps et qu’elles ne peuvent lui assurer une longue durée dans le pouvoir. S’en suit une longue rétrospective sur le parcours militaire de l’homme, son manque de formation académique et ses à-peu-près dans le domaine politique. Pour dire enfin qu’il manque de dispositions pour gouverner. D’où, note le rapport, une remise en cause quasi systématique de toutes les libertés acquises avant l’arrivée au pouvoir du président Aziz, telle celle de manifester pacifiquement, de s’opposer et de dénoncer sans craindre d’être réprimer ou " réprouver " par une manière ou une autre. Ensuite, l’analyse n’oublie pas de souligner que le parti formé par Ould Abdel Aziz, l’Union pour la République (UPR) n’est pas créé en tant que " parti au pouvoir " mais parti " pour le pouvoir ".

Comme d’ailleurs toutes les ressources nationales qui seraient gérées actuellement à partir de la Présidence ! Une OPA qui n’a été rendue possible qu’après avoir vidé l’administration de ses meilleurs éléments et fait appel à des " médiocrités " devenues redevables à leur bienfaiteur. D’où également l’impossibilité criante pour le pouvoir de réaliser, dans les formes, son programme électoral, et de se vanter de recourir presque exclusivement aux ressources nationales ! Une thèse que le rapport " détruit " en évoquant la volonté du pouvoir d’échapper à l’œil vigilant des bailleurs de fonds auxquels il faut rendre compte de chaque sou dépensé.

Enfin, le rapport évoque, les liens " secrets " entre le Raïs et les sociétés minières, la vente des Blocs, le marché du nouvel aéroport international de Nouakchott et la convention de pêche avec les Chinois comme autant de " faits d’armes " qui ont permis à Ould Abdel Aziz de mettre en branle un système de gouvernance individuelle dont l’unique objectif est de lui permettre de devenir probablement l’homme le plus riche de Mauritanie et même au niveau de l’Afrique.

Sneiba Mohamed
Pour l'authentiqu
Mamoudou Kane


              

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