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Écoles privées: La panacée avortée?


Société
Dimanche 2 Octobre 2011 - 19:04

La rentrée des classes a eu lieu pour quelques centaines d'élèves dont les écoles dépendent en partie du programme français. Les autres débuteront ce mois d'octobre. Plus d'écoles encore, des prix plus élevés, pour une pédagogie pas forcément meilleure. Avec des initiatives tournées vers la qualité qui voient le jour tout de même.


Un enseignement public aussi délabré que les classes qui le dispense, qui a poussé les structures privées à se multiplier
Un enseignement public aussi délabré que les classes qui le dispense, qui a poussé les structures privées à se multiplier
Des dizaines de milliards d'ouguiyas injectés dans le secteur de l'éducation, depuis que la Mauritanie a fait sienne le slogan "Education pour tous" lancé par la communauté internationale dans les années 90, n'ont pas changé grand-chose à un système rongé de l'intérieur.

Du coup, les parents se sont tournés vers les écoles privées, qui ont commencé à pulluler dès le milieu des années 80 à Nouakchott. «La plupart des quartiers de la capitale sont aujourd'hui ceinturés par des établissements privés qui se livrent une guerre sans merci pour attirer les élèves des lycées et collèges environnants.» explique A.S, inspecteur au ministère de l'éducation nationale.
«Ces dix dernières années, une soixantaine d'autorisations d'ouvertures d'écoles privées ont été accordées. Dans le lot, 10% à peine des autorisations ont été attribuées à des professionnels de l'éducation. Comme les pharmacies, ou d'autres structures qui demandent une qualification, on déverses des autorisations dans la nature, qui tirent vers le bas la qualité de ces entités.» analyse l'inspecteur. C'est ainsi que des «temples du savoir», des «refuges du savoir», des centres promettant aux parents monts et merveilles pour l'avenir de leurs enfants ont vu le jour. Pour la plupart «des coquilles vides» assure l'inspecteur.

Awa Diop est parente d'élève. Pour cette mère de deux enfants, «l'éducation scolaire de ses deux filles est devenue un vrai casse-tête». La faute selon elle à un enseignement privé «d'une qualité déplorable proche de celle du public», «catastrophique». «Mes deux filles de 14 et 17 ans reviennent souvent avant les heures prévues de descente. Et elles sont entassées dans des classes dans une proportion où vous vous demandez comment elles vont apprendre quelque chose, avec des professeurs qui ont du mal à faire leurs cours en intégralité, et surtout avec des professeurs dont le niveau laisse à désirer» se plaint en vrac madame Diop.

Sortie de classe d'une des écoles privées de Nouakchott
Sortie de classe d'une des écoles privées de Nouakchott
L'initiative des "pôles d'excellence"

Même une structure comme le Petit Centre, une des références en la matière en Mauritanie, n'a pas échappé aux critiques des parents, qui jugent ses écoles de «plus en plus chères, alors que le niveau n'est pas forcément tiré vers le haut» témoigne amère Awa Diop.
C'est fort de ce constat que le directeur des établissement du Petit Centre, Bonaventure Tanyo a creusé l'idée de «pôles d'excellence» bâti sur le modèle français.

Sarah Filipuzzi, proviseure d'un de ces pôles du Petit Centre, dénommé Extension «Richard Borhinger», dans le quartier Las Palmas, explique que dans la pléthore d'écoles naissantes, il y en a effectivement qui essaient tant bien que mal de dispenser une bonne éducation. «Cette antenne existe depuis trois ans maintenant. Elle dispense un programme issu de l'enseignement français. La première promotion de Première arrive cette année.» dit la proviseure.
La motivation des élèves, et les efforts permanents de leur part sont au cœur de la pédagogie de cette école particulière. «Nous avons des contrats de motivation pour les élèves qu'on estime à fort potentiel, et des cours de remédiation pour les aider à progresser» continue Sarah Filipuzzi.

Le secteur privé de l'enseignement a longtemps été perçu par les parents comme la panacée qui aurait pallié l'insuffisance du secteur public laissé à l'abandon. La libéralisation à outrance de ce secteur a nivelé l'éducation privée vers le bas, mais des initiatives du genre de celle inaugurée par le Petit Centre depuis trois ans, augurent une réorganisation et une sélection «naturelle» des bons établissements, qui se fera dans les «assure» l'inspecteur de l'éducation nationale.

Mamoudou Lamine Kane
Mamoudou Kane


              

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