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Drôles de ministres : Et si on revenait aux lettres de mission ?


Tribunes
Dimanche 23 Septembre 2012 - 14:18

Les membres actuels du gouvernement ont battu tous les records de longévité de ministre dans la courte histoire du pays. A l’eau des 20 mois de règne des ministres du CMJD, le gouvernement de Ould Mohamed Laghdaf a derrière lui trois années effectives de mission. Et tout porte à croire qu’ils seront nombreux les ministres qui accompagneront le président de la République jusqu’au terme de son mandat de cinq ans.


Drôles de ministres : Et si on revenait aux lettres de mission ?
Pourtant, aussi bizarre que cela puisse être, les membres actuels du gouvernement sont les moins visibles, les moins connus et les moins populaires ministres que la pays ait connu. Ils sont aussi de loin, les moins performants. Ministres technocrates ou ministres politiques ? Nul ne sait ! Invisibles sur le terrain, ils auraient les mains liés et n’entameraient la moindre action qu’après consultation à la Primature ou à la Présidence de la République ! Manquant cruellement d’initiative, ils feraient même exprès de se muer en silence de crainte d’être trahis par leur incompétence.

Aujourd’hui que nous nous trouvons à moins de deux ans de la fini du mandat de Ould Abdel Aziz, il est grand temps de les mettre à l’épreuve. Et pour ce faire, rien de mieux que de réinstaurer les fameuses lettres de mission. Dans l’histoire des pays en développement, mais aussi des pays développés, les lettres de mission ont toujours constitué un challenge. A part l’époque de Ould Daddah et la petite parenthèse du Premier ministre Zein Ould Zeindane, jamais un tel challenge n’a été engagé dans notre pays. Jamais dans ce pays que l’on veut développé, l’on avait su charger les ministres d’une mission autre que celle de servir de secrétaires au "guide". Leur mission était celle d’un planton privilégié. Le ministre a toujours été un véritable valet au service du maître. Il ne sait que rarement pourquoi et par quel miracle il est ministre. Jamais il ne sait exactement de quoi il est chargé. Il ne sait non plus pas pourquoi et par quel miracle il est nommé.

Sa compétence est un bail ouvert. Sa secrétaire, son égérie et ses "patrons" de l’ombre peuvent lui donner des instructions, lui dessiner une feuille de route ou le pousser à commettre des décisions dont il est loin d’en être le maître. Le ministre est devenu tout simplement cet employé privilégié qui ne se contente que de gérer son statut. Tout au long de sa période de grâce, il n’est qu’un distributeur de propagandes ou le gestionnaire de privilèges le plus souvent illicites. S’il s’accroche comme un chien enragé à la douillette table de son bureau, il verse dans le zèle et la bassesse. Toujours il fait de la "Bolitik, au village ou au campement, créant une aile qui s’identifie à sa petite personne. Avec une telle clientèle "fidélisée" il fait le chantage au parti et aux segments de tricheurs qui le dirigent. Ainsi nous fonctionnons depuis toujours. Alors on eut droit à des ministres qui avaient certes "peur" et étaient "dociles" comme des feuilles envoûtées par le vent, mais qui ont essayé de faire un bon travail. Aujourd’hui, il est nécessaire de "libérer" les ministres. Même s’ils ont été désignés, selon un critère qui pourrait laisser à désirer, ils doivent être en charge d’un secteur dont ils sont les seuls responsables. Et l’une des meilleures solutions est sans doute, l’institution d’une véritable feuille de route, un programme à exécuter, des réformes à introduire et des hommes à commander.

L’on verra alors bien comment ils vont se comporter. Nous verrons bien de quoi ils sont capables. Trois ans durant, ils sont attendus au bilan. Jamais ils n’ont répondu présent.

Une fois qu’ils auront ces lettres de mission, le Président de la République et le Premier ministre verraient leurs charges allégées. Ils auront seulement à veiller à ce que ces missions soient accomplies. A intervalle régulier, les ministres devront communiquer leur bilan à l’opinion. En plus, ils devraient se soumettent à "la question" de l’opinion à travers une émission de la Radio et de la télévision en présence de journalistes indépendants et d’hommes ordinaires de la rue qui les "cuisineront". C’est important, car ça donnera au ministre l’impression d’être suivi par tout le monde. Les "réalisations" dans le vent que nous présentaient les ministres en "carton" ne doivent plus avoir droit de cité.

Un responsable ne ment pas au peuple. S’il dit une chose, celle-ci doit pouvoir être concrètement vérifiable sur le terrain. Et chez nous désormais, un ministre, ça travaille ou ça démissionne. Un ministre ne doit plus être cet agent tribal qui fouine son nez dans toutes les opportunités possibles pour détourner les dotations budgétaires de son département ou pour placer ses cousins. Il doit avoir le sacré objectif de laisser des traces honorables dans le secteur qu’il a eu à diriger. Un ministre de la Mauritanie de demain doit être cet homme qui gère les hommes avec rigueur, équité et compétence. Il ne doit jamais avoir la malicieuse idée tant répandue de faire la chasse à des cadres compétents et dévoués pour la bonne et simple raison qu’ils ne sont pas du même bord politique que lui ou qu’ils sont d’une race ou d’une tribu différente.

Ceci nous conduit à dire que seules les ressources humaines compétentes et expérimentées doivent être promues et encouragées. Toutes les autres nominations fondées sur des critères subjectifs et politiques doivent être à jamais bannies. " Les hommes qu’il faut véritablement à la place qu’il leur faut réellement ". C’est le gage de la réussite du gouvernement. Des milliers de compétences fraîches et rompues au travail pour avoir exercé en dehors des circuits nauséabonds de l’Etat sont aussi disponibles à intégrer le rang au service du grandiose nouveau projet pour la Mauritanie. Le gouvernement doit les détecter et les placer. Ceci est surtout valable pour des milliers de cadres, d’ingénieurs et de savants mauritaniens chassés de leur pays par la misère des salaires et l’étouffant climat de la complotite. Avec ces compétences, nos ministres sont sûrs de pouvoir faire un travail respectable. Et s’ils y arrivent, ils auront mérité le respect de tous. Le cas contraire…

MOMS
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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