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Drogues : Réseaux et liaisons dangereuses d'Aziz


Société
Dimanche 3 Mars 2013 - 09:15

Un lien entre le président mauritanien, Ould Abdel Aziz, accusé, par un député français, de parrainage de trafic de drogue et des réseaux narcotrafiquants opérant entre l’Amérique, l’Afrique et l’Europe. C’est ce que soutenaient déjà deux correspondances reçus à Alakhbar en novembre 2008 et en décembre 2010.


Drogues : Réseaux et liaisons dangereuses d'Aziz
Les correspondances retracent, selon l’hebdomadaire Alakhbar Info (N°19), des rencontres ayant abouti à la libération par la Mauritanie de détenus pour trafic de drogue.

Nous sommes en novembre 2008. Le général Ould Abdel Aziz, qui vient de renverser le premier président démocratiquement élu de Mauritanie, rencontre un homme d’affaires espagnol d’origine sahraouie, à l’époque consul honoraire espagnol en Guinée Bissau. Hamadi Ould Bouchraia (Hamadi Busarai Emhamed dans les documents espagnols), est présenté comme étant une «personnalité importante».

L’homme est pourtant peu connu dans la presse et le milieu politique mauritaniens. Il promet en tout cas, d’activer ses réseaux pour positiver, aux yeux de la communauté internationale, l’image du nouveau régime. Trois jours plus tard, Ould Bouchraia obtient, en échange, la disculpation et la libération de son neveu qui était détenu par Nouakchott pour trafic de drogue.

Suite à des plaintes et polémiques, le consulat honoraire espagnol en Guinée Bissau a été supprimé. Mais Bouchraia dévient aussitôt consul honoraire de la Mauritanie en Guinée Bissau, reconnu comme "narco-État" par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, et continuera sa montée au paradis mauritanien.

Il détient 4% du capital de la Sobama, la société qui représente Coca-Cola en Mauritanie et qui assure la commercialisation de l’eau minérale « Assil » (Original) appartenant à Ould Abdel Aziz. L’espagnol va même décrocher, en faveur d’une entreprise espagnole qu’il représente, un contrat de 15 millions d’euros et se voit octroyer 6.000 hectares sur la rive mauritanienne du fleuve Sénégal.

La relation entre les deux hommes grandit vite et prend plusieurs formes. En 2009, le général Aziz veut légitimer son pouvoir à travers les urnes. Ould Bouchraia fait impliquer son génie ; il convainc les mauritaniens d’origine sahraouie à voter en faveur du général.

La nouvelle relation profite également à la famille Azizienne. Ainsi, Ould Bouchraia prend en charge les soins, en Espagne, du fils du président Aziz, Bedre, qu’il va plus tard initier dans le monde des affaires.

En décembre 2010, la deuxième correspondance arrive à Alakhbar. Elle annonce les détails d’une visite dans deux jours en Mauritanie d’Antonio Ndiaye, chef d’état-major de l’armée Bissau guinéenne. Elle précise que l’homme discutera avec Ould Abdel Aziz le sort de 42 détenus en Mauritanie pour affaire de drogue. La rencontre aura lieu comme prévu et le 15 février 2011, certains des détenus sont graciés par le président Aziz à l’occasion de la célébration du Mouloud.

Il semble que pour couvrir leur libération, l’évènement a été coïncidé avec la libération de trois militants anti-esclavagistes dont le président d’IRA-Mauritanie, Biram Ould Dah Ould Abdeid. D’autres membres du réseau sont relaxés par la justice et d’autres encore bénéficient d’une remise de peine. C’est le cas du français Eric Walter Amigan dont la peine a été réduite de 15 à 10 ans avec un transfèrement vers son pays. Seydou Kane, le dernier du groupe, est libre depuis quelques mois.

Par ailleurs, Nouakchott libère en septembre 2010 des narcotrafiquants arrêtés par l’armée malienne au nord Mali. Vendredi 26 février, l’armée mauritanienne pénètre en territoire malien et arrête une vingtaine de présumés terroristes. Une batterie de charges est retenue contre eux, ce qui n’empêche pas leur libération en septembre 2010 après qu’on a su qu’ils n’étaient pas des terroristes, mais des "narcotrafiquants victimes de règlement de compte d’un réseau rival qui a fait croire à l’armée mauritanienne qu’ils étaient des éléments d’Aqmi".

En somme, plus de soixante personnes, détenues ou extradées vers la Mauritanie dans les dernières années suite à la saisie de grandes quantités de drogues, se sont vues curieusement libérés.

Source : Alakhbar (Mauritanie)
Mamoudou Kane


              

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