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Djindah Abdel Baghy Bal, Directrice de Butterfly: «En Mauritanie, on reconnaît encore difficilement la valeur ajoutée d'un travail intellectuel»


Economie
Jeudi 20 Octobre 2011 - 12:01

Une des pionnières féminines de la communication en Mauritanie, Djindah Abdel Baghy Bal dirige aujourd'hui Butterfly, agence de conseil en communication. Elle évoque dans cet entretien l'embryon naissant qu'est le secteur de la communication, et les défis à relever dans ce domaine.


Djindah Abdel Baghy Bal, Directrice de Butterfly: «En Mauritanie, on reconnaît encore difficilement la valeur ajoutée d'un travail intellectuel»
Quelles sont les difficultés structurelles liées à la communication en Mauritanie?

La principale difficulté à laquelle on est confronté est d'ordre culturel. Une petite anecdote par rapport à ça: quand j'ai annoncé à mon père que je voulais faire des études en communication, il était certain, ainsi que ma mère, que je perdais mon temps. Ils me voyaient plutôt suivre les filières traditionnelles de droit, d'économie. Mais j'étais convaincue que sur une échelle de temps de dix ans, l'économie mauritanienne offrirait une place de choix au secteur de la communication.

Aussi, nos entreprises ont longtemps pensé que mettre la lumière sur des activités ou des produits issus de ces activités, était une façon d'imputer de la valeur à des choses qui n'en avaient pas! En tout cas, elles étaient convaincues que c'est ainsi que le public le percevrait.

Depuis quelques années cette mentalité évolue, avec l'ouverture du pays, l'arrivée d'investisseurs étrangers, et surtout la diffusion de l'internet.

De l'avis de la plupart des acteurs de votre secteur, la communication serait en train d'émerger. Partagez-vous cette analyse?

Le changement de mentalité en cours, évoqué précédemment, laisse espérer de belles perspectives pour ce secteur. Donc oui le métier émerge de plus en plus, même si dans l'ensemble ça reste relativement embryonnaire. Cet enthousiasme est modéré par le fait que ce sont essentiellement les trois gros opérateurs de télécommunication qui monopolisent 90% de l'espace de communication, notamment au niveau des pubs télévisées ou des espaces urbains.

Djindah Abdel Baghy Bal, Directrice de Butterfly: «En Mauritanie, on reconnaît encore difficilement la valeur ajoutée d'un travail intellectuel»
Justement, la clientèle nationale voit-elle aujourd'hui plus clairement l'intérêt de vos activités? Vient-elle plus naturellement vers vos services?

Pour l'essentiel des sociétés nationales, même les plus grosses, la communication reste un ovni, dont on ne voit pas vraiment l'utilité, menée essentiellement par des jeunes etc. Autant de raisons qui ont maintenu vive leur défiance.
Aujourd'hui, les sociétés étrangères, et les ONG aidant, les entreprises locales arrivent plus spontanément à demander nos services.

Il y a un problème qui nous plombe souvent, c'est l'amalgame qui est fait en Mauritanie entre le métier d'imprimeur et celui d'agence de communication. Même si les deux métiers sont greffés l'un à l'autre, l'imprimerie est plus technique, et la communication a un background différent, où le conseil, la perspective des cibles visées sont souvent éludés ici. Et on nous dit souvent «c'est trop cher!»; mais la plupart des clients ne veulent pas voir, en amont de l'impression, le travail de conception, de vérification de la cible, sa segmentation etc. Tout cela est un travail à part.
Mais il est vrai malheureusement qu'en Mauritanie, on reconnaît encore difficilement la valeur ajoutée d'un travail intellectuel.

Propos recueillis par MLK
Mamoudou Kane


              

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