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Diplomatie : L’entêtant axe Nouakchott-Téhéran


Actualité
Mardi 28 Août 2012 - 19:19

Le président Mohamed Ould Abdel Aziz s’apprête à se rendre à Téhéran pour prendre part au Sommet des Non-alignés prévu du 30 au 31 août prochain. Cette présence mauritanienne au plus haut sommet en Iran, somme toute naturelle, intervient au moment où les relations entre la Mauritanie et le pays des Ayatollahs sont élevées au stade des ambassadeurs. En contre fond, un axe Nouakchott-Téhéran qui se renforce vers Damas, au moment où les forces progressistes du pays restent perplexes face à cette "dérive diplomatique " à la Chavez.


Diplomatie : L’entêtant axe Nouakchott-Téhéran

Le président Mohamed Ould Abdel Aziz semble développer un sens élevé de l’anticonformisme, qui en fait un héros national aux yeux de ses partisans. Si comme le président Vénézuélien Hugo Chavez, Aziz sait bousculer les convenances diplomatiques qui régissent le monde, au point d’agacer ses détracteurs et l’Espagne avec, il sait aussi épouser les intérêts de quelques puissances, comme la France, quand il le faut.

Au moment où l’Iran est mis aux bancs de la communauté internationale, pour de fausses raisons certes, la Mauritanie de Mohamed Ould Abdel Aziz élève ses relations avec Téhéran sur le plan diplomatique et se range du côté d’un autre banni, le président syrien Bachard El Assad. Tout comme hier, il avait soutenu jusqu’au dernier souffle, contre vents et marées, le guide libyen Mouammar Kadhafi, poussant la fidélité après sa mort, jusqu’à refuser de livrer à ses tombeurs, son ancien chef des renseignements, Abdallahi Senoussi. C’est là aussi une logique toute somme Azizéenne de s’inscrire dans l’Axe anti-israélienne, dénommé par d’autres "l’Axe du Mal " représenté jusque-là, entre autres, par la Syrie et l’Iran. L’alchimie qui permet à la Mauritanie de conserver encore ses partenaires serait, selon certains analystes de l’opposition, cette propension toute aussi déraisonnée de leur livrer les richesses minières du pays à ciel ouvert, en contrepartie de faibles subsides. Une permissivité qui compenserait plus ou moins l’arrogance politique de la Mauritanie. Peut-être aussi que l’intelligence d’Aziz est d’avoir mis le pays en tension, ce qui lui permet de tirer des dividendes de tous les côtés, aussi bien de l’Iran, bien qu’affaibli, que du camp adverse représenté par l’Arabie Saoudite et qui vient de lui accorder un appui d’environ 47 Millions de dollars U.S. Ainsi, l’Iran qui fait face à un impitoyable blocus occidental, renforcé par ses inimitiés légendaire avec les puissances du Golf, trouve en la Mauritanie, un proton avancé dans cette partie du monde. D’où les ballets incessants des responsables iraniens en Mauritanie depuis la rupture des relations diplomatiques avec Israêl en 2009.

Ainsi, la fin 2011 a été particulièrement édifiante dans ce pont diplomatique jeté entre Nouakchott et Téhéran, et qui a été couronné il y a deux jours par la présentation des lettres de créance du premier ambassadeur plénipotentiaire de la République Islamique d’Iran en Mauritanie, SEM Ali Asghar Naçiri. Du récent séjour à Nouakchott du Vice-président iranien, Mohamed Ridha Tajdine, venu apporter l’invitation personnelle d’Ahmedinajad à Mohamed Ould Abdel Aziz pour le sommet des Non-alignés, à la première visite [JPEG - 29.9 ko]url:http://www.lauthentic.info/IMG/jpg/tahran.jpg du président iranien en personne en Mauritanie en septembre 2011, presque tous les grands dignitaires de Téhéran ont défilé à Nouakchott depuis, sans que sur le plan concret, les retombées de telles "relations privilégiées " aient été perçu par le Mauritanien lambda.

Le paradoxe dans ces relations jugées de pernicieuse, par une partie de l’opinion, réside dans les aléas d’accords qui ont tangué entre fausses mirages, tels ceux qui devaient être signés à Nouakchott lors du bref passage d’Ahmedinajad et qui ne le furent pas, à ceux paraphés à Téhéran et qui se sont réduits en fin de compte à quelques bus déglingués dont la plupart est aujourd’hui sur câle. Les mauvaises langues parlent cependant d’une centaine de Tout Terrain qui du Port de Nouakchott aurait directement été convoyée vers un obscur parc aux environs de la zone industrielle, à El Mina.

Plusieurs accords paraphés durant la visite à Téhéran du président Mohamed Ould Abdel Aziz en 2010 n’ont pas encore vu jour, tel ce port de pêche que l’Iran devait construire en Mauritanie avec ses unités de traitement de poisson ou l’accord dans le domaine de la surveillance maritime et côtière, sans compter les nombreux projets que la Banque iranienne pour le développement devait financer en Mauritanie dans le domaine des routes, des digues, de l’agriculture…

L’observateur averti notera en définitive que les relations avec Téhéran n’ont apporté à la Mauritanie que la colère de certains voisins comme le Maroc ou d’anciens partenaires éloignés comme le Qatar, les Emirats, entre autres.

Cheikh Aïdara.
Pour L'Authentic

 

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