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Diffamations et rumeurs contre les symboles de l’Etat : Le silence, un destructeur de confiance


Tribunes
Jeudi 13 Juin 2013 - 10:54

L’opinion publique mauritanienne assiste depuis un certain nombre de temps, à une série de suspicions et d’accusations à peine voilées, touchant à l’honneur de personnalités importantes de l’Etat, dont le président de la République lui-même, ou encore un ancien consul à Bissau, et aujourd’hui sur la sellette, le gouverneur de la BCM, le ministre de la Justice et le procureur de la République. SI le président Aziz a été prompt à déposer plainte en France contre un député euro des Verts pour « diffamation », certains trouvent inexplicables qu’il puisse garder le silence face à ses «diffamateurs» internes.


Diffamations et rumeurs contre les symboles de l’Etat : Le silence, un destructeur de confiance
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Le silence face à l’ignominie est-il la bonne arme de déculpabilisation, si l’on sait que le « non-dit est un poison, une violente muette » non seulement contre soi , mais contre l’opinion qui a droit à la vérité. Alors, quand est-ce que le voile sur toutes ces affaires scabreuses, trafic de drogue, blanchiment, corruption, seront-elles levées ? Si la parole est d’argent, le silence est-il toujours d’or ?

Un grand penseur disait :

« il existe un silence tyrannique, sous forme de –je ne veux plus qu’on parle de ça- ; outrepasser cette injonction oblige à une intrusion dans un espace de silence imposé ; respecter ce souhait…c’est nier un ressenti personnel qui peut-être en désaccord avec sa vision des choses. C’est une manipulation affective assez vicieuse ».

Certes, le président Mohamed Ould Abdel Aziz n’a pas dit « je ne veux plus qu’on parle de ça », du moins publiquement, pour faire taire les rumeurs que son opposition fait courir sur son compte et que presque la quasi-totalité des médias, ont repris. Non seulement, les accusations portées par ses détracteurs qui l’accusent d’implication dans le trafic de drogue et de blanchiment d’argent, sont devenues le principal argument politique développé contre lui, mais les médias audiovisuels s’en sont emparés pour en faire des objets de débat. Si au moins, Ould Abdel Aziz avait dit quelque chose, n’importe quoi, ce serait au moins plus rassurant que son silence obstiné face à de si graves rumeurs.

Ainsi, personne ne comprend qu’il puisse penser répondre par un procès à un député français qui l’a accusé des mêmes griefs et faire le dos rond devant l’étalage intra muros qu’en font ses adversaires politiques. Et comme la nature a horreur du vide et que le président Mohamed Ould Abdel Aziz semble avoir opté pour l’indifférence finale, la rumeur et les ragots brodent dans l’imaginaire pour créer une « vérité » même factuelle. L’opinion a elle aussi horreur du silence et préfère de loin, les supputations aux allures du réel que l’angoissante absence de réponse.
Pourquoi, le président Mohamed Ould Abdel Aziz ne répond-il pas à ses accusateurs, par un démenti officiel, ne serait-ce que par respect pour les Mauritaniens ? Penser que ne pas répondre à une infamie est la meilleure façon de ne pas la répandre, et que tout le monde le comprendrait ainsi, n’est pas la bonne solution, pour un Chef d’Etat objet d’accusations aussi graves.

Si réellement, il s’agit de diffamation, pourquoi ne pas confier l’affaire à un pool d’avocats et envoyer tous ces colporteurs de médisance devant les tribunaux ? Ce serait en tout cas plus glorieux que de les laisser poursuivre leurs œuvres, avec ce sentiment exhaltant des détenteurs de la pure vérité. En se défendant contre les médisances, Mohamed Ould Abdel Aziz ne se défendra pas lui-même, mais la République et les symboles de l’Etat qu’il représente.

Si l’on ne peut tolérer un tel silence de la part du président de la République face à la lame inflexible des accusateurs, on ne peut en faire autant pour son entourage. Hier, un journal de la place a explicitement accusé le Gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie, le ministre de la Justice et le Procureur de la République de Nouakchott de complicité dans l’affaire de la GBM et de celui de l’homme d’affaires, Ould Debagh. Il y est question d’une villa achetée à 45 Millions d’UM en faveur du ministre de la Justice par le Gouverneur de la BCM, d’une connivence achetée du Procureur de la République. Il y est question même d’un numéro de compte et de l’indication du lieu où se situe cette villa.

L’opinion attend une réponse de ses responsables. Le silence ne peut continuer à planer sur de si graves accusations portées par des personnes qui semblent disposer de tous leurs moyens de preuve. S’il y a diffamation, il doit y avoir plainte, puis procès, pour le triomphe de la vérité et le maintien du prestige de l’Etat. Les Mauritaniens n’acceptent plus de vivre dans un tel climat où des interrogations aussi vitales pour la Nation restent sans réponse.

JOB
Lu sur lauthentic.info

 
Mamoudou Kane


              

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