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Dieu ! que je regrette la nationalité française !


Tribunes
Samedi 23 Juillet 2011 - 03:08

Mon histoire avec la France commence très tôt ! Mon pays a été colonisé par la France. Les mauritaniens doivent les frontières de leur pays à la France plutôt qu’à leurs guerriers… La constitution, les institutions, l’état, l’organisation de l’armée, tout est fruit français. On ne le dira jamais assez aux chauvins, sans la France, nous serions des villageois marocains, sénégalais, algériens ou maliens. Mais ça c’est une autre histoire !


Dieu ! que je regrette la nationalité française !
Pour ce qui nous occupe, je suis né dans une famille francophile comme la majorité des familles lettrées d’une certaine région à laquelle la Mauritanie doit sa fameuse pacification. J’ai des frères et sœur franco-mauritaniens, dont l'un militaire français. J’ai fait la majeure partie de ma scolarité à l’étranger au Sénégal plus précisément dans une école catholique le Cours Sainte Marie de Hann, puis j’ai intégré le lycée français de Nouakchott après être rentré au pays suite aux massacres des événements de 1989.
 
Ensuite je suis allé en France faire mes études qui furent plus une étude du monde occidental vu de l’intérieur qu’un banal séjour académique. L’étude de ce monde-là occupa toutes mes pensées et alimenta mes méditations, ma philosophie et mes écrits bien vains jusque-là ; ce fut une étude si studieuse de ce monde-là que j’en ai oublié que je n’étais pas chez moi.
 
La préfecture de la gironde me l’a vite rappelé, en m’invitant à quitter le territoire français dans les meilleurs délais ; invitation que j’ai volontiers rendue à l’Attaché De à la préfecture de la gironde en l'invitant à mon tour au tribunal administratif pour abus de pouvoir. Soit que mon avocat béninois, rencontré à l’époque dans une boîte de nuit, ne fut pas convaincant, soit qu’un petit africain ne gagne jamais à cette justice-là contre une préfecture de police, le résultat fut que j’ai perdu mon procès même en appel ; il ne me restait plus qu’à aller au Conseil d’Etat ou appeler Dah Ould Abdi qui était ambassadeur à l’époque avec un bras long ce qui eût pu régler mes affaires.
 
Je ne fis ni l’un ni l’autre et j’ai pris l’avion pour rentrer au pays natal. C’était il y a 11 ans ! J’ai juré alors que je ne retournerai plus en France ! Ah ! jeunesse ! Jeunesse ! J’avais tout simplement oublié qu’on coupe difficilement le cordon ombilical surtout quand on ne parle que français et qu’on était amoureux d’une française avec laquelle on est resté 12 ans ! Sans jamais penser, bête que je suis, à avoir la nationalité française !
 
Jusque-là, rien de grave, on peut vivre sans la France ! Il y a le reste du monde ! Mais quand on a un petit garçon franco-mauritanien d’à peine 3 ans qui lui vit en France car son père n’est chez lui presque rien ni personne alors là on se dit : Merde ! Si j’avais pris la nationalité française, je pourrais prendre l’avion et aller le voir  sans avoir à faire la queue dans la rue pour demander un visa et répondre à mille questions humiliantes avec au final le risque de se voir refuser la visite !
 
Que vaut la nationalité mauritanienne quand on est un citoyen lambda dans un pays sous occupation militaire depuis 33 ans ?
 
Cette nationalité vaut un numéro de cellule en résidence surveillée !
 
Fier d’être mauritanien ? Bien sûr ! mais à quel prix !
 
 
chezvlane.blogspot.com


              

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