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Dialogue politique : la Mayonnaise n’a pas encore pris


Actu Mauritanie
Jeudi 5 Février 2015 - 17:00


Ahmed Ould Daddah
Ahmed Ould Daddah
Le dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition, remis sur table récemment, n’a pas encore été amorcé. Chaque partie, le pouvoir en premier, a avancé sa proposition. Mais, on attend le retour du patron du Rassemblement des forces démocratiques, Ahmed Ould Daddah, en voyage en Côte d’Ivoire, pour que les choses avancent ou n’avancent pas. 

Il y a lieu de signaler que le dialogue qui s’annonce devrait se dérouler -  s’il devait se dérouler-  entre la majorité et ce qu’on appelle aujourd’hui le  Forum National pour la Démocratie et l’Unité. La Convergence pour une Alternance Pacifique (CAP) de Messaoud Ould Boulkheïr, Boidiel Ould Hoummeid, Ould Horma, une autre opposition, modérée, dit-on, a déjà eu son dialogue avec la majorité. Des  résultats ont eu lieu. 

Des  actions même communes ont été  concertées et convenues, dont justement la reprise du processus électoral  - législatives et municipales- puis la présidentielle qui s’en est suivie. 
Oserait-on dire qu’un tel dialogue a été vain ? L’intérêt que porte, ces jours-ci, Mohamed Ould Abdel Aziz au dialogue (dont la proposition non sans insistance émane manifestement de lui)  avec son opposition radicale  ne traduit pas vraiment un enchantement,  ni une satisfaction particulière de tels résultats. 

La CAP ne faisait visiblement pas l’affaire. Le Tawassoul, islamiste de Jemil Mansour, qui coupera, momentanément les amarres avec le FNDU, pour participer aux élections législatives et municipales, ne saurait faire non plus le bonheur d’Ould Abdel Aziz.  C’est comme si c’est le FNDU qui fait l’affaire, son affaire !

Mais alors, le FNDU est bien un gros  et large attelage. Partis politiques, syndicats, personnalités indépendantes en sont les différents segments. On sait bien qu’un dialogue politique concerne d’abord  les politiques. Et que toute décision qui en découlerait impliquerait, sinon engagerait, la participation ou la non participation des politiques. Et d’abord et enfin les politiques. 

Ce qui, cela va sans dire, indique un peu le sens de l’aiguille d’un tel dialogue. Qui oriente forcément  l’opinion vers la position des personnalités politiques. On comprend mieux le pourquoi de l’attente du retour d’Ahmed Ould Daddah.

Chances de réussite…

La chance de la réussite de  ce dialogue demeure, il faut le dire, tributaire d’une nouvelle confiance qui devrait nécessairement se créer entre Mohamed Ould Abdel Aziz et le FNDU. Au point où en est, la confiance est entièrement pourrie. Même si Mohamed Ould Abdel Aziz est, pour cette fois-ci, armé de sincérité, il faut bien des signes forts, de sa part, pour que des personnalités comme Ahmed Ould Daddah, Mohamed Ould Mouloud et les autres s’embarquent avec lui pour un énième dialogue. 

Evidemment, un dialogue sans la participation de ces derniers ne saurait porter son nom, pas pour Ould Abdel Aziz, en tout cas, qui en est aujourd’hui  l’initiateur.
Mohamed Ould Abdel Aziz est, jusqu’à présent, considéré, par le FNDU, peu fiable. Sa crédibilité au sein de ce conglomérat est fortement entamée. Certains vont jusqu’ à recommander la fermeture et fermeté vis-à-vis de lui et de ses avances d’ouvertures, vaines et sans lendemains. 

D’autres pensent qu’il faut laisser la pourriture s’installer et attendre, pourquoi pas, un coup de force que la situation déliquescente imposera inéluctablement. Il est, lui-même, le propre et plus redoutable ennemi de lui-même, laissez-le, il produit chaque jour les germes de sa chute certaine, conseille une éminente personnalité engagée dans l’opposition. 
Au sein du FNDU, l’état d’esprit se résume ainsi. 

C’est dire qu’on ne court vraiment pas vers ce dialogue. On est même un peu étonné de sa relance et avec tant de questions sensibles, que le FNDU n’a jamais souhaité en discuter, notamment l’amendement de la Constitution et la question de limite d’âge limite des candidatures à la présidentielle, pour essayer d’appâter un Ahmed Ould Daddah, désormais de moins en moins impressionnable.

Il est vrai que le pays inaugure une année des plus difficiles. Avec une sécheresse qui a déjà frappé fort et commence à faire des ravages dans le monde rural. S’y ajoute une contreperformance pétrolifère, avec le départ en cascade des sociétés étrangères du secteur ; une autre, minière, conséquente à la chute du prix du fer. Sans compter la crise économique accentuée par des cas de détournement en série et en bandes organisées affectant la crédibilité même de la souveraineté financière. 

Une banque de la place vient de fermer, son promoteur inculpé dans une sale affaire ; un discrédit qui ne saurait arranger l’image d’une économie qui s’enlise. Beaucoup de sociétés et projets publics créés sous le règne de Mohamed Ould Abdel Aziz meurent à mi-parcours ou risquent de ne guère voire le jour. Un laisser-aller manifeste au sein de l’administration publique. 

L’incurie et l’amateurisme font bien bon ménage en son sein. Et pour finir- ou ne pas finir- une politique de lutte contre la gabegie, qui s’applique sur les petits voleurs et épargne – si elle ne magnifie pas- les véritables voleurs des biens et patrimoines publics. 

Un dialogue, un vrai, est certes nécessaire. Vital. Or, pour un dialogue, il faut au moins deux parties. Et une troisième partie qu’on appelle la confiance. Celle-là, perdue, depuis 2008. L’année du coup d’Etat. C’est un peu comme si on est de retour à la case de départ. Qu’on n’a pas su rompre d’avec le climat putschiste de l’époque. Un climat auquel s’ajoute un bilan, dont l’auteur, même son auteur, celui-là, également, l’auteur du fameux putsch de 2008, ne semble pas en être tout à fait fier ! Sinon, pourquoi, un dialogue à l’amorce de son second – et dernier- mandat ?

AVT
Noorinfo


              

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