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Dialogue politique: Sans lendemain…


Actu Mauritanie
Jeudi 17 Avril 2014 - 12:04

Les trois pôles politiques, en conclave depuis lundi, on buté hier après-midi, sur un point relatif au délai, que les uns et les autres doivent donner à la période du dialogue proprement dit. Pour la majorité, le dialogue devra clore vendredi prochain, après-demain. Samedi suivant pour la CAP. Après deux semaines, pour le forum. Divergence, séparation et retrait de chaque pôle vers sa tranchée. N’empêche, qu’une rencontre est donnée possible. Dans une ou deux journées…


Dialogue politique: Sans lendemain…
Pour la première fois, depuis cinq ans, Mohamed Ould Abdel Aziz et son opposition, à travers leurs représentants acceptent de se parler face-à-face. Ce ne sont pas, pourtant, les appels au dialogue, qui faisaient défaut. Les deux parties ont appelé au dialogue à plus d’une occasion. Des appels, qui sont restés vains et sans aucune suite concrète. Le dialogue était devenu, au passage, comme l’un de ses principes majeurs de la démocratie en Mauritanie chez nous. Un mot clé, dit-on, de ce mandat, qui s’achève, qui n’ouvrait aucune perspective. Et avait, peut-être, perdu toute son essence. Il suffit de déclarer publiquement son attachement au dialogue. Sans plus. L’essentiel qu’on se le dit, se le répète. Aller vers des assises sérieuses, créer ou préparer les conditions d’un climat propice pour ce dialogue, là c’est une autre question. Depuis jeudi dernier, le dialogue tripartite a commencé.

Il y a d’abord le Forum National pour l’Unité et la Démocratie ( FNUD), regroupant la Coordination de l’Opposition Démocratique ( COD), agrémentée par des centrales syndicales, des partis de l’Alliance patriotique, des personnalités indépendantes et des acteurs de la société civile, en plus du parti Tawassoul, revenu, après sa participation aux dernières élections, au sein de ce ensemble élargi, aujourd’hui. Puis, la Convergence pour une Alternance Pacifique, constituée autour et par le bloc des anciens partis de la COD, ayant opté pour le dialogue de 2011 et qui ont participé aux dernières élections législatives et municipales. Ensuite, le pôle de la majorité présidentielle. Les assises d’aujourd’hui viennent après une série de rencontres informelles ou presque entre le premier ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf, et quelques leaders du FNUD. Une première rencontre pour l’amorce du dialogue a eu lieu, il y a deux semaines. Un premier couac provoqué par le retrait du ministre de la communication, représentant du gouvernement, après son mot, qu’il pensait d’ouverture. Ce qui n’a pas plu aux représentants du FNUD, qui ont tenu à rappeler que la présence ministérielle n’était pas honorifique, ni pour une ouverture officielle.

Revenu de son séjour bruxellois, le premier ministre allait rectifier le tir et promettre une présence effective de représentants du gouvernement. A Nouadhibou, Mohamed Ould Abdel Aziz ne cessait pourtant de rappeler ses lignes rouges : Le respect des délais constitutionnels et l’impertinence – donc le refus- d’un gouvernement d’union nationale ou de large consensus, devant gérer la phase transitoire de l’élection présidentielle. Au cours de la rencontre d’avant-hier, après la première, plus centrée autour d’échanges de bons procédés, les représentants de la majorité ont souhaité la nécessité de fixer une échéance limite pour ce dialogue. Pour la CAP, il s’agissait de former des commissions et se donner un rendez-vous , le samedi 19 avril 2014, pour statuer sur leurs travaux. Pas question de commissions. Tout doit, selon le pôle de la majorité, se faire et donc se décider avec l’ensemble des participants. Tout en fixant une date butoir, le vendredi 18 avril 2014. Pour les représentants du FNUD, il faut deux semaines de négociations pour aboutir à quelque chose. Que peut-on espérer du dialogue en cours ? Il faut, peut-être, rappeler sa pertinence.

Toutes les parties ne le perçoivent pas nécessairement, utilement, de la même manière. Il est bien utile, c’est sûr, pour le président de la République, candidat, sans surprise, à sa propre succession. Utile et indispensable d’enlever l’épine de la question de reconnaissance, qui a trop enfoncé son pied depuis la dernière présidentielle, pour ne pas dire le putsch d’août 2008. Parvenir à amener tous les acteurs politiques dans une course pour une présidentielle, transparente, crédible, dont sa victoire certaine serait reconnue par ses adversaire, c’est un second mandat de tout bonheur, et surtout apaisé pour Abdel Aziz. Mais, jusqu’où ira-t-il dans ses concessions politiques pour redonner une confiance et un nouveau départ ? Il y a lieu de préciser que le FNUD, l’aile politique, en particulier, qui est, il faut le signaler, concernée en réalité par une élection présidentielle, a perdu, à les entendre, toute confiance, depuis les accords de Dakar et l’expérience de la courte transition de 2009. Et une élection présidentielle crédible nécessite pour beaucoup d’observateurs la participation d’un candidat de taille au sein de ce conglomérat.

Si la participation de la CAP était suffisante, on se serait bien passé d’un second dialogue inutile et vain ! Si on y tient vraiment, c’est que quelque part on cherche à piocher au sein du FNUD. Or, au sein du FNUD, les candidats ne sont pas légions. Tawassoul se contenterait mieux de sa représentation du moment au sein du Parlement. Un accord à l’issue de ce dialogue, qui conduirait à une dissolution du Parlement, ne saurait donc être intéressant pour le parti à référence islamique. L’Union des Forces Progressistes serait plus enchantée d’une représentation parlementaire et locale, qu’une élection présidentielle, pour laquelle il n’est pas encore trop outillé. Le Rassemblement des Forces Démocratiques, quant à lui, lorgne du côté de la présidence. Mais, ‘’qui a été mordu par le serpent craint bien la corde.’’ Un peu trop déçu de ses relations avec Ould Abdel Aziz, le RFD risque de s’en tenir à des conditions draconiennes. Improbables, ou presque. Comme quoi, chaque acteur au sein des dialoguistes à son propre agenda.

L’élection présidentielle supposée être l’objet d’une telle rencontre n’est qu’une affiche. Les enjeux sont bien ailleurs. Et dispersés, en plus. C’est que le dialogue d’aujourd’hui porte, déjà, en lui, les germes de son échec. Puisqu’il s’agit d’un dialogue pour une seule et unique échéance, même si elle est importante plus que toutes, elle n’intéresse pas vraiment grand monde de l’univers politique actuel ou des acteurs engagés dans ce dialogue. Les seuls acteurs intéressés, il leur faut, peut-être, une transition à l’aune d’un mandat présidentiel. Ou presque.

Abdelvetah Ould Mohamed

Source:Rmibiladi
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