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Dialogue national : Permanente mésentente


Actu Mauritanie
Jeudi 20 Août 2015 - 20:11

Au moment où l’attendait le moins, le pouvoir tente de forcer la main à l’opposition pour l’obliger à se rendre, mains et pieds liés, au rendez vous qu’il a fixé unilatéralement pour démarrer ce qu’il estime être des assises politiques nationales.


Le FNDU, qui regroupe la majorité des partis de l’opposition et même la CUPAD ou certains membres de celle-ci rejettent l’offre du régime et parlent d’un putsch contre le dialogue déjà entamé depuis le début de l’année entre les deux parties…
 
Le ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, ex premier Ministre et principal négociateur du pouvoir, a envoyé un courrier (lire en page 7) aux partis politiques les invitant à un format nouveau de dialogue dont le lancement est prévu pour le 07 septembre prochain.
 
Ce fait est noté au moment où le staff du dialogue au nom de la majorité, composé par le ministre Secrétaire Général de la présidence, le président de l’Union Pour la République (UPR)-principal parti de la majorité, maître Sidi Mohamed Ould Maham, le président de la coalition majoritaire Ethmane Ould Eby El Maali, président du parti Al Vadila, a été élargi à de nouvelles personnalités de l’entourage du président dont son directeur de cabinet, Ahmed Ould Bahiya, et ses chargés de mission : Sidney Sokhna et Ahmed Salem Ould Merzoug.
 
On ne comprend pas exactement les raisons profondes qui ont poussé le régime à abandonner le forma jusqu’ici poursuivi dans le dialogue plus ou moins controversé avec l’opposition qui s’attendait à tout sauf à être convoquée de cette manière cavalière à un dialogue dont le forma et la date ont été fixés d’autorité par le pouvoir.
 
Cherche-t-il réellement à les attirer vers le dialogue ou plutôt à les faire fuir ? Difficile de ne pas répondre à l’affirmatif, tant il est évident que les partis membres du FNDU, déjà septiques par rapport à la sincérité du président Aziz, se sentiraient frustrés et peu rassurés et ne trouveraient d’autres réponses que le rejet de ce qu’ils estiment être pas moins qu’un putsch contre l’ancien dialogue qui peinait à démarrer depuis le début de l’année.
 
D’ailleurs, le Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU), qui trouvait généralement de difficulté à s’entendre et à formuler ses positions, n’a cette fois-ci pas trouvé de problème à s’entendre avec une célérité déconcertante sur la position de rejet unanime de la proposition émanant du pouvoir, aussi bien dans la forme que dans le fonds, par rapport à ce nouveau format que doit prendre le dialogue.
 
Me Diabira Maroufa, qui assure la présidence tournante du FNDU, a envoyé au ministre secrétaire général de la présidence une lettre qui explique le point de vue de sa coalition et invite le pouvoir à revenir à l’ancien format du dialogue en répondant à la plate forme du FNDU (lire en page 9).
 
Même son de cloche chez l’APP de Messaoud Ould Boulkheir qui ne serait pas partante dans une nouvelle aventure politique avec le président Mohamed Ould Abdel Aziz et sa majorité. On se rappelle quand même que Messaoud qui  a été partenaire dans le dialogue de 2011 s’est abstenu de participer à la dernière élection présidentielle arguant le non respect par le pouvoir des conclusions du dit dialogue.
 
Selon des sources concordantes qui ont parlé à Bialdi, le leader haratine, Messaoud, aurait affirmé à des interlocuteurs qu’il n’ira jamais dans un dialogue avec le pouvoir auquel ne participe pas le FNDU.
 
Si cela arrivait à se confirmer, on se dirige vers un nouveau dialogue au rabais  impliquant  le pouvoir, une multitude d’organisations peu représentatives de la société civile, des partillons et, peut être, un ou deux membres de la très molle opposition du CUPAD.
 
Quel objectif ?
 
Reste à savoir les objectifs visés par le  président Mohamed Ould Abdel Aziz, en agitant périodiquement un dialogue non inclusif, qui finit toujours dans les placards. Il est vraiment difficile de répondre à une telle interrogation même si l’on sait que Aziz est très préoccupé par la perspective encore lointaine de son départ du pouvoir après la fin constitutionnelle de son ultime mandat à la tête et échafaude différents scénarios pour en faire face.
 
Pour le moment, il semble qu’il est décidé à supprimer le Sénat et à organiser de nouvelles élections municipales et législatives. C’est l’unique cadeau qu’il entend céder à son opposition qui ne semble pas du tout motivée à participer à une consultation électorale dont les règles seront fixées par celui qui bénéficie d’aucun crédit chez eux.
 
Amine Lazrag
rmibiliadi
Noorinfo


              

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