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Dialogue national: Le scénario de Dakar en perspective?


Actualité
Mercredi 12 Octobre 2011 - 12:34

L’ouverture du dialogue national s’était déroulée en grandes pompes. Un florilège de déclarations de bonnes intentions fusant de tous les bords. Bref une mise en scène qui voulait ébranler les certitudes des ‘’incrédules’’. Dans quelques jours, le dialogue sera clos. L’euphorie des premiers jours des conclaves du palais de congrès semble bien avoir cédé place au scepticisme. On n’est pas loin du spectre des accords de Dakar.


Il y aurait de quoi être satisfait du dialogue
Il y aurait de quoi être satisfait du dialogue
Écoutant chaque jour, depuis le début du dialogue les différents intervenants à cette table-ronde par le biais des médias publics, on ne saurait douter du succès spectaculaire des négociations entre les partenaires politiques:
On comprendrait ici l’absence de tabous, tant vantée, dans l’évocation de toutes les questions nationales. On se réjouirait là, de l’entente imminente des protagonistes sur les onze thèmes déclinés, cœur du dialogue. Et bien sûr, on se gargariserait une éternité durant, louant la sagesse et la clairvoyance de nos politiques. Ceux en tout cas qui ont pris part à ces assises. Sans oublier, bien évidement le premier citoyen du pays qui aurait pesé de son poids pour sommer sa majorité d’accepter l’inacceptable.

C’est un peu la réalité du dialogue vu à travers le prisme des médias publics, et souhaité par une opinion constamment interrogée, après tri sévère par la presse officielle. Or, jusqu’à aujourd’hui, on ne peut jurer de rien. Les premières déclarations, faites, en aparté depuis hier, renvoient une image bien différente de celle qu'esquissaient les médias publics.

Et après…

C’est vrai, il y a eu la rencontre, entre le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz et Messaoud Ould Boulkheïr, avant-hier. Certains médias ont même évoqué une forme d’entente à l’issue de cette rencontre. On a parlé d’une structure indépendante, autonome financièrement et politiquement, qui aurait en charge la gestion des processus électoraux. On évoque le renforcement des pouvoirs du Premier ministre, à la lumière d’une révision constitutionnelle.

On s'acheminerait vers un nouvel accord de façade, comme à Dakar, pour résoudre la crise politique qui dure depuis 3 ans maintenant
On s'acheminerait vers un nouvel accord de façade, comme à Dakar, pour résoudre la crise politique qui dure depuis 3 ans maintenant
Mais, il y a lieu de rappeler que cette rencontre entre ces deux personnalités centrales n’a pas été sanctionnée par un seul communiqué officiel. Alors qu’hier même, d’autres informations venaient limiter la portée de cette rencontre à un exposé de Messaoud Ould Boulkheïr, et un simple constat, sans aucun engagement de la part d’Ould Abdel Aziz. Celui-là qui aurait tout simplement dit que ces doléances sont recevables et qu’il allait les soumettre à sa majorité. Ce qui n’augure pas d’une entente proche. Puisqu’on est bien en droit de se demander depuis quand Mohamed Ould Abdel Aziz consulte sa majorité?

On sait bien que l’issue dépend d’une seule personne. Pas trois, ni deux. C’est la volonté, l’ultime, de Mohamed Ould Abdel Aziz qui compte finalement. La réaction de l’homme, feignant la consultation d’une majorité qu’il n’a jamais consultée, convoque le spectre des accords de Dakar. Donner le minimum et recevoir, en contrepartie, le maximum. Un quitus qui lui permettra de passer un bon bout de temps dans un climat de paix provisoire.

Toutefois, il y a toujours un éventail de scenarii possibles: On peut tout bonnement aboutir à des accords aux forceps, partiels, prenant en charge quelques-uns des thèmes débattus, les plus simples et les plus vagues. Ceux dont l’application ne saurait être mesurable. Par la suite, pour bien «lubrifier les gosiers», on mettrait en place un gouvernement d’union nationale, qui, à l’instar du gouvernement post-accords de Dakar, aurait en charge l’application des accords de Nouakchott, cette fois-ci. Pour rappel, on sait que le fameux gouvernement des accords de Dakar avait, malgré un Mohamed Ould Abdel Aziz candidat à la présidentielle, officiellement, dans la posture d’un citoyen ordinaire, en dehors du pouvoir, fonctionné au bon gré de ce candidat. Ce même candidat, d’hier, président depuis, qui va diriger de près et dans toute la légalité un gouvernement qui devrait mettre en application les recommandations des accords de Nouakchott.

Le dialogue pourrait donc se clôturer sans parvenir à une quelconque forme d’entente, mais en rappelant que le Dialogue National est un choix stratégique et donc ne saurait être clôturé par une simple cérémonie. Et, que les partenaires politiques vont continuer à débattre à l’éternité jusqu’à ce qu’ils s’entendent sur tous les points.
Mais, le dialogue peut également se terminer, comme on dit, comme tous les grands projets dans ce pays, en queue de poisson.
Au-delà de l’aboutissement de ce dialogue, de la volonté réelle ou supposée de tout un chacun, ce dialogue constitue, d’abord, et avant tout, un jeu moral pour les principaux acteurs qui y ont cru, ou qui ont fait semblant d’y croire. C’est un test et pour le président de la République, pour sa majorité et pour l’opposition participante. Un test! de crédibilité.

A.V.T
Mamoudou Kane


              

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