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Dialogue national:L’avant dernière ligne oblique


Lu sur le web
Mercredi 10 Août 2011 - 01:16

Le dialogue politique entre Mohamed Ould Abdel Aziz et la Coordination de l’Opposition Démocratique (C.O.D) continue à produire le suspense. Chaque rencontre rajoute davantage son lot d’incertitudes sur le sort des rapports entre les partenaires de la scène politique.


Dialogue national:L’avant dernière ligne oblique

Pendant que la C.O.D se démêle dans ses interminables contradictions, Mohamed Ould Abdel Aziz s’évertue à produire ses propres cartes politiques. Des cartes qui lui donnent, en plus d’une longueur d’avance sur ses adversaires, des postures stratégiques qu’il peut, dans la foulée, y revenir, dans le cadre, de ce qui s’apparenterait, à une importante concession faite à ses adversaires. Une concession, qui fait un peu pour une C.O.D, désunie, une couleuvre difficilement avalable.  

La rencontre entre les émissaires de la Coordination de l’Opposition Démocratique (C.O.D) et le président de la République a eu lieu, finalement, mercredi dernier. Elle aurait été des plus négatifs, si l’on se fie à une appréciation livrée à chaud, par Messaoud Ould Boulkheïr, au Premier ministre. Pour une fois, le président de la chambre basse n’était pas satisfait de cette rencontre, lui, qui a habitué ses partenaires de la C.O.D à prêcher la bonne parole sur les bonnes intentions et dispositions de Mohamed Ould Abdel Aziz pour le dialogue. 

La présence de Mahfoudh Ould Bettah à cette rencontre a, peut-être, poussé le président de la République à corser son discours. Un témoin, un peu gênant, aussi, dans la mesure où il avait constitué un soutien psychologique pour Messaoud. Permettant, à ce dernier de se montrer plus exigent vis-à-vis de Mohamed Ould Abdel Aziz.

A sa sortie de cette rencontre, qui a duré une heure quarante minutes, Ould Boulkheir a immédiatement appelé le PM pour l’avertir de l’attitude peu conciliante de Mohamed Ould Abdel Aziz, au cours de cette rencontre. ‘’ Il n’a jamais été plus négatif’’, disait-il au PM. Et, renchérissait-il, ‘’nous, au niveau de la C.O.D, nous réagirons, une fois que nous aurions une réponse écrite de la part du gouvernement’’. Ould Mohamed Laghdhaf, rassurant, a promis à Messaoud une réponse imminente qui, en plus, disait-il, prouve la ferme volonté du régime, au dialogue.


La réponse est tombée…
Lundi, avant-hier, le président de l’Assemblée Nationale a reçu une réponse écrite de la part du pouvoir. Il convoqua, aussitôt, une réunion des chefs de la C.O.D. Une réunion, qui s’est tenue, en l’absence d’Ahmed Ould Daddah et Mohamed Ould Mouloud qui étaient représentés respectivement par Mohamed Mahmoud Ould Lemmat et Mohamed Ould Khlil. 

Cette réponse écrite mentionne deux éléments nouveaux. L’un se rapporte à l’accès de l’opposition aux médias publics. Quant à l’autre élément, il concerne les prochaines élections municipales et législatives. Deux points sur lesquels Mohamed Ould Abdel Aziz, a, dans sa nouvelle copie écrite, promis de faire des efforts considérables. Ce qui est insuffisant, pour certains des représentants de la C.O.D, réunis sur convocation de Ould Boulkheir, lundi dernier. 

Pour Messaoud Ould Boulkheir, c’est une base suffisante pour amorcer un dialogue. Un débat houleux autour de l’appréciation des nouvelles promesses de Mohamed Ould Abdel Aziz a nourri la réunion de la C.O.D. Mais, aucun résultat consensuel ne venait boucler, d’une manière heureuse ou malheureuse, les négociations. Un rendez vous a été fixé pour mardi, hier, à 16 heures.
Selon une source de la COD qui s’est confiée à Biladi, la nouvelle proposition du dialogue qu’il lui est parvenue comprend un net recul par rapport à la détermination des partenaires de l’opération. Dans l’avant dernier courrier de la présidence, on parlait uniquement de deux parties : la majorité consolidée (président et sa majorité) et l’opposition. Alors que la récente proposition présidentielle parle de la présidence en plus de la majorité et de l’opposition. C‘est-à-dire trois pôles pour le dialogue. 

Pour ce qui est de l’ouverture des medias publics à l’opposition, c’est un dossier qui pourrait être révisé. C‘est-à-dire que le président accepte de l’inclure dans les sujets du dialogue. Quant au point relatif aux élections, il est également “recruté” dans le dictionnaire très restreint et restrictif du dialogue… 

En attendant cela, les troupes du président de la République pourraient bien se faire inscrire à la liste électorale, dans le cadre de l’ouverture d’inscription, faite à la lumière de la convocation du collège électoral, pour les législatives couplées aux municipales, prévues, réglementairement, en octobre prochain. La décision de convocation est tombée, une journée après la rencontre qui a eu lieu entre le président de la République et les émissaires Messaoud et Bettah. 
Une décision qui est, c’est vrai, toute réglementaire. Mais, si on sait que, dans les préalables de la feuille de route élaborée par la C.O.D, qui est un peu le document officiel, devant inspirer le dialogue, l’opposition a exigé une suspension systématique de tout processus électoral, on peut bien songer à un moyen de pression. 

Déjà, la dernière réunion de la C.O.D décline la menace d’une scission. Si, la C.O.D parvient à l’issue du prochain rendez-vous à un consensus qui lui épargne un schisme latent, il n’est pas dit qu’elle sortirait indemne d’un retour de la balle. Car, de l’autre côté, il y a un homme, même si, pour certains, ne serait-il pas sincère dans sa démarche, il dispose, quand même de toutes les cartes et possède toute la latitude de continuer à manœuvrer en attendant une situation plus favorable. 

Mais quoi qu’il en soit, il semble que l’opposition, cette fois-ci, ne dispose pas de beaucoup de temps pour réagir. Certains de ses membres –peut être même la majorité- seraient déjà fixés sur l’idée de traiter directement avec les partis de la majorité afin d’élaborer une feuille de route consensuelle pour lancer le dialogue. C’est le cas principalement de l’APP et Al Wiam. 

A l’opposé de cet avis, il y a le RFD et l’UFP qui ne croient tout simplement pas au sérieux du président, incapable, à leur yeux, d’être un partenaire fiable. Entre ces deux positions, il y a le reste de la troupe qui peut basculer dans chacun des deux camps…
Alors, on peut déjà imaginer les trois positions ouvertes devant la COD : soit une scission qui se traduira par le largage du RFD et de l’UFP et l’engagement du reste des partis du côté des dialoguistes ; soit que les autres partis accompagnent O. Daddah et Ould Mouloud dans leur refus des propositions du président pour le dialogue, mettent Messaoud et Boidjel en minorité et les obligent à aller uniquement avec leurs partis ; soit que la COD prenne son habitude et fait beaucoup de temps pour trancher le débat jusqu’à ce que leur partenaire de l’autre bord soit dégoutté et désiste…


 

http://www.rmibiladi.com


              

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