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Dialogue : Ould Maham , un choix éloquent


Mauritanie
Lundi 7 Avril 2014 - 14:17

En nommant Maître Ould Maham, repêché, in extrémis, grâce à un troisième tour, presque sur mesures, lors des élections les plus rocambolesques de l’histoire de la démocratie Mauritanienne, au poste de Ministre de la Communication, le Président a envoyé un message, on ne peut plus clair.


Le ministre de la communication et des relations avec le parlement Me Sidi Mohamed Ould Maham (d) et l'ambassadeur égyptien en Mauritanie,  Ahmed Mohamed Fadel Yacoub. Crédit : AMI
Le ministre de la communication et des relations avec le parlement Me Sidi Mohamed Ould Maham (d) et l'ambassadeur égyptien en Mauritanie, Ahmed Mohamed Fadel Yacoub. Crédit : AMI
Ce message, par son timing et sa conformité à l’histoire politique du nouveau Ministre est, en soit, tout un programme. Il s’adressait à l’opposition, en général, que connait bien le nouveau Ministre, ancien « Commandant» de la célèbre Kétiba parlementaire, qu’un certain Général Aziz avait chargée de « légaliser » le renversement du Président Sidi Ould Cheikh Abdellahi, fraîchement élu par la majorité du  peuple Mauritanien. 
 
Le message est aussi adressé, tout particulièrement, aux frères musulmans (Tewassoul), dont Maître Ould Maham est le fils « idéologique », par sa formation, l’ISERI, et par le parrainage familial, Abdou Ould Maham, un des tous premiers promoteurs du courant Islamiste en Mauritanie
C’est le deuxième grand cadeau de confiance que le Président Aziz offre à cet Avocat de formation qui a fait ses premières armes dans la défense des « Cavaliers du changement » que l’opinion nationale, à l’époque, considérait comme fortement liés aux islamistes. 
 
C’est donc cet « objectivement » islamiste, sans barbe et sans moustache, que  le Président Aziz avait déjà nommé Président d’un tribunal spécial pour lui permettre  de « juger »… sa victime : le Prédisent Sidi Ould Cheikh Abdellahi. Seuls ceux qui n’ont pas bien décodé le message peuvent s’étonner de l’attitude hautaine et méprisante que Ould Maham a vite affichée à l’égard de l’opposition qu’il qualifie, d’emblée, de « tigre en papier ».
 
Pour les leaders de l’opposition, et tous ceux qui ont vu l’ex-député Ould Maham, dans ses grandes œuvres,  au cours du « printemps FNDD », ils savent qu’ils auront peu de chance de faire aboutir un quelconque dialogue où il est partie prenante (pour ne pas dire partie civile). Mais est-ce une raison « suffisamment objective » pour rejeter l’offre du pouvoir ? 
 
 Les membres du Forum pour l’Unité et la Démocratie n’ont d’autres choix que de saisir la main tendue par Aziz et d’y voir, à priori, une invitation sincère au dialogue. Faute de quoi ils se verraient condamnés par l’opinion nationale et internationale.  Les premiers pas vers la concrétisation du dialogue ont montré à quel point Monsieur le Ministre de la Communication était disposé à… ne pas dialoguer. La suite ? Elle dépendra, malgré tout, du rapport de force et de l’évaluation que fera le Candidat Aziz des risques d’échec auxquels il s’expose, pour faire  de Ould  Maham, soit un fusible, comme bien d’autres, ou au contraire, l’encourager à poursuivre ses gaffes. Et tant pis pour le dialogue.
 
Ould El Metrouche


              

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