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Diaguily : le foncier qui divise


Société
Jeudi 27 Juin 2013 - 22:15

Depuis, 2008, la localité de Diaguily (sud de la Mauritanie au bord du fleuve Sénégal), vit au rythme d’un litige pour le contrôle de terres de cultures. Le conflit a éclaté au grand jour quand une famille autochtone, les Yatéra, a réclamé 34 hectares qu’elle avait gracieusement mis à la disposition d’une coopérative villageoise en usufruit. Elle s’est alors vu opposer le refus des exploitants qui y voient les stigmates des pesanteurs sociales : les détenteurs des droits coutumiers sont dits « nobles » et le gérant de la coopérative « ancien esclave ».


Diaguily : le foncier qui divise
Suivant le camp considéré, le litige est présenté tour à tour comme un différend entre féodaux et descendants d’esclaves ou comme la marque de la cupidité d’un groupe qui arrime un problème de propriété à celui de l’esclavage en milieu Soninké.
 
C’est la première position que retient le chef de la communauté de Diaguily à Paris. PourSoumaré Bakary dit Cheikhou, il n’y a aucun problème entre descendants d’esclaves et le reste de la communauté. Il pointe du doigt un groupuscule issu de la même famille qui veut, selon sa version, s’accaparer  de façon illégale et privative des terres qui ont été mises à la disposition de toute la communauté villageoise sans exclusive, par la famille Yatéra.  M. Soumaré s’est montré très remonté contre madame la Maire de Diaguily Coumba Moussa Diabira, qu’il accuse de vouloir utiliser ce problème à des fins purement politiciennes. Le maire Coumba Moussa Diabiran’est pas le seul membre de la chefferie traditionnelle à se trouver dans le camp réputé victime de discrimination : d’autres membres de la « bourgeoisie locale, dont l’ancien ministre et actuel ambassadeur Bakari Diabira, figure politique d’envergure nationale dont Diaguily est le fief, se trouvent dans la même situation.
 
KASSATAYA a rencontré le chef de la communauté Diaguiloise de Paris. Cet entretien audio a été l’occasion d’aborder le problème de cimetières distincts en fonction de la classe sociale et à travers lui, la question des inégalités en milieu soninké.
 
Selon M. Soumaré, le groupe qui veut s’accaparer les terres des Yatéra, a trouvé comme subterfuge de dire qu’ils sont lésés en raison de leur statut d’anciens esclaves. Cependant, ajoute-t-il, ces derniers ne peuvent se prévaloir de ces terres ni par le droit coutumier ni par le droit moderne. Selon la version de M. Soumaré Bakary dit Cheikhou, ces terres étaient aménagées pour toutes les femmes de Diaguily tous statuts confondus. Un homme, M.  Lassana Coulibalyavait été désigné pour les accompagner notamment sur l’aspect technique avec le concours de laSONADER (Société Nationale de Développement Rural). M. Soumaré rappelle qu’avant M. Coulibaly, il y a eu deux autres personnes avec qui il n’y a pas eu de problèmes. Selon lui,Lassana Coulibaly n’a pas respecté le protocole, en cultivant dans ce périmètre des cultures autres que celles convenues au moment de la mise à disposition des terres.
 
Saisie, la justice a rendu un premier jugement favorable à la famille Yatéra. Après l’appel introduit par la partie adverse, une commission a été mise en place en vue de trouver une solution à l’amiable.
 
De même, il y a quelques jours, une mission conduite par M. Balla Touré chargé de la communication de l’IRA (organisation anti esclavagiste) s’est  rendue dans la commune deDiaguily pour s’informer de la situation. Joint au téléphone par KASSATAYA, M. Touré confie que son rapport sera bientôt mis à la disposition de la presse. Il ajoute que « … la question de la coopérative de Kollé Mukké est un problème que l’Etat doit solutionner… Khollé Mukké par le truchement de l’aide de la SONADER est devenu une concession rurale et dans ce sens il faudrait la considérer comme une terre domaniale à la disposition de toute la communauté de Diaguily sans exclusive… »
 
Le problème foncier est rendu complexe en Mauritanie par la superposition de trois sources de droits : le droit coutumier, le droit islamique et le droit positif. Des conflits surgissent régulièrement entre d’un côté, les propriétaires terriens (généralement les fondateurs du village et les autochtones logés aux plus hautes sphères de la hiérarchie sociale) et les allochtones (qu’ils soient nobles ou non) et les catégories inférieures, de l’autre ; à savoir les artisans, les anciens esclaves...

Ces conflits ne sont toutefois pas propres à la Mauritanie. Ils ont connu de nouveaux développements avec la pression exercée sur les ressources et l’accélération de la compétition pour leur contrôle.
 
Dans un rapport intitulé Points chauds liés au foncier et aux droits sur l’eau, la FAO souligne que « La disponibilité moyenne d’une ressource peut cacher des inégalités très importantes entre les personnes. Un petit nombre de personnes ou d’entreprises peuvent parfois contrôler une grande proportion des terres agricoles, alors que la majorité des producteurs ont accès à très peu de terres. A l’échelle mondiale, nous pouvons distinguer de grands ensembles qui donnent des indications sur l’existence potentielle de points chauds liés à l’accès à la terre. Mais coexistent souvent au sein d’un même pays des situations très contrastées, avec la juxtaposition de dynamiques distinctes (voir par exemple le site des données de base sur la tenure foncière, www.landportal.info). (FAO, Paris, 2011).
 
En Mauritanie, la timidité des mesures prises par l’Etat –qu’il s’agisse de la loi du 2 août 1960 ou de la réforme foncière de 1983- n’a pas permis d’ouvrir la voie à une nécessaire redistribution des terres sur des bases plus conformes aux réalités d’aujourd’hui : « En disposant que “sont confirmés les droits fonciers coutumiers comportant une emprise évidente et permanente sur le sol”, la loi du 2 août 1960 en son article 3 aménage aux forces traditionnelles un dispositif qui leur permettra de garder la mainmise sur la gestion de l’espace. Les seules espaces encore propriétés de l’État sont les terres mortes, celles qui sont “vacantes et sans maîtres”.

Il s’agit généralement de terres lointaines et difficilement exploitables, par conséquent peu porteuses d’intérêt. Ce cadre juridique laissait courir une situation caractérisée par un système dans lequel les terres utiles et les plus convoitées étaient détenues suivant des logiques privées ou communautaires déterminées selon le lignage. » (Abdoulaye Diagana « Le développement local en Mauritanie », Hommes & Migrations 4/2010 (n° 1286-1287), p. 246-256. URL : www.cairn.info/revue-hommes-et-migrations-2010-4-page-246.htm.)
Près de trente ans après l’ordonnance sur la réforme foncière, le problème demeure.

Abdoulaye DIAGANA et  Saidou DIALLO
Pour kassataya.com
Mamoudou Kane


              


1.Posté par Diko hanoune le 30/06/2013 13:11

« La terre n’appartienne pas à l’état mais à la communauté » nous dit le chef de la communauté de Diaguily à Paris, Mr Soumaré Bakary dit Cheikhou depuis le foyer de Montreuil Rochebrune.

En écoutant Baba Baidy Maal ce matin sur Radio-Mauritanie Freedom, Ah dieu est grand wallahi, je suis tombé du nid. Le morceau de Baaba Maal un musicien de renommer international en langue peulh sous le label yeela nous dit : « Ganddé koy diimagou woodanii, woodii tan ko gollé é balléé ». Traduction : Sachez que la noblesse n’existe pas, il n’existe que les bonnes œuvres par le travail et l’entraide. Le débat sur la féodalité qui m’opposait à Bâ Bocar AJD/MR, j’avais exactement dit la même chose, cela a suscité frilosité de certains gourous féodaux cherchant à déformer mes propos en disant que : « Diko hanoune vient de dire qu’il combat quelque chose qui n’existe pas ». Quand on dit vrai et qu’on a la vérité de son côté, on peut dormir tranquille sur ces deux oreilles. Autre chose, j’apprends par l’entretien qu’à accorder le chef de la communauté de Diaguily à Paris Mr Soumaré Bakary dit Cheikhou à la radio Web Kassataya au micro du journaliste Saidou Diallo. Je suis scandalisé, apparemment l’état n’existe pas en Mauritanie, la terre appartient aux féodaux de YATERA depuis l’antiquité à nos jours. La loi agraire qui nous dit : « la terre appartienne à celui qui l’a mise en valeur » n’est que du pipo selon le chef de la communauté de Diaguilly à Paris…… Attention là ça ne rigole plus, la parole ou simple témoignage à tort ou raison d’un chef de la « communauté », ah oui il nous parle en communauté malheureusement pèse apparemment mille fois plus que celui d’un chef de l’état Mauritanien, du gouvernement mauritanien, des élus mauritaniens, l’administration Mauritanienne et les autorités locales sur place. En fait en partir de ces propos très graves qui dévoilent la dure réalité en Mauritanie, on peut résumer l’état Mauritanien depuis son indépendance ne s’est jamais imposé comme une autorité à part entière fondée sur des lois républicaines dont nul n’est au dessus de celles-ci. On nous fait comprendre que se sont les chefs de tribus maitres d’esclaves chez les maures et les chefs des communautés noires maitres d’esclaves aussi qui représentent la loi. Mon Dieu, a quand un état de droit fort en Mauritanie après plus d’un demi-siècle d’indépendance ? Nous espérons que l’équipe de Kassataya publiera l’autre partie concernées à s’expliquer pour garder toute sa crédibilité et sa neutralité dans cette affaire qui pollue la commune de Diaguilly depuis plusieurs années. Aha dey, le chef de la communauté de Diaguilly hausse le ton soudainement : « il n’y a pas que des esclaves là bas » donc il y a bien des esclaves des Soumaré, Yatera etc… à Diaguilly non ? Malgré les terribles aveux, on nous fait miroiter que la féodalité, les discriminations selon les ascendances d’esclaves n’existent point, rire……….. Certes après le « tir ami » qui toucha en plein fouet le Général Aziz, on lui reprochait de la mauvaise gestion des affaires du pays depuis son lit d’hôpital à Paris, seulement là on se rend compte qu’il y a des chefs des communautés qui gèrent des régions, des communes, des villages comme bon les semble depuis des foyers parisiens, ah mince quel pays de merde…..

Lien audio : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=1PjTv8eQQsU



Diko hanoune

2.Posté par Diarra le 22/08/2013 10:20
Bonjour.Je réagis au sujet de cet article car mentalité comme celle la qu'on arrive a s’entre déchiré . En tant que musulman on continue avec des actes que Dieu lui même n'a jamais approuvé ?Des manières ignobles et irrespectueuses . Comment voulez vous que les occidentaux peuvent nous respecter en continuantpour moi je le trouve vraiment regrettable , c'est dommage car qui dit le premier arrivé sur les lieux pour s'apoprier la terre va s'octroyer un statut de maitre et le second arrivé pour habiter là est dit esclave . C'est a cause de les manières primitives ? Quand allons nous arrêter ça? Au lieu de parler de se réunir ,vous, vous parlez de division ,voila les pensées que vous donnez aux étrangers ! Tout ça pour des histoires de terrain ce n'est pas bon . Même entre esclaves et nobles ils ne peut pas y avoir de mariage vous voyez le statut que vous avez crée . Au vue de Dieu c'est un sacrilège que l'homme soninké a crée car je pense que le jour du jugement derniers vous aurez de quoi répondre devant Allah ,car on dirait que ce qui vous est interdit c'est ce que vous aimez faire . Que Dieu protège Diaguily

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