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Devises : Une crise de liquidités qui remet en cause les réserves officielles


Economie
Lundi 31 Décembre 2012 - 12:35

La Banque centrale de Mauritanie (BCM) refuserait, depuis le 27 novembre, de satisfaire les demandes des importateurs quant aux montants autorisés (quotas) et nécessaires à la poursuite de leurs transactions à l’extérieur. Et malgré que la BCM ait accepté de libérer, le 12/12 dernier, une partie de ces montants en monnaies fortes, l’institution d’émission aurait convenu, selon une source médiatique, citant des opérateurs économiques, avec le Trésor de suspendre momentanément l’envoi des demandes pour pallier à la baisse de ses réserves.


Devises : Une crise de liquidités qui remet en cause les réserves officielles
Cette situation, si elle est prouvée, dénote d’une crise financière qui serait la première de son genre ouvertement déclarée depuis l’arrivée du président Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir. Elle met dans l’embarras total des importateurs qui ont des engagements envers leurs partenaires étrangers, rapporte le sire " Aqlam hourra " (plumes libres), l’un des médias qui a relayé cette information pas du tout rassurante pour le gouvernement en cette fin d’année 2012.

C’est d’autant plus vrai qu’au moment où la BCM rechigne à satisfaire les demandes des importateurs, elle aurait, en même temps, conseillé aux banques intermédiaires d’acheter les bons du Trésor, " injonction " à peine voilée qui aurait déjà été acceptée par la Banque de l’Habitat et la BCI.

Un observateur averti explique que le but de ces manœuvres de la BCM est de pallier un manque important en liquidité (ouguiya et devises). Les autorités monétaires procèdent de la sorte à une grande manipulation pour s’assurer que le compte Trésor sera soldé, au 31 décembre prochain, de 80 milliards d’ouguiyas, comme cela a été promis aux partenaires (notamment le FMI). Et donc, l’Etat ne peut se permettre de payer ses dettes qui dépassent les 100 milliards d’UM. La question qui reste posée est : où se trouve les réserves importantes en devises dont ont parlé avec suffisance les autorités mauritaniennes tout au long de ces derniers mois ?

Une autre histoire de faux chiffres ?

Car l’on avait pensé, tout le long de cette année 2012, que le pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz peut bien se frotter les mains. Et pour cause. A deux reprises, un haut responsable du Fonds monétaire international (FMI) était venu à Nouakchott, dans le cadre de la revue des programmes pays, lui décerner un satisfecit qui ne souffrait d’aucune discussion : bonnes réalisations sur le plan macroéconomique avec des recettes en augmentation en 2011-2012, des réserves de change à la BCM qui passent de 522 millions de dollars US à plus de 700 millions d’USD, que le PIB réel pour l’année 2012 se situerait à 6,2% " malgré une baisse importante de la production minière et le ralentissement de la demande en provenance d’Europe et, enfin, que l’inflation demeure maîtrisée à 6% grâce en partie au maintien des prix de certains produits administrés.

On se rappelle également qu’Amin Mati, vice-président du département Moyen orient-Asie centrale au Fonds, avait tenu à souligner que cette " performance macroéconomique acquise en dépit d’une conjoncture nationale et mondiale difficile, devait être davantage renforcée pour pouvoir réduire de manière significative les taux de chômage et de pauvreté.

Au cours d’un point de presse que le ministre des Finances Thiam Dimbar et le gouverneur de la BCM avaient organisé avec le missionnaire du FMI, l’argentier de la République avait, pour sa part, réaffirmé que " l’embellie économique en Mauritanie continue ", précisant que l’amélioration des recettes fiscales cette année a dépassé de 30 milliards d’UM celles de l’année précédente.

Il a aussi précisé que l’Etat a dépensé plus 64 milliards UM, soit 1/5 du budget national dans les charges domestiques (subvention des hydrocarbures, du gaz et de l’électricité).

De son côté, le gouverneur de la BCM avait fait remarquer que les réserves en devises ont atteint 900 millions de dollars, et que la croissance économique devrait atteindre 9% l’an prochain.

Performances macroéconomiques mais…

C’était à la mi-2012 et les autorités monétaires semblent avoir oublié l’essentiel, à savoir la mise en garde à peine voilée du FMI. Car à l’époque, le satisfecit du responsable du FMI sur les performances macroéconomiques de la Mauritanie, même s’il se justifiait, ne devait pas faire dormir le gouvernement du Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf sur ses lauriers.

La réalité sur le quotidien des citoyens, avec des prix qui augmentent sans cesse, un manque de visibilité dans la mise en œuvre des programmes de développement et un chômage qui touchent près de 33% des mauritaniens actifs n’emprunte pas le même chemin que les prévisions optimistes du FMI. Parlant du " rebond de la production agricole et le dynamisme du secteur des bâtiments et travaux publics (qui) devraient contribuer à une reprise vigoureuse de la croissance économique ", ce dernier est le premier à savoir que les indicateurs de macroéconomie ne sont pas ceux que recherchent des populations qui ont des soucis d’eau, d’électricité, de santé, de routes et d’éducation.

Un autre fait peut expliquer, en partie, la situation actuelle. La maladie du président, le ralentissement de l’activité économique qui s’en est suivi, mais surtout la fuite des capitaux occasionnée par la crainte d’un changement du pouvoir, ou les risques d’une instabilité politique et sociale, sont probablement pour quelque chose dans l’assèchement, réel ou supposé, du marché des devises.

MOMS
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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