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Développer des industries créatives : Le problème d’accès aux financements


Economie
Dimanche 25 Novembre 2012 - 11:10

L’industrie créative est en plein essor avec une part du marché international progressive, participant à l’ordre de 3 à 4 % à l’économie mondiale. Cependant, l’évolution des entreprises culturelles continuent à se heurter en Mauritanie, comme ailleurs en Afrique, aux problèmes d’accès aux financements. En effet, le système financier national et même international continue de considérer le secteur culturel comme un secteur improductif et à risque.


Développer des industries créatives : Le problème d’accès aux financements
Le manque de maîtrise du risque bancaire dans le domaine, le caractère informel de l’économie créative, l’absence de compétences et le taux élevé de mortalité des entreprises culturelles (au Sénégal, 65% d’entre elles meurt à la première année), constituent autant d’éléments inhibiteurs de la confiance requise au sein du marché financier. Les banques sont obligées de traiter au cas par cas, en l’absence de tout portefeuille destiné au secteur culturel.

Aussi, l’implication de l’Etat et sa réelle volonté politique constitue aujourd’hui une nécessité incontournable pour booster l’économie créative culturelle en Mauritanie. Celle-ci doit cibler les industries créatives en se basant sur une politique volontariste et l’apport d’un système financier local qui accepterait d’améliorer ses mécanismes de financement par le biais de l’ouverture de guichets spéciaux pour les opérateurs culturels porteurs de projets rentables. La Mauritanie pourra dans ce cadre s’appuyer sur l’expertise locale et internationale en sollicitant l’appui de fonds de garantie spécialisés dans le financement du secteur culturel, à l’image du Fonds Belge ST’ART et du fonds AGF. Dans un rapport qu’il avait publié sur ce sujet, le PNUD avait signalé l’importance de cette implication publique, en soutenant que "l’Etat doit être au cœur de l’émergence de toute industrie créative".

Pour cela, il faudra d’abord régler deux principaux problèmes : le risque lié aux activités culturelles, immatérielles dans la plupart des cas, puis le problème des fonds disponibles.

Le Fonds de garantie AGF fonctionne ainsi comme un intermédiaire entre les entreprises culturelles et les banques en fournissant à ces dernières le fonds de garantie requis pour les projets validé. Son accès est ouvert à tous les Etats qui veulent développer leur propre économie créative. Il y a également le Fonds de garantie de la Francophonie. Aux problèmes posés au niveau des fonds de garantie par cet apport personnel toujours réclamé par les banques aux opérateurs, des acteurs culturels croient que cet obstacle pourrait être dépassé si les fonds en question prenaient en charge les deux aspects, à savoir la garantie et la participation requise aux porteurs des projets.

L’Afrique du Sud constitue dans ce cadre un exemple de réussite dans la relation entre opérateurs culturels et institutions bancaires. Résultat, les financements publics dans le secteur de l’art et de la culture n’avaient cessé de progresser de 1994 à 2000, avant de connaître un ralentissement avec la fin de l’Apartheid et les troubles qui s’en sont suivis. Aujourd’hui, les automatismes ont repris et le marché culturel a connu ses amplitudes d’avant.

L’impact du politique dans le culturel trouvant ici sa plus claire signification, l’Afrique du Sud a développé parallèlement une recherche dynamique sur les industries culturelles créatives. La micro-entreprise constitue une autre source de financement qui pourrait aider les acteurs culturels dans le financement de leurs projets. En Afrique du Sud par exemple, l’Etat accorde 2 Milliards de rands par an au monde culturel, se plaçant comme le plus grand mécène du secteur. Pourquoi en Mauritanie, cette même volonté d’appuyer le secteur créatif culturel ne pourra pas se manifester, car il est prouvé que ce secteur est porteur d’emplois et générateur de revenus.

Autre exemple, au Nigéria, 3ème producteur de films au monde après l’Inde et les USA, l’économie du cinéma crée 200 Millions de dollars et 1 Million d’emplois par an, générant un chiffre d’affaires de 700 Millions de dollars. En Algérie, l’artisanat fournit 500.000 emplois chaque année avec un chiffre d’affaires de 200 Millions de dollars par an. Au Sénégal, il existe plus de 7.000 entreprises culturelles qui font travailler 1 million de personnes et génère 180 Milliards de Francs Cfa par an.

Cheikh Aïdara
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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