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Développement local et décentralisation : Vers la fin du centralisme d’Etat


Actu Mauritanie
Mercredi 5 Juin 2013 - 17:00

De plus en plus de promoteurs locaux, de partenaires internationaux et de personnalités indépendantes, chercheurs et intellectuels, prônent une gouvernance locale comme base de développement.


Développement local et décentralisation : Vers la fin du centralisme d’Etat
L’atelier organisé hier, lundi 3 juin 2013 à Nouakchott par la Coopération allemande entre dans cette dynamique, tout comme l’initiative nationale du Partenariat d’Afrique du Nord pour les opportunités économiques (NAPEO) présidée en Mauritanie par Aly Sy qui travaille sur le développement des projets à l’intérieur du pays comme moyen de stopper l’exode rural. Il en va de même de plusieurs réflexions émises dans ce domaine par des penseurs, à l’image de Mohamed El Mamy Ould Abdi qui vient de rédiger une longue contribution sur le « Développement local en Mauritanie ». Tout le monde semble ainsi persuader aujourd’hui qu’après 53 années de centralisme d’Etat qui n’a donné que peu de résultat en termes de développement, il est temps que la Mauritanie entame une phase de décentralisation dont l’arsenal institutionnel et les opportunités de financement sont disponibles.

Décentralisation ! Ce concept devient de jour en jour un leitmotiv lancé aussi bien par les partenaires de la Mauritanie que par les élus locaux et tous ceux qui croient que le développement du pays viendra des périphéries et non du centre. C’est dans ce cadre que la Coopération allemande (GIZ) a lancé hier à Nouakchott un atelier de trois jours au cours desquels, décideurs, membres de la société civile et partenaires au développement échangeront réflexions et expériences pour valoriser la gouvernance locale. Selon le chargé d’Affaires de l’ambassade d’Allemagne en Mauritanie, « cette rencontre est la douzième du genre en Mauritanie » rappelant que l’atelier entre non seulement dans le volet coopération bilatérale mais s’inscrit plus largement dans un cadre ouest africain plus étendu. L’objectif, dira-t-il en substance, est de créer une dynamique de développement au niveau des communes les moins développées et les plus fragiles, à travers le financement de projets de développement local, notamment en formation et renforcement de capacités.

Pour sa part, le conseiller du Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Abdi Diarra, trouve que cet atelier aura des répercussions positives sur le développement local fort de l’expertise de la coopération allemande dans ce domaine. Selon lui, le gouvernement mauritanien vise à travers cet atelier, l’impulsion d’un climat propice à la décentralisation, dans le domaine du développement urbain et local, et cela à travers des interventions ciblées portant sur des projets en parfaite adéquation avec les préoccupations des populations autochtones les moins pourvues.

Le développement local

Selon Mohamed El Mamy Ould Abdi qui a développé une réflexion sur le thème du développement local, « ce concept bien connu sur le plan mondial, vise à travers des programmes et des plans objectifs, à améliorer les conditions générales de vie des populations, par le biais de mécanismes participatifs appropriés à dimension multisectorielle ».

Selon lui, la société mauritanienne a connu des bouleversements importants depuis les années 60, où les nomades représentaient 70% de la population, alors qu’ils ne sont plus aujourd’hui que de 6% environ. Ce bouleversement selon lui a touché la structure familiale et même les modes de production et de consommation. La sècheresse a été également d’un grand apport dans le changement de la vie sociale en Mauritanie, avec l’amoindrissement de l’économie rurale et l’urbanisation galopante qui en a résulté. Les villes se développeront d’une manière exponentielle alors que l’arrière pays se dépeuplait sous l’effet d’un exode massif, créant une masse de pression non supportable au niveau des centres urbains. Il en résultera une centralisation administrative, économique et sociale dans ces grands milieux. L’Etat mauritanien posera ainsi les jalons d’une structuration politique et économique en adéquation avec ces donnes démographiques. Au même moment, se développait une exploitation des richesses naturelles en parfaite concordance avec la donne socioéconomique imposée par les circonstances, pour un pays distendue sur plus d’1 Kilomètre carré, dominé par un climat saharien sec. C’est dans ces conditions draconiennes imposées par l’urgence du moment que s’implanteront structures scolaires et sanitaires, infrastructures de base comme les banques, le secteur privé, le tout dans une synergie dont l’objectif était de permettre l’implantation de capitaux étrangers et d’accueillir les investissements internationaux.

S’en suivront les plans et programmes structurels, comme celui de 1985 destiné à stabiliser le cadre économique pour assurer une croissance durable, une maîtrise de l’inflation à moins de 5% et une politique incitative pour asseoir la crédibilité de l’Etat. Les efforts seront poursuivis dans les années 90 avec le programme de préservation des acquis économiques qui sera clos en 1999-2000 par un document cadre de politique économique qui donnera plus tard en 2001 le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP).

En plus des réformes économiques et l’appui à la décentralisation, le rôle de la société civile se faisait impérieux, en tant que force de suggestion et relais de contestation sociale, capable de s’imposer comme outil participatif à l’œuvre de développement local. Mieux, la société civile s’imposera, selon lui, au sein du processus, en tant que partenaire privilégié dans toutes les négociations.

Mohamed El Mamy trouve d’ailleurs que la naissance de la société civile en Mauritanie a été l’élément le plus important des changements politiques survenus avec la démocratisation dans les années 90. Le pays a connu à ce propos, dira-t-il en substance, un boom qualitatif et quantitatif conséquent à ce niveau, la société civile devenant un pilier incontournable du développement dans le pays, celle avec qui les partenaires peuvent désormais travailler avec plus d’efficacité. Le secteur privé viendra s’ajouter par son dynamisme et sa créativité à l’effort engagé, participant à la formation des citoyens, à leur prise de conscience, au développement des ressources humaines, au bien-être et à la vie décente des citoyens.

En conclusion, Mohamed El Mamy estime que le CSLP constitue le meilleur cadre de concertation entre les partenaires au développement de la Mauritanie, les élus locaux, les acteurs de la société civile et les décideurs, ajoutant qu’il a permis d’assurer pour le pays une croissance soutenue. Il a également contribué à la diminution de la pauvreté, qui a reculé de 6,2% en 2012, suscitant la satisfaction des partenaires, notamment le FMI et la Banque mondiale. La question reste toutefois posée si la Mauritanie atteindra les OMD en 2015, sans une politique réfléchie de décentralisation.

« Développer l’arrière pays »

Dans un entretien accordé à noorinfo.com, Aly Sy, président de NAPEO-Mauritanie a souligné que cette initiative, née suite au discours d’Obama en 2009 au Caire et dont l’idée de base était de doter chaque pays musulman de conseils locaux, s’occupe exclusivement des échanges commerciaux, surtout locaux, pour dégager des ressources nécessaires pour lutter contre le chômage et la pauvreté des jeunes. Au niveau de la Mauritanie, la structure serait composée d’entrepreneurs, d’acteurs de la société civile, d’universitaires. Leur rôle est de repérer des projets, les soumettre au Partners for a New Begining (PNB), une structure coiffée par le Département d’Etat américain.

En retour, si les projets sont pertinents, les financements sont versés. NAPEO Mauritanie existerait ainsi depuis 2002, avec à son actif certaines réalisations, comme un projet agricole au Guidimagha, pour fixer les candidats à l’exode rural, mais aussi à Tékane dans la transformation de tomates en pots concentrés vendus sur le marché national. Ce projet bénéficierait ainsi à quelques 5.000 adhérents. Regrettant 50 ans de gâchis en Mauritanie pour booster le développement agricole, Aly Sy souligne que la Banque Mondiale prévoit d’investir entre 300 et 500 Millions de dollars dans les zones agricoles de la région.

Source:Kassataya
Noorinfo


              

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